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Nicolas Bouzou : « Vers une crise systémique majeure en Europe ? »

Les rendez-vous économiques du Cercle Turgot, animés par Jean-Louis Chambon
Rendez-vous mensuel avec Nicolas Bouzou qui se propose d’évoquer les différents moyens pour enrayer la crise de la dette et de la croissance européenne. Pour lui, une crise systémique majeure semble se profiler, jour après jour. Il en appelle donc au courage moral. Vice-président du cercle Turgot et président d’Astérès (cabinet d’analyses économiques et de conseil), il s’entretient ici avec Jean-Louis Chambon.


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Émission proposée par : Jean-Louis Chambon
Référence : ECL720
Adresse directe du fichier MP3 : https://www.canalacademie.com/emissions/ecl720.mp3
Adresse de cet article : https://www.canalacademie.com/ida7806-Nicolas-Bouzou-Vers-une-crise-systemique-majeure-en-Europe.html
Date de mise en ligne : 16 octobre 2011

Le président du cercle Turgot, Jacques Henri-David relevait dans l’une de ses récentes chroniques ( le Figaro du 27 septembre 2011) trois leviers pour enrayer la crise : premièrement, il s’agirait de crever l’abcès de la dette grecque par une acceptation des créanciers d’une perte de l’ordre de 50% de leurs créances, avec en contrepartie des efforts supportables par la société civile grecque. Deuxièmement, il faut se donner les moyens d’éviter le risque de contagion qui couve par un transfert substantiel des dettes nationales des états de la zone euro (15 à20%) via les eurobonds. Enfin, l’envoi par les États de la zone euro d’un signal fort de confiance dans leurs banques en se disant prêts à investir dans leurs banques manifestement très sous-côtées.
Mais cette voie du bon sens tarde à être comprise par les hommes politiques et le cadre institutionnel...L’Europe continue de souffler le froid et le chaud, et on a l’impression de se rapprocher jour après jour de l’impensable pour l’une des premières zones économiques mondiales : une crise systémique majeure partant d’un défaut de paiement de la Grèce, de l’effondrement des bourses, puis, par un effet domino dont les risques paraissent loin d’être pleinement appréciés par les chefs d’états dont l’indécision ne cesse de surprendre, l’émergence d’une situation de dépression telle que la crise de 1929 pourrait apparaitre comme un séisme mineur...

Nicolas Bouzou, président d'Astérès, cabinet d'analyses économiques et de conseil
Nicolas Bouzou, président d’Astérès, cabinet d’analyses économiques et de conseil

Comment éviter cette échéance fatale ? Et surtout est-il encore temps, au moment où de Wall Street on regarde l’Europe comme un « actif pourri », très largement plus dangereux selon elle pour l’ensemble du système financier mondial ? Partout des voies s’élèvent contre l’inaction qui semble frapper l’union européenne, de David Cameron à Barack Obama, en passant par le premier ministre chinois. On rapporte déjà l’apparition d’un début de panique sur une banque américaine qui, selon la rumeur, était supposée détenir des créances importantes sur les banques européennes : elle a perdue 11% en une seule séance, c’est dire le degré de confiance dans lequel se situe la zone euro… !
A bien des égards, cette situation relève de l’irrationnel car au niveau où sont cotées les banques françaises, cela supposerait que leur valeur serait inférieure à leurs seuls actifs immobiliers avec une valeur nulle pour leur fonds de commerce, et de même pour leur place et leur rôle dans l’économie nationale avec aucune espérance de soutien de l’ État et de la BCE qui seraient supposés totalement inertes devant l’effondrement de son système bancaire. Est-ce bien raisonnable ? Est-ce bien réaliste ?
Nicolas Bouzou, joint par téléphone, remarque que l’hypothèse qui réapparaît régulièrement dans certains esprits, d’un défaut de paiement pudiquement qualifié de « coordonné » par les financiers qui ne manquent pas d’imagination lorsqu’il s’agit de sémantique, n’est pas susceptible d’éradiquer à lui seul le cancer qui la ronge : il se demande, à la lumière de l’exemple du défaut argentin en 2001 -dont le pays n’est toujours pas remis- si le remède ne serait pas pire que le mal, dès lors que les caractéristiques structurelles de l’économie grecque ( principalement de services et de tourisme) ne lui permettent pas d’espérer un effet d’aubaine pour notamment doper des exportations qui n’existent que fort peu ?
La seule chance de la Grèce est-elle incarnée par l’ Europe, ou bien est-elle en train de creuser avec elle son tombeau ?

Sauver la Grèce n’est-ce pas pour l’Europe se sauver d’abord elle-même ?
Si le pire n’est jamais sûr, il serait vain de compter sur une bonne fée qui viendrait avec une baguette magique, résoudre à la place des chefs d’états les problèmes de perte de confiance et d’inquiétude généralisées qu’ils ont générés par leur indécision chronique. La seule issue c’est celle du courage moral et la fin du déni de réalité : cette crise est une crise de solvabilité des États avant d’être celle des banques, victimes avant tout d’une insolvabilité prétendue d’états dits souverains.

En savoir plus :

- Nicolas Bouzou sur le site d’Astérès.
- La chronique « Économique et finance » de Jean-Louis Chambon sur Canal Académie
- Site du Cercle Turgot






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