Selon l’architecte expert Charaf Eddine Fqih Berrada : "L’urbanisme doit remettre l’homme au centre de la ville."

Entretien après sa conférence organisée par le GID, Groupe Interacadémique pour le Développement à l’Institut de France
Aujourd’hui, la moitié de la population mondiale vit en ville et cette vague d’urbanisation augmentera dans les années à venir selon l’ONU. Partant de ce constat, Charaf Eddine Fqih Berrada, architecte-expert, milite pour une dimension urbanisme prenne le pas sur l’urbanisation. Au micro de Canal Académie, il revient sur les idées qu’il avait exposées lors de la 5ème Conférence du Groupe Interacadémique pour le Développement (GID) organisée à l’Institut de France, le 20 mars 2012.


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Date de mise en ligne : 2 mai 2012

Dans un contexte mondial où la croissance urbaine ne cesse de s’accélérer, Charaf Eddine Fqih Berrada prône un retour à l’urbanisme durable, qui pour lui a progressivement été éclipsé par une urbanisation à outrance, appelant à la spéculation foncière, à des problèmes de logement, de circulation...« Il est temps de porter aux villes l’intérêt qu’elles méritent pour qu’elles deviennent des leviers extraordinaires dans un mode de développement durable et non plus de croissance. » Ainsi, l’homme doit retrouver sa place au centre de la ville et c’est une des missions de l’urbanisme. Mixité sociale, bien-être et respect des villes traditionnelles sont autant de valeurs qui doivent aiguiller l’urbanisme de demain, mais attention, « urbaniser la terre entière serait un cauchemar », tempère-t-il.

La ville- éducatrice

Charaf Eddine Fqih Berrada rappelle qu’à l’origine la ville n’est qu’un simple point d’eau autour duquel on se regroupait. Rappelant les vertus civilisatrices de la ville, l’architecte explique que « les villes étaient au centre d’une idée de partage, de solidarité, d’urbanité. » Aujourd’hui encore, la ville doit continuer à porter ces valeurs en y intégrant celles de la connaissance, du savoir et de la recherche. D’où la place centrale que doivent occuper les universités. L’architecte s’étonne : « Les universités tournent le dos à la ville et vice versa ! Pourquoi ne pas ouvrir les universités à tout le monde ? ». L’université doit donc s’imbriquer plus dans la ville, mettre à disposition le potentiel intellectuel qu’elle compte (enseignants, élèves...) afin de participer aux problématiques de la ville. Pour M. Berrada, on devrait pouvoir se rendre à l’université comme on se rend au musée, au théâtre...

La ville-santé

L’origine de l’urbanisme est fondée sur une démarche hygiéniste, les villes ont été arrangées et ordonnées autour de problématiques comme la collecte des déchets, la propagation des maladies... La ville se doit donc de pérenniser ces objectifs qui firent son origine en garantissant au citadin un vivre-ensemble dans le bien-être. A ce titre, M. Berrada cite un rapport de l’Organisation mondiale de la santé qui démontre qu’avec l’installation de “parcours santé” dans certaines villes qui permettent de favoriser la marche à pied dans un cadre naturel, les maladies cardio-vasculaires ont baissé de 30 %.

Charaf Eddine Fqih Berrada , architecte expert
Charaf Eddine Fqih Berrada , architecte expert
© Clement Moutiez

Dans cet entretien, le vice-président de COBATY international (Fédération de la construction, de l’urbanisme et de l’environnement) évoque également l’importance de « la lecture de la ville » et du juste équilibre qu’il faut trouver entre le bâti et le non-bâti :« Les vides ce sont les espaces communs que l’on partage : le square, la place, les espaces verts, les trottoirs, les cours. Grâce à ces vides, la ville peut respirer. » L’équilibre parfait pour lui serait un couvert végétal signifiant de 10 mètres carrés par habitant.

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