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Trois auteurs de l’Académie française évoquent le sac du Palais d’Eté

par Victor Hugo, Pierre Loti et Pierre-Jean Rémy.
Trois auteurs majeurs, tous trois membres de l’Académie française, émus par le sac du Palais d’Eté, ont a consacré à cet épisode des pages émouvantes : Victor Hugo, Pierre Loti et Pierre-Jean Rémy


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Référence : FOC035
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Date de mise en ligne : 11 mai 2006


Bernard Brizay
Bernard Brizay

Le Palais d’Eté avait été aménagé en 1750 par l’empereur Qianlong qui en fit une résidence somptueuse pour sa mère. Situé dans un cadre exceptionnel, entre lac et collines, orné de magnifiques jardins, ce Palais d’été s’ajoutaient à d’autres palais impériaux qui existaient là depuis le XII ème siècle. Mais il était particulièrement extra-ordinaire. Cependant, le Palais d’Eté fut détruit à deux reprises, une première fois en 1860 par les troupes anglo-françaises, puis une deuxième fois en 1900 par la coalition des huit puissances.

Pour évoquer le sac du Palais d’été en 1860, resituons brièvement le contexte : Vers 1850, l’Empire chinois était le plus grand empire du monde. Il était gouverné par une dynastie Mandchoue. Mais cet empire manquait d’unité. Depuis le XVI ème siècle, les chinois avait accueilli les marchands portugais, puis, au XVII ème, les Jésuites. Cependant, le christianisme était officiellement interdit au début du XIX ème siècle. Quant aux rapports commerciaux entre chinois et européens, ils se limitaient à troquer l’opium contre la soie et le thé. La décision du gouvernement chinois d’interdire la vente de l’opium a amené l’Angleterre et la Chine à "la guerre de l’opium" entre 1840 et 1842.

Au "traité de Nankin" de 1842, les Anglais s’étaient fait reconnaître la possession de Hong Kong et le droit de commercer dans cinq ports avec de nombreux privilèges. Mais l’opium restait l’enjeu majeur. La France, elle, se fit reconnaître le droit de construire dans ces cinq ports, des églises, des hôpitaux, des écoles et des cimetières et elle fit tolérer la religion chrétienne dans tout l’empire.

Des traités furent signés pour protéger le "commerce" de l’opium. Des traités que les chinois appelaient "traité inégal"... Un deuxième "traité inégal" fut ainsi signé en 1858 à Tientsin. Onze ports supplémentaires furent ouverts et les douanes placées sous l’autorité de l’Occident. Les missionnaires catholiques et protestants reçurent l’autorisation de s’implanter à l’intérieur du pays. Ils ne se déferont jamais de l’accusation d’être venus en même temps que les camions militaires...

Quelques mois plus tard, Pékin viole le traité de Tientsin, des négociateurs anglais et français sont torturés et assassinés. Les Anglais et les Français montent une expédition contre Pékin, et le 13 octobre 1860, aux dragons de papier agités par la population, ils opposent des obus et des tirs de canon.

Cinq jours après, les troupes d’invasion sont lâchées dans le Palais d’Eté. Elles saccagent et incendient le fameux "Jardin où l’on cultive la concorde", le Yuanming yuan, et aussi, parmi les nombreux bâtiments du Palais, une réplique de Versailles bâtie par les jésuites français. Les soldats, stupéfaits devant la richesses qu’ils pillent, trouvent intacts, dans le tas, la plupart des présents offerts par les occidentaux.

"L’occident détruit l’Occident, tout autant que l’Orient, analyse Alain Peyrefitte dans son ouvrage l’Empire immobile. Surtout, il détruit pour longtemps les chances d’échanges amicaux qui eussent permis une fertilisation croisée entre les deux bouts du monde".

L’émission ici proposée vous permet d’entendre des extraits rédigés par Victor Hugo, Pierre Loti et Pierre-Jean Rémy.

Pour revivre en détails le Sac du Palais d’Eté, écoutez l’émission "Un jour dans l’Histoire" avec Bernard Brizay.

Le Palais d’Eté actuellement
Le Palais d’Eté actuellement





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