L’Institut Français lance CultureLab au Cavilam

Apprendre le français en France à Vichy
Canal Académie vous propose une émission enregistrée dans une belle ville thermale de France dont les eaux bienfaisantes sont connues depuis l’Antiquité : Vichy où siège le CAVILAM, Centre d’approches vivantes des langues et des médias. Chaque année, un millier d’étudiants et de professeurs viennent y apprendre le français. Michel Boiron, directeur du CAVILAM explique ici les initiatives de l’Institut français, chargé du rayonnement de la culture française à l’étranger, et son nouveau programme "CultureLab".


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Émission proposée par : Virginia Crespeau
Référence : sav620
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Adresse de cet article : https://www.canalacademie.com/ida9550-L-Institut-Francais-lance-CultureLab-au-Cavilam.html
Date de mise en ligne : 7 octobre 2012

Vichy est connue aujourd’hui pour son industrie cosmétique, son opéra et ses infrastructures sportives de premier ordre (hippodrome, golf, tennis, aviron… en tout 140 hectares dédiés aux sports).

Mais vous allez découvrir grâce à Canal Académie que l’on peut aussi apprendre le français à Vichy tout en visitant cette belle ville et sa région.

La belle ville thermale de Vichy
La belle ville thermale de Vichy

Michel Boiron, directeur du CAVILAM évoque la nouvelle mission : Culturelab qui vient d’être confiée, en cette année 2012, à son association par l’institut français. L’Institut Français est en effet, en charge de la promotion de la langue et de la culture françaises ; parmi ses nouveaux programmes promotionnels, vient donc d’être mis en place : Culture Lab auquel le CAVILAM s’est associé.

Michel Boiron, Directeur du CAVILAM
Michel Boiron, Directeur du CAVILAM

"L’idée de départ est simple et se trouve être au cœur du savoir-faire de notre association ; il s’agit en effet de réunir des jeunes étudiants de toutes nationalités, en formation linguistique et professionnelle, et de leur proposer d’organiser et de finaliser en langue française, un débat d’idées autour de deux thématiques : la première étant "La démocratie et les droits de l’homme" ; cette thématique étant une invitation à la réflexion autour du sens de ces mots et à leurs réalités à la fois en France mais aussi dans les pays natifs de ces étudiants stagiaires venus des quatre coins du monde. Le deuxième thème proposé était "les enjeux de la France aujourd’hui", enjeux nationaux et internationaux. Dans ces deux programmes, une quarantaine de jeunes réunissant près de dix-sept nationalités se sont retrouvés et ont pu ainsi évoquer la France à travers ces deux thématiques et dans le même temps, échanger entre eux, et dans leurs différentes cultures. Canal Académie a suivi de très près cet échange francophone étudiant puisque ses équipes de tournage se sont rendues à Vichy dans les classes du CAVILAM.

Grâce à Culturelab, le travail s’organisait non plus à partir des niveaux linguistiques mais d’une thématique, donc la démocratie des droits de l’homme et les enjeux de la France, ceci faisant tout à fait partie de ce qu’on appelle la mission éducative du CAVILAM Alliance Française, qui est toute centrée sur la rencontre avec la langue française mais aussi sur la rencontre entre jeunes générations.

Lorsque les jeunes viennent à Vichy au CAVILAM, une double expérience

Les étudiants du CAVILAM à Vichy
Les étudiants du CAVILAM à Vichy

fondamentale leur est proposée : l’immersion dans la langue française puisque en dehors des cours, ils sont logés en famille d’accueil ce qui est très important car ils vivent ainsi la vie quotidienne des français, mais dans le même temps, ils rencontrent des jeunes qui viennent du monde entier et qui comme eux, apprennent le français, donc à la fois, il y a cette vision de la France, cette découverte du milieu francophone et en même temps la découverte des autres. En résumé, apprendre le français, sert non seulement à découvrir la France mais à découvrir le monde. Le résultat de ce programme Cuturelab, hormis les amitiés durables qui s’y sont nouées, en plus de l’acquisition la langue et des éléments culturels français, les jeunes-gens qui ont travaillé sur ce programme, ont appris, comme les auditeurs de Canal Académie vont pouvoir en juger, à créer ensemble une émission de radio et un livre électronique ; il s’agit-là de résultats concrets faisant appel à l’écrit comme à l’oral. Culture Lab, grâce à l’institut français et à Canal Académie, a pu faire en sorte que ces jeunes venus du monde entier, puissent échanger, grâce au beau véhicule qu’est la langue française sur des thèmes de société qui intéressent leur génération, la génération Y. »

Nous vous invitons à découvrir sur Canal Académie, les enregistrements radiophoniques et ici, la transcription par écrit du travail effectué par 16 étudiantes francophones sur le thème "les enjeux de la France en 2012" à partir de différents textes économiques, philosophiques, parmi lesquels celui de Michel Serres de l’Académie Française "Petite Poucette" dont certains extraits vous seront également proposés.

