Jean de La Fontaine-Georges Brassens : deux poètes engagés d’avant-garde !

Philippe Paraire met face à face ces deux virtuoses de la langue française dans son ouvrage La Fontaine et Brassens, Fables et chansons satiriques et rebelles
Philippe Paraire, dans son livre La Fontaine et Georges Brassens, Fables et chansons satiriques et rebelles, propose une lecture comparée de deux poètes engagés et populaires. La fable et la chanson sont des terres de liberté. On y dit, sous couvert de légèreté, les choses les plus graves... et avec quel talent ! Leurs « coups de langues valent bien un coup de lance » : peut-on vraiment parler « d’ art mineur » ?


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Émission proposée par : Anne Jouffroy
Référence : PAG902
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Date de mise en ligne : 1er mai 2011


Jean de La Fontaine
Jean de La Fontaine

La Fontaine (1621-1695) et Brassens (1921-1981) : ces deux auteurs, dont la naissance est séparée par trois siècles, sont réunis dans un même ouvrage parce que leurs existences parallèles illustrent d’une part la difficulté d’écrire librement à l’intérieur d’un monde de conformisme et d’oppression, et d’autre part, d’être capable d’en donner lecture au plus grand nombre.

Fable en vers, poésie chantée : censure mais soutien de l’Académie française

L’auteur, tout à la fois docteur en philosophie, professeur de lettres classiques et éditeur, évoque les conséquences -pour la création artistique- de l’arrestation du surintendant Fouquet par le jeune Louis XIV. La disparition judiciairement organisée de Nicolas Fouquet, protecteur privé d’une multitude d’artistes inaugura une période nouvelle, celle du mécénat d’État. Dès le début des années 1660, nul n’écrira plus ni ne touchera plus de revenus s’il ne consacre ses écrits à la louange du monarque. « La Fontaine n’aura pas un liard » annonça Colbert, le successeur de Fouquet.

Georges Brassens
Georges Brassens
(c) Fred Mella

Brassens, lui, se heurta au mur des médias, au début de sa carrière artistique. Le Gorille fut censuré jusqu’en 1955. On n’entendait, alors, à la radio que ses chansons sans charge sociale : La chasse aux papillons, Le petit cheval, etc.
En 1684, La Fontaine fut élu à l’Académie française (malgré les réticences appuyées de Louis XIV). En 1967, Brassens reçut le Prix de l’Académie française et Malraux leva définitivement la censure qui sévissait encore, parfois, à son encontre.

Un genre « mineur » qui cache de grandes idées
« Mêlez donc deux arts majeurs et vous obtiendrez toujours un art mineur » poursuit Ph.Paraire. Avec humour, tendresse et intelligence, La Fontaine mariait poésie et philosophie dans ses fables, et Brassens, lui, alliait poésie et musique dans ses chansons.

Deux procédés artistiques similaires pour exprimer l’essence même des préoccupations humaines : l’amour, l’amitié, la mort, la religion, la colère (à l’égard d’un ordre moral, politique et social trop contraignant). Quelques-uns des textes d’Esope, Phèdre, Horace et Abstimius - ceux qui ont inspiré La Fontaine- sont cités et retraduits du grec et du latin par Ph.Paraire, lui-même, afin que le lecteur puisse découvrir leurs petites fables et apprécier, par comparaison, le génie poétique caractéristique de notre fabuliste moderne.

Philippe Paraire
Philippe Paraire

Ce livre qui « met en miroir » Jean de La Fontaine (et ses sources) et Georges Brassens, nous rappelle qu’ils furent des poètes aux idées d’avant-garde, initiatrices de progrès pour les consciences.
Humanisme et liberté furent leur fil conducteur.

En savoir plus :
- Découvrez la vie et l’oeuvre de Jean de La Fontaine sur le site de l’Académie française.
- Visitez l’exposition Brassens ou la liberté actuellement à la cité de la musique. (Paris XIX ème, jusqu’au 21 août 2011)






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