"Moi, Sarah Bernhardt" au musée Maxim’s à Paris, le joyaux de Pierre Cardin

Avec Pierre-André Hélène, directeur de la Collection 1900
Le musée Maxim’s, spécialisé dans l’Art Nouveau, au dessus du restaurant éponyme, présente une exceptionnelle exposition autour de la mythique Sarah Bernhardt. Venez découvrir, la scène et les coulisses de la vie de la grande tragédienne pour laquelle Jean Cocteau avait inventé l’expression de monstre sacré, dans l’univers feutré d’un appartement parisien de la rue Royale qui abrite en permanence la collection Art Nouveau de Pierre Cardin. Les bijoux, le miroir, des lettres et d’autres surprises, ayant appartenu à la célèbre comédienne disparue en 1923, sont présentés en ce lieu qu’elle a fréquenté : rencontre avec la force et l’audace.


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Émission proposée par : Marianne Durand-Lacaze
Référence : CARR868
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Date de mise en ligne : 12 février 2012
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Le musée Maxim’s est un vrai musée qui présente près de 1000 meubles et objets, d’époque Art Nouveau dans un certain anonymat du public parce qu’il n’est pas facile de médiatiser un lieu qui se trouve au dessus d’un monument, selon les mots du directeur de la collection 1900, Pierre-André Hélène.

Pierre-André Hélène, directeur de la collection 1900 de Pierre Cardin, musée Maxim's, 2012
Pierre-André Hélène, directeur de la collection 1900 de Pierre Cardin, musée Maxim’s, 2012
© MDL/Canal Académie

Maxim’s est à travers le monde, une des adresses les plus célèbres. Plus qu’un restaurant, c’est un monde. C’est d’abord un immeuble sur 5 étages, ce que très peu de parisiens savent. Le restaurant occupe le rez-de-chaussée. Le premier étage est occupé par le théâtre et le salon impérial. Le second étage est une splendide suite de salons de style XVIIIe siècle. Il s’agissait à l’origine des salons de l’hôtel particulier. Dans les années 1900, ces salons correspondaient aux cabinets particuliers du restaurant. On pouvait demander à être servis dans un salon et non au rez-de-chaussée. Le troisième et le quatrième étage sont occupés par le musée Art Nouveau. _
On sait peu que Pierre Cardin voue à l’art 1900, une véritable passion. Le musée présente en fait la collection d’une vie entière, soit près de 65 années. C’est étonnant par rapport à ses propres créations qui sont quelque peu « cosmonautesques ». On a peine à imaginer qu’il se passionne pour l’art 1900 et pourtant c’est le cas. Il a collectionné tout ce qu’il y avait de mieux pour ces objets entre 1890 et 1905.

Exposition "Moi, Sarah Bernhardt", musée Maxim's, 2012
Exposition "Moi, Sarah Bernhardt", musée Maxim’s, 2012
© MDL/Canal Académie

L’art nouveau est une période très courte qui a duré entre 15 et 20 ans. Pierre Cardin le dit lui-même, cet art nouveau était fabuleusement créatif. C’est ce qui l’a beaucoup séduit. Lorsqu’il a acquis Maxim’s en 1981, à la demande des anciens propriétaires, l’idée était de sauvegarder un symbole de l’art nouveau.

Il y a huit ans lorsque Pierre Cardin a demandé à Pierre-André Hélène de réaliser un musée avec toutes ses collections d’Art Nouveau, l’idée bien sûr de la mettre chez Maxim’s, s’est imposée. Sur 350 à 400 mètres carrés, le musée restitue l’appartement d’une élégante cliente au début du siècle. Les visiteurs se promènent de pièce en pièce. Il n’y a ni cordon ni vitrine pour que les gens soient comme chez eux : Vous êtes chez la jolie parisienne.

Sarah Bernhardt (1844-1923), portrait par Napoleon Sarony
Sarah Bernhardt (1844-1923), portrait par Napoleon Sarony

Sarah Bernard, égérie de l’Art Nouveau, est le symbole par excellence de la vie parisienne de la Belle Epoque. Excellente cliente de Maxim’s avant 1914, elle incarne une célébrité légendaire pour avoir été connue de la Russie à l’Amérique du sud, du nord des Etats-Unis au sud de l’Italie. Elle a vu construire, pour elle, un insensé théâtre de 1800 places dans la forêt amazonienne, tout cela sans aucun média, précise Pierre-André Hélène.
Les gens se battaient pour aller voir Sarah Bernhardt, sachant qu’elle ne jouait qu’en français. Décédée en 1923, elle déchaîne toujours les passions. D’où l’idée de réaliser cette exposition, au milieu des collections de Pierre Cardin en recréant l’atmosphère, qu’on pouvait retrouver chez elle.