L’animatrice-étudiante de ces débats francophones CultureLab 2012, s’appelle Salomé ; elle est originaire du Ghana ; elle nous présente le 1er groupe de réflexion.

Salomé, étudiante originaire du Ghana, anime cet échange francophone du programme Culturelab lancé par l'Institut Français
Salomé, étudiante originaire du Ghana, anime cet échange francophone du programme Culturelab lancé par l’Institut Français

Salomé vous présente les étudiantes qui ont participé à cette réflexion :

Salomé : J’accueille en premier, Yagmur
-  Bonjour Salomé. Je suis Yagmur et je viens de Turquie, j’ai 23 ans, je suis diplômée dans le département de la langue et de la littérature française. Ma rencontre avec la langue française a commencé avec les auteurs et les chanteurs français. Le premier livre que j’ai lu c’était les rêveries du promeneur solitaire de Jean-Jacques Rousseau mais je l’ai lu en Turc. Et je me suis dit, je dois apprendre la langue française pour pouvoir lire des auteurs français et comprendre le sens des chansons françaises. Car d’après moi, le français est une langue très mélancolique et mélodique. C’est la première fois que je viens en France, le programme de Culture Lab m’a donnée l’occasion de progresser d’apprendre la culture, et les enjeux de France, je suis très contente d’être ici.

Salomé : Avec toi, il y a Veronika
-  Bonjour, je suis Veronika et je viens des Etats-Unis, J’ai rencontré la langue française quand j’ai commencé à danser. Quand j’avais quatorze ans, j’ai étudié le français à l’école. Je suis tombée amoureuse des grands artistes, écrivains chanteurs et philosophes français comme Renoir, Edith-Piaf, Jules Vernes. En même temps, je trouve cela très important d’apprendre plusieurs langues si possible. Donc je parle polonais avec ma famille comme langue maternelle, je parle anglais avec mes amis et j’étudie le français. Apprendre une langue comme le français, c’est une occasion d’apprendre la culture avec une connaissance de la langue et de la culture françaises. Je vais avoir la chance de visiter le Sénégal, de regarder des grandes peintures au Louvre ou d’étudier dans des grandes universités françaises, la Sorbonne par exemple Comme étant étudiante d’économie, de littérature, de français et d’anglais, j’espère devenir éditeur ou professeur dans une université. Dans ma vie professionnelle j’espère que j’aurai l’occasion de voyager beaucoup, peut-être comme traductrice, écrivain ou diplomate. Donc la langue française sera très utile pour voyager et travailler dans le monde francophone.

Salomé : Tu es accompagnée de Hilal
-  Bonjour Salomé. Je viens également de Turquie, j’ai 22 ans. Je suis étudiante en traduction française. Donc je voudrais être interprète de la langue française dans l’avenir. J’aime apprendre les langues étrangères. J’ai commencée à apprendre la langue française au lycée. Le français est une langue très belle et très rythmique. Et pour compléter ce groupe, nous avons avec nous, Judith
-  Bonjour Salomé. Je suis Judith et je suis argentine, j’ai découvert la langue française dans mon enfance car mes arrières grands parents sont de nationalité française. Ils sont allés en Argentine en quête d’un meilleur avenir. Je suis donc tombée amoureuse du français car ma mère me parlait beaucoup de l’histoire de la langue et de la culture parmi tant d’autres. Aujourd’hui, j’étudie la langue française pour devenir prof de philo française et langues étrangères en Argentine.

La voix et les textes de Michel Serres de l’Académie Française vont rythmer ces échanges francophones CultureLab :

Michel Serres de l'Académie Française
Michel Serres de l’Académie Française

Michel Serres : "Ils ne parlent plus la même langue. Depuis Richelieu l’Académie française publie à peu près tous les vingt ans pour référence, le dictionnaire de notre langue. Au siècle précédent, la différence entre deux publications s’établissait autour de 4 ou 5000 mots à peu près constants dans les siècles. Entre la précédente publication et la prochaine la différence sera exactement de 27000 mots. A ce rythme on peut deviner assez vite que nos successeurs pourraient se trouver demain aussi séparés de notre langue que nous le sommes aujourd’hui de l’ancien français pratiqué par Chrétien de Troie ou par Joinville. Ce contraste donne une indication quasi photographique des changements que je suis en train de décrire devant vous. Cette immense différence qui touche toutes les langues qui est en partie entre les métiers des années récentes et ceux d’aujourd’hui. Petite Poucette et son amie ne feront plus les mêmes travaux. La langue a changé les labeurs ont mutés."

