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Nativité et adoration des mages

Parcours de quelques grands musées où sont exposées des œuvres illustrant la naissance de l’enfant Jésus.
Un voyage à travers l’Europe : à Munich à la Alte Pinakothek ; à Florence à la Galleria degli Uffizi (la galerie des Offices) ; à Londres à la National Art Galler ; et en Touraine au Château de Langeais (patrimoine de l’Institut de France).


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Émission proposée par : Krista Leuck
Référence : carr017
Adresse directe du fichier MP3 : https://www.canalacademie.com/emissions/carr017.mp3
Adresse de cet article : https://www.canalacademie.com/ida612-Nativite-et-adoration-des-mages.html
Date de mise en ligne : 1er janvier 2005
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L’Alte Pinakothek de Munich fait partie des Galeries les plus importantes du monde. Plus de 700 peintures du 14 au 18ème siècle, dont de nombreuses œuvres d’art très célèbres, y sont constamment exposées. Une centaine d’œuvres se trouvent dans les galeries indépendantes du reste de la Bavière comme prêts permanents, ou dans les églises et les bâtiments publics.

Adoration des Mages, Albrecht Dürer, 1450
Adoration des Mages, Albrecht Dürer, 1450
© www.insecula.com
L'Adoration des Mages, Rogier van der Weyden, vers 1455
L’Adoration des Mages, Rogier van der Weyden, vers 1455
© Pinacothèque

A propos de la Alte Pinakothek de Munich

A propos de la Galerie des Offices de Florence

La Galerie des Offices est à l’image de Florence. Elle rassemble, dans un périmètre réduit (environ 8.000 m²), une collection incomparable d’œuvres qui comptent parmi les plus célèbres de la peinture italienne (Botticelli, Léonard de Vinci, Michel Ange ...). Seuls quelques milliers de visiteurs, six tout au plus, peuvent accéder chaque jour au premier étage de l’édifice, celui qui héberge ces trésors...

L'Adoration des Mages, Alessandro di Mariano dei Filipepi (Sandro Botticelli) 1475
L’Adoration des Mages, Alessandro di Mariano dei Filipepi (Sandro Botticelli) 1475
© www.insecula.com

Le terme du musée, au temps de Laurent de Magnifique (1449-1492) désignait sa collection de sculptures antiques dans le jardin de Saint-Marc. Giorgio Vasari rapportera que des peintres comme Léonard de Vinci et Michel-Ange y viendront "pour la beauté, l’étude et le plaisir". La construction de l’édifice appelé les Offices remonte à 1560. Côme Ier de Médicis (1519-1574) demandera à Vasari de lui dessiner un grand palais à deux ailes, "sur le fleuve et presque en l’air", pour y héberger les treize Magistratures, autrement dit les bureaux (uffizi) administratifs et judiciaires du duché de Toscane. Le même architecte reliera, cinq années plus tard, ces bureaux au palais Pitti, la résidence des Médicis, par un corridor qui traversera l’Arno en passant au-dessus des échoppes du Ponte Vecchio. François Ier de Médicis (1541-1587), fils de Cosme Ier, transformera le dernier étage des Offices en Galerie, un lieu pour "se promener, décoré de peintures et de statues et d’objets précieux". Le guide de Francesco Bocchi, en 1591, évoquera l’une des "beautés suprêmes du monde, pleine de statues antiques, de peintures sublimes et de précieux instruments". La Galerie des Offices, officiellement transformée en musée en 1765, conserve dans ses collections un patrimoine inestimable réuni par ses gouvernants, en tête desquels figurent les Médicis qui règneront durant trois siècles, parfois financé par les corporations qui feront la richesse de la cité toscane, ou encore offerts sous forme de cadeaux diplomatiques, dots et héritages.

Adoration des Mages, Domenico Ghirlandaio, 1487
Adoration des Mages, Domenico Ghirlandaio, 1487
© www.insecula.com
Adoration des Mages, Fra Angelico and Fra Filippo Lippi, 1440/4460
Adoration des Mages, Fra Angelico and Fra Filippo Lippi, 1440/4460
Samuel H. Kress Collection

A propos de la National Art Gallery de Londres

La National Gallery expose, dans l’ordre chronologique, plus de 2000 oeuvres de la peinture européenne. La Tate Gallery propose d’avantage de peintures britanniques et d’œuvres du XXème siècle. Les salles de l’aile Sainsbury, à gauche du bâtiment principal, hébergent les œuvres les plus anciennes (1260-1510), essentiellement italiennes et nordiques. Elles sont numérotées de 56 à 66. L’aile ouest du bâtiment principal (salles 2 à 12) expose des œuvres de la période comprise entre 1510 et 1600. L’Italie est très représentée, au travers d’artistes comme Léonard de Vinci, Raphaël, Michel-Ange notamment. L’aile nord (salle 14 à 32) est consacrée à la période comprise entre 1600 et 1700. Elle héberge des salles consacrées à la peinture française et flamande. On peut y voir des toiles exécutées par Vermeer, Rembrandt, Poussin et Gellée. La salle dédiée aux œuvres de Rubens est exceptionnelle. L’aile est (salles 33 à 45) couvre la période comprise entre les années 1700 et les post-impressionnistes.