Pour l’ exposition Moi, Sarah Bernhardt, ouverte jusqu’au 15 mars 2012 , présente des objets qui ne seront plus jamais réunis. Quinze prêteurs différents, musées, bibliothèques, fondations, marchands, collectionneurs privés, ont prêté des sculptures, des bijoux de théâtre et des objets qui lui appartenaient.

Le miroir de Sarah Bernhardt, , exposition "Moi, Sarah Bernhardt", musée Maxim's, 2012
Le miroir de Sarah Bernhardt, , exposition "Moi, Sarah Bernhardt", musée Maxim’s, 2012
© MDL/Canal Académie

Parmi ces objets exceptionnels, est exposé son miroir, un objet presque indescriptible. Une immense miroir rond, une sorte de soleil noir, entouré de têtes de mort et de serpents, un clin d’œil à son immense piton de 5 mètres de long. L’actrice avait aussi un alligator du nom d’Aligaga. Et même deux guépards, des caméléons, des tortues…

la base du miroir de Sarah Bernhardt, exposition "Moi, Sarah Bernhardt", musée Maxim's, 2012
la base du miroir de Sarah Bernhardt, exposition "Moi, Sarah Bernhardt", musée Maxim’s, 2012
© MDL/Canal Académie

Ayant le sens du récit, Pierre-André Hélène raconte dans cette émission dans quelles conditions Alexandre Dumas fils, vint chez elle, rue de Rome, le jour de la déclaration de la guerre de 1870, pour lui donner le texte d’une pièce afin qu’elle la joue : l’écrivain eut quelques frayeurs entre le guépard de la maison qui répondait au doux nom de Justinien, la tortue et le singe Darwin. [...] Au bout de quelques minutes Sarah Bernhardt arrive et hurle « Justinien au pied ! » Le guépard revient avec le chapeau. Darwin !!! Et là le singe ramène le manuscrit un peu abîmé. Alexandre lui dit « Madame c’est pour vous » et il se sauve en courant dans la rue. Il entend alors, les livreurs de journaux annoncer la guerre avec la Prusse. Il a un regret, remonte chez Sarah Bernhardt et lui dit : « Madame quand les choses iront mieux, vous jouerez cette pièce. » C’était la dame aux camélias. Voilà comment elle eut le manuscrit de « La dame aux camélias ». qu’elle interpréta avec succès.

Exposition "Moi, Sarah Bernhardt", musée Maxim's, 2012
Exposition "Moi, Sarah Bernhardt", musée Maxim’s, 2012
© MDL/Canal Académie

Pour tout savoir de la tombe du fox terrier de Sarah Bernhadt, ou encore des bijoux de scène de l’actrice, à l’époque de véritables pièces de joaillerie, ou d’une pièce en bronze de Mucha ou encore du "requin", un bronze signée de la comédienne, écoutez Pierre-André Hélène évoquer les multiples talents de cette femme hors du commun, directrice de sa compagnie et véritable femme d’affaires, une position rare à l’époque.

Les objets sont là comme chez vous posés sur une table, sans cordon. Vous passez et nous nous vous racontons la vie des objets. Les visites sont guidées. Nous voulons que pendant une heure nos hôtes soient totalement déconnectés de leur ennui, de leur quotidien, de leurs difficultés et que pendant une heure, ils vivent une sorte de conte de fées, ailleurs.

Bronze de Sarah Bernhardt, "Le requin"
Bronze de Sarah Bernhardt, "Le requin"
© MDL/Canal Académie

Parmi les 150 objets qui représentent Sarah Bernhardt et qui lui appartenaient, Pierre-Hélène évoque pour finir, une lettre qu’elle a envoyée à Gustave Doré, une de ses nombreuses liaisons. Elle termine sa lettre en lui disant : « mon ami je vous envoie toute mon affection qui est à la hauteur de votre génie ». Tous les hommes attendent de recevoir des lettres comme celle-là, nous dit-il.

Pour en savoir plus

- Musée Maxim’s :3 rue royale à Paris
- Visite guidée (pas de visite libre) : 14h, 15h15 et 16h30 sauf le lundi, dimanche inclus
- La collection 1900 sur le site de Maxim’s

Lampe aux paons, collection 1900 de Pierre Cardin, musée Maxim's
Lampe aux paons, collection 1900 de Pierre Cardin, musée Maxim’s
© MDL/Canal Académie

- Découvrez d’autres émissions autour de ce sujet :

- Pierre Cardin présente Sarah Bernhardt, toujours ! à l’affiche chez Maxim’s

- Le temple de Pierre Cardin : Maxim’s, miroir de la vie parisienne






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