Salomé : « Véronika, quelle est la place de la francophonie dans ce monde moderne et hyper technologique ? » Véronika : « Pour moi, la francophonie signifie la solidarité entre les peuples autour d’une langue qui représente la diversité de ses peuples. Je pense que même si notre monde moderne change très rapidement, la langue occupe une place d’importance. Bien sûr, aujourd’hui, l’anglais devient une langue mondiale et cela semble poser un problème au français mais, mais selon moi, le français est plus qu’une langue. La francophonie préserve les traditions, l’histoire et la culture des pays francophones. Comme le dit le poète Aimée Césaire, le français est capable d’évoluer et de s’adapter à l’époque. Donc la francophonie existe encore parce que les gens partout dans le monde reconnaissent l’importance de maintenir sa langue et sa culture et de s’adapter en même temps à une société qui change. »

4000 étudiants francophones en stage au CAVILAM
4000 étudiants francophones en stage au CAVILAM

Salomé : « Selon toi Hilal, quelle est la signification du mot « francophonie » ? Hilal : « La francophonie fait référence au fait de parler le français et aussi aux différents lieux ou pays où on le parle. C’est aussi le partage de certaines valeurs. »

Salomé : « Quelles valeurs peux-tu évoquer, Yagmur ? » Yagmur : « C’est être différent et ensemble. C’est la nécessité pour les francophones de se reconnaître les uns les autres. C’est accepter les différentes cultures et de s’enrichir de cette diversité. »

Salomé : « Peux-tu faire une différence entre une francophonie avec un « f » minuscule et un « F » majuscule ? » Yagmur : « Le mot de francophonie a été inventé par Onésime Reclus en 1895. La francophonie avec un « f » minuscule correspond aux gens qui parlent français et aux lieux où l’on parle français. Et la francophonie avec un « F » majuscule signifie l’organisation internationale de la francophonie qui est une institution fondée sur le partage d’une langue et de pensées communes. Le plus important est de partager cette langue et ces idées au quotidien en acceptant la diversité des différentes formes de français. »

Salomé : « Pour toi Judith, quel est le but poursuivi par la Francophonie ? » Judith : « Le but de la Francophonie avec un « F » majuscule ou OIF est de créer un espace de solidarité dans l’humanisme, la démocratie et le respect de la diversité des cultures. La solidarité pour soutenir les pays francophones les plus défavorisés, une écoute attentive des besoins des populations des pays moins développés, en offrant l’expertise de spécialistes. Elle promeut la diversité culturelle, linguistique à travers différents événements. L’OIF accorde une attention privilégiée aux jeunes et à l’accès aux nouvelles technologies. »

Les étudiants du programme Culturelab
Les étudiants du programme Culturelab

Salomé : « Voici notre deuxième groupe de réflexion avec Alejandra » Alejandra : « Bonjour Salomé. Je suis Alejandra, je viens du Mexique et j’ai 25ans. Je suis étudiante à l’anthropologie sociale à l’école nationale d’anthropologie et d’histoire à Mexico. Pour moi la langue française représente un moyen qui me permet de me rapprocher des autres C’est-à-dire de leur pensées et de leur façon de se connaitre eux-mêmes Pour moi le français est un outil et c’est moi qui lui donne vie lorsque je rencontre d’autres francophones ou quand je lis un livre ou je regarde un film. Ce qui m’a incité à apprendre la langue française a été un voyage merveilleux que j’ai fait à Montréal il y a 5ans. C’était une expérience qui a bouleversé ma vie car j’ai tellement aimé la ville qui j’ai pris la décision un jour de partir au Québec comme résidente permanente. Pour finir je dirai que la langue française fait déjà partie de ma vie et quelle a une présence essentielle pour mon projet de vie et mon avenir personnel.

Salomé : « Avec elle nous avons Andjela » Andjela : « Bonjour Salomé. Je m’appelle Andjela, je suis serbe En travaillant sur le livre multimédia on a eu comme devoir ici au CAVILAM de faire une comparaison entre la langue française et quelque chose d’autre. Et voilà la phrase que j’ai inventée : « La langue française est comme une femme fatale elle nous pose des problèmes mais on l’aime quand même « C’est exactement ce que je pense d’elle, parfois elle est compliquée et difficile néanmoins il existe un grand amour qui m’encourage à la découvrir la connaitre le mieux possible. C’est grâce à sa sonorité et à sa douceur que je l’ai choisie. Maintenant je peux admettre que j’attends avec impatience le mois d’octobre quand je commencerai à faire mes études de langue française à la faculté de lettres. Concernant l’avenir j’espère devenir traductrice un jour.