La nativité, Piero della Francesca, 1470
La nativité, Piero della Francesca, 1470
La nativité mystique, Botticelli
La nativité mystique, Botticelli
© National Gallery, London

A propos du Château de Langeais

Légué à l’Institut de France en 1904 par Jacques Siegfried, classé monument historique en 1922, le château de Langeais offre un attrait tout particulier. La forteresse médiévale, qui domine de sa masse sévère la Loire et la petite ville blottie à ses pieds, a conservé son caractère exceptionnel de cadre de vie des milieux aristocratiques du XVe siècle. Le visiteur découvre, au fil des salles, la reconstitution unique d’un intérieur de cette époque, abondamment doté de très belles pièces de mobilier, d’objets d’art et d’une exceptionnelle collection de tapisseries.

C’est en 1491 que se situe l’événement majeur de l’histoire de Langeais. Dans ce château, inachevé, eut lieu la célébration du mariage de Charles VIII et de la duchesse Anne de Bretagne. Cette cérémonie discrète, à l’aube du 6 décembre 1491, devait conduire à la réunion de la Bretagne au royaume de France. La scène du mariage a été reconstituée avec des mannequins de cire et est exposée dans la chapelle du château.

Au cœur de la Touraine, le château de Langeais est une des dernières forteresses construites par le pouvoir royal. Belle demeure seigneuriale du XVe siècle, elle fut bâtie de 1465 à 1467 par Bourré pour Louis XI. Langeais est cependant mentionné dans les textes bien avant cette construction. En effet, aux alentours de l’an mille, le puissant comte d’Anjou, Foulques Nerra, fonde le castrum de Langeais face à Tours, la plus importante ville de la région. Subsistent aujourd’hui, dominant les jardins, les vestiges du plus ancien donjon de pierre en France, « le donjon de Foulques Nerra ».

Durant des siècles, le donjon de Langeais n’a cessé d’être une forteresse. L’édifice, tel qu’il se présente à nous, est l’œuvre de Louis XI. Le château a été construit rapidement, semble-t-il, et présente, de ce fait, une grande homogénéité. Son aspect extérieur sévère rappelle la fonction de forteresse et offre l’image typique du château fort traditionnel, avec l’apparence d’un site défensif. Seuls les côtés sud et est de la construction du quadrilatère prévu ont été bâtis : un grand corps de logis, à côté d’un important pavillon d’entrée, et, en retour d’équerre, une aile d’aspect assez semblable. L’ensemble de ces façades est surmonté de hauts toits en ardoises que l’on aperçoit de loin. Pont-levis en état de marche, tours imposantes, courtines, chemin de ronde couvert et mâchicoulis figuraient un bon dispositif défensif contre les assauts. Ces éléments font de Langeais un des exemples les plus significatifs de l’architecture du XVe siècle.

Le Château de Langeais est administré par l'Institut de France
Le Château de Langeais est administré par l’Institut de France

Sur ses façades intérieures, Langeais témoigne de quelques concessions à la Renaissance. Les élévations de la cour, d’une grande austérité, sont cependant percées de nombreuses fenêtres à meneaux disposées par travées couronnées, et, aux niveaux des toitures, de hautes lucarnes terminées par un gâble orné de crochets, typique de l’exubérance décorative de l’époque flamboyante. Ce sont, avec les arcs en accolade surmontant les portes d’entrée du château et quelques beaux exemples de heurtoirs en fer forgé sur les portes, les concessions faites à la décoration extérieure. Aucune frise sculptée, aucun bandeau mouluré ne viennent rompre la sobriété des murs.

Intérieurement, le château présente les dispositions classiques d’une grande demeure de la fin du Moyen Âge dont les salles et les chambres sont ornées de grandes cheminées et de tapisseries exceptionnelles. Certaines cheminées sont remarquables par leur décor finement sculpté, comme celle de la salle des gardes qui représente une forteresse à quatre tours, avec, sur le chemin de ronde sur mâchicoulis, l’alternance de merlons et de créneaux où apparaissent les têtes des gardes au milieu d’un décor de feuilles de chêne, pampres, arcatures flamboyantes et corniches de choux frisés. Au dernier étage du château, une superbe charpente en carène donne son volume impressionnant à la salle haute transformée en chapelle.

Le décor originel et l’ameublement ont été reconstitués à la fin du XIXe siècle par Jacques Siegfried, le dernier propriétaire, homme d’affaires et amateur d’art éclairé. Il souhaitait redonner à ce château le décor de la demeure princière telle qu’au temps du mariage de Charles VIII et d’Anne de Bretagne. Tapisseries, meubles, tableaux, sculptures, boiseries, étoffes... tous les objets les plus significatifs du milieu aristocratique flamboyant du XVe siècle, présents sur le marché de l’art d’alors, ont été systématiquement achetés pendant vingt ans. Ils constituent aujourd’hui un ensemble exceptionnel des XVe et XVIe siècles, tout en donnant au château son caractère accueillant et vivant.

À côté du naturalisme végétal des tapisseries dites « millefleurs », d’autres grands thèmes en vogue au Moyen Âge sont représentés : la chevalerie, l’histoire sainte, des scènes de chasse, la nature et de nombreuses allégories :
- Série des Neuf Preux : suite prestigieuse de sept tentures qui illustre un thème iconographique très en vogue au XVIe siècle. Ces preