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Souvenirs de famille : Marcel Landowski de l’Académie des beaux-arts, Chancelier de l’Institut de France

Évocation en compagnie de sa fille, la comédienne et chanteuse Manon Landowski
Marcel Landowski, compositeur, ancien Chancelier de l’Institut de France, est évoqué par sa fille Manon Landowski. Cette dernière nous offre un témoignage troublant sur celui qu’elle n’a jamais cessé d’admirer, pour son oeuvre, son talent et tout ce qu’il lui a transmis.


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Référence : SDF518
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Date de mise en ligne : 6 novembre 2011

Les souvenirs de Manon Landowski sur son père n’ont pas de peine à surgir. L’émotion, en outre, retient les mots. Il semble que Manon vient juste de quitter son père. Qu’il est dur de rester impassible à côté. Nous l’écoutons avec attention, ses phrases nous transportent : cet « amour filial immense et réciproque » dont elle parle, se perçoit comme « une empreinte musicale énorme. »

- « Nous étions des fans réciproques. J’aimais et continue à beaucoup aimer sa musique. J’en écoute souvent. Mon père a composé des musiques d’opéras que j’allais voir. Je me souviens notamment du Fantôme de l’opéra avec une chorégraphie de Roland Petit. J’en ai de grands souvenirs. Lorsque je suis entrée au Conservatoire de Paris, les élèves avaient une petite loge au dernier étage de l’Opéra Garnier, sur les cotés, et on avait le droit de venir à tous les spectacles gratuitement. Il y avait eu 14 représentations du Fantôme de l’opéra et j’ai assisté aux 14. »

- Nos métiers nous ont parfois rapprochés. Mon père avait composé la musique d’un ballet à la suite duquel Patrick Dupond avait été nommé étoile. Il se trouve que 20 ans plus tard j’ai été la partenaire de ce dernier lors du spectacle "L’air de Paris" de Jacques Pessis.

Manon Landowski raconte ses souvenirs heureux : les répétitions auxquelles son père venait assister (« en 1990, avant un tour de chant, il est venu à une répétition générale. J’étais seule en scène pendant 1h15. A la suite de cette répétition il m’a dit : c’est ça, c’est ta vie ! »), les longues discussions au café à côté de l’Institut de France, le partage artistique voire les conseils. Elle évoque aussi des hasards malheureux : à l’âge de 13 ans, elle avait voulu se présenter à l’opéra. Mais un règlement avait été édicté par le directeur de la musique plusieurs années avant qui stipulait que la limite d’âge était de 12 ans. La loi avait été signée par Marcel Landowski lui-même !

« Il venait me voir tout le temps, même quand j’ai fait des créations à Lyon ou ailleurs. » De cette relation fusionnelle, Manon a toujours gardé un regard sur les actions culturelles de son père. Elle nous rappelle que c’est lui qui a fait remettre le rituel des tambours à l’Institut de France. Ainsi, lorsque les académiciens descendent l’escalier qui mène sous la Coupole, leurs pas vibrent au son de la Garde républicaine et l’émotion envahit les murs. De sa période en tant que ministre de la musique (sous André Malraux), on doit à Marcel Landowski les orchestres de région, les grands festivals, l’orchestre de Paris, l’association Musique nouvelle en liberté (pour élargir l’audience de la musique contemporaine).

« Il a aussi sauvé l’Opéra qui devait être démoli ». A cette époque, il souhaite refaire l’orchestre et s’attire les foudres des syndicats et des musiciens. Il reçoit même des menaces de mort ! « Et d’enlèvement de moi ! » « J’avais 4 ans et on m’a envoyé en Suisse avec ma mère pendant quelques semaines. »

Dans cette émission, nous découvrons l’humour de Marcel Landowski : « Il avait beaucoup de recul sur sa fonction à l’Institut. Lorsqu’il était sur le pont des arts, parfois il m’appelait et me disait : « Quand je pense que je suis le Chancelier ! » Il se sentait très impliqué et avait obtenu de M. Mitterrand de faire redorer la Coupole. »

- « Il a métamorphosé la vie musicale française. Il faut parler également de la grande réforme des classes musicales dans les lycées, ce qui a permis aux jeunes professionnels de la musique de pouvoir continuer leurs études, sinon c’était l’arrêt des études en primaire. »

- Quelles sont les oeuvres de son père que Manon préfère ? « J’aime particulièrement ses oeuvres symphoniques (la 1ère et la 2ème) mais aussi des opéras comme « Monségur » ou « Les adieux ». Des oeuvres plus courtes aussi : « L’horloge » et « Le quatuor de l’interrogation ». »

L’entretien se termine sur le mot qui désigne le mieux son père : « l’espérance ».

En savoir plus :

Du 26 octobre au 19 novembre : ne manquez pas Fantasmes de demoiselles avec Manon Landowski au théâtre Ranelagh !

- sur Marcel landowski

Marcel landowski, compositeur français, né le 18 février 1915 à Pont-l’Abbé (Finistère) et décédé le 23 décembre 1999 à Paris a été Secrétaire Perpétuel de l’Académie des Beaux-Arts, où il est entré en 1975, puis Chancelier de l’Institut de France. Fils du sculpteur d’origine polonaise Paul Landowski, il entre au Conservatoire de Paris en 1935, où il compose ses premières pièces et travaille la direction d’orchestre avec Pierre Monteux. De 1962 à 1965, il est directeur de la musique de la Comédie-Française. En 1966, il est nommé par André Malraux directeur de la musique, de l’art lyrique et de la danse au Ministère des Affaires Culturelles, fonction qu’il exercera jusqu’en 1975. On lui doit notamment la définition d’un plan décennal pour la musique, la création de l’orchestre de Paris en 1967 dont la direction est confiée à Charles Münch, la modernisation de l’enseignement dans les conservatoires, la mise en place de classes à horaires aménagés pour la danse et pour la musique. Conseiller municipal de Boulogne-Billancourt, il veilla au développement du conservatoire municipal, aujourd’hui "à rayonnement régional", et y nomme en 1972 directeur Alain Louvier, tout juste lauréat du prix de Rome. Il a fondé en 1991 l’association Musique nouvelle en liberté.

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