Salomé : « Tutku est également avec nous » Tutku : « Bonjour Salomé, je m’appelle Tutku et je viens de Turquie. En fait ma rencontre avec la langue française a eu lieu quand j’ai décidé d’aller dans une université francophone a Istanbul pour étudier les sciences politiques. C’était plutôt la qualité académique de l’université qui m’a donné la motivation d’apprendre la langue française. Je peux dire que mes objectifs étaient plutôt professionnels. Mais aujourd’hui ce que m’a apporté d’être francophone est vaste. Je connais une nouvelle culture avec des grands hommes comme Victor Hugo, Rousseau, Voltaire et aussi des grandes femmes comme Simone de Beauvoir, Camille Claudel. Ça m’a donné aussi l’occasion de voyager de faire de nouvelles rencontres ce qui est le cas ici par exemple au CAVILAM. Culture Lab ; Et j’espère qu’être francophone va me donner l’occasion de suivre mes études supérieures en France ou les conditions de faire une recherche scientifique sont meilleures qu’en Turquie. Salomé : « Et pour finir nous avons Toon » Toon : « Bonjour Salomé, je m’appelle Toon et je suis thaïlandaise. Ma famille est une famille de bilingues, mon père et ma mère parlent thaï et anglais, mon frère parle généralement les deux et aussi le japonais. Mais aucun de nous trois est déjà allé sur les lieux originaires de ces langues, sauf la langue thaïe. Alors j’ai décidé de venir en France pour apprendre le français avec les vrais français. Dans l’avenir je veux étudier à la faculté des sciences humaines avec pour langue principale le français et aussi les sciences politiques.

Etudiantes du programme Culturelab
Etudiantes du programme Culturelab

Ce deuxième échange d’idées va porter sur la jeunesse actuelle, la génération Y, celle de petit Poucet, petite Poucette comme les appelle Michel Serres car pour utiliser la console vidéo ou pour envoyer un texto, vous le savez, les nouvelles générations sont expertes dans l’art d’utiliser leurs deux pouces.

Michel Serres : "Ils sont désormais formatés par les médias, diffusés par des adultes, qui ont méticuleusement détruits leurs facultés d’attention, en réduisant la durée des images à sept secondes, et le temps des réponses aux questions à quinze secondes du chiffre officiel, dont le mot le plus répété est mort, et l’image la plus représentée, celle des cadavres. Dès l’âge de douze ans, ces adultes les forçaient d’avoir plus de vingt mille meurtres. Ils sont formatés par la publicité. Comment peut-on leur apprendre le mot relais, qui en français s’écrit « ais »alors que dans toutes les gares il est écrit « ay » ? Comment peut-on leur apprendre le système métrique quand le plus bêtement du monde, la SNCF fourgue des « smiles » ? Les enfants dont je parle habitent donc le virtuel. Les sciences cognitives montrent que l’usage de la toile, lecture ou écriture au pouce des messages, consultation de Wikipédia ou de Facebook n’excitent pas les mêmes neurones ni les mêmes zones corticales que l’usage du livre de l’ardoise ou du cahier. Ils peuvent manipuler plusieurs informations à la fois, ils ne connaissent ni l’intègre, ni le synthétisme comme nous leurs ascendants Ils n’ont plus la même tête Par téléphone cellulaire, ils accèdent à toutes personnes, par le GPS, en tous lieux, par la toile, à tout le savoir. Ils habitent donc un espace topologique de voisinage, alors que nous habitions un espace métrique référé par des distances. Ils n’habitent plus le même espace. Sans que nous nous en apercevions, un nouvel humain est né , pendant un espace bref, c’est-à-dire celui qui nous sépare des années 70. Il ou elle n’a plus le même corps, la même espérance de vie, ne communique plus de la même façon, ne perçoit plus le même monde, ne vit plus dans la même nature, n’habite plus le même espace. Né sous péridurale et de naissance programmée ne redoute plus sous point palliatif la même mort. N’ayant plus la même tête que celle de ses parents, il connait autrement. Il ou elle écrit autrement, pour l’observer avec admiration, envoyer plus rapidement que je ne saurai jamais le faire de mes doigts goures des SMS de ses deux pouces. Je les ai baptisés avec la plus grande tendresse que puisse exprimer un grand père « Petite Poucette et Petit poucet » Voilà leurs noms, plus joli que le vieux mot pseudo savant de « dactilo »

Salomé : « Tutku, on parle aujourd’hui de la génération Y. que comprends-tu par cette appellation de la jeunesse actuelle et qu’entraine-t-elle dans la société française ? » Tutku : « La génération Y qui vient après la génération X est tout d’abord la génération du multimédia. On est passé de l’âge informatique à l’âge du multimédia où toute les connaissances, toutes les informations sont accessibles sur nos téléphones portables avec l’avènement des Smartphones. Mais on peut aussi se poser la question : comment arriver à servir de cette connaissance infinie ? On ne le sait toujours pas. Dans le passé, les sociologues qui étudiaient les jeunes avaient tendances à parler de « jeunesses » au pluriel qui étaient socialement différent les uns des autres alors qu’aujourd’hui, avec les nouvelles technologies, il s’agit plus de rapprochements entre ces différents groupes. En effet, ils ne trouvent pas leur place dans la société. Leur confort matériel va de pair avec un inconfort moral, leur confiance en l’avenir leur confiance dans les adultes et leur sentiment d’appartenance diminuent. En bref, on peut dire qu’il s’agit d’un pessimisme chez la nouvelle génération. »

Etudiantes du programme Culturelab lancé par l’Institut Français
Etudiantes du programme Culturelab lancé par l’Institut Français

Salomé : « Quelles sont les changements les plus importants dans la jeunesse française selon toi, Toon ? » Toon : « Selon moi, les grands changements mondiaux apportent des problèmes à la jeunesse partout dans le monde et plus particulièrement à la jeunesse française. Comme nous le savons déjà, le taux de natalité a diminué car les parents français travaillent beaucoup et ont très peu de temps pour eux même. Et même s’ils ont le temps d’avoir des enfants, ils les ont très tard, créant ainsi un fossé entre eux et leurs enfants. En effet, l’éducation, les connaissances que les parents ont reçu diffèrent de celles que recevront leur enfants, dans un monde qui évolue très vite, c’est ce que Michel Serres souligne notamment dans son texte. Bien sûr, les jeunes apprennent de nombreuses choses à l’école mais parce qu’ils n’ont pas eu l’occasion de l’expérimenter, ils n’arrivent pas à le comprendre. Je crois que c’est cela le plus grand changement dans la jeunesse française. »

Salomé : « Alejandra, quel est le défi le plus important auquel l’éducation française doit faire face par rapport à la jeunesse ? » Alejandra : « A mon avis, le défi le plus important est l’énorme distance qu’il y a entre les professeurs et les étudiants puisqu’ils ne se sentent pas du tout identifiés aux professeurs. Il faut prendre en compte que toute interaction humaine est une relation de pouvoir comme le dit Michel Foucault. Mais si dans le cadre de l’enseignement dans les écoles la priorité est vraiment de partager des connaissances il est indispensables de réduire le maximum possible cette distance pour que les étudiants aient les conditions nécessaires pour bien s’exprimer, avec la liberté de donner leurs opinions en sachant qu’elles seront entendues et prises en compte. Il faudrait que les professeurs se rapprochent des étudiants avec un esprit ouvert pour rendre leur rapport plus dynamique.

Salomé : « Selon toi Andjela, quelles peuvent être les solutions pour résoudre tous ces problèmes ? » Alejandra : « Il faut absolument changer le système d’éducation, Michel Serres le dit et le réclame avec force mais aussi avec beaucoup d’humour et de tendresse dans son texte. Ce système éducatif doit devenir plus ouvert et plus libre. Il est nécessaire que les étudiants aient plus d’autonomie et une opportunité de s’exprimer sans être limité. Aussi, il faudrait leur enseigner comment utiliser toutes les informations dont ils font l’acquisition. Le problème de l’individualisation peut se résoudre par un nouveau concept, celui de « citoyen ». Cela permettra à l’individu de rester libre, mais pas égoïste. Chaque jeune personne doit être consciente de sa responsabilité envers la société à laquelle il appartient. »

Bhushan Thapliyal, chef de projets multimédias
Bhushan Thapliyal, chef de projets multimédias

La suite de cet échange francophone intéressant et sympathique du programme Culturelab, sur toutes ces questions actuelles, vous attend sur Canal Académie dans un second volet enregistré comme le premier à Vichy dans les classes du Cavilam. Nous vous y attendons. Canal Académie adresse ses remerciements aux responsables et formateurs du CAVILAM :
-  Michel Boiron, directeur
-  Bhushan Thapliyal, chef de projets multimédias
-  Jean-René Bourrel, Christophe Rouge, Hubert Villard : formateurs
-  Thierry Hervier : Technique CAVILAM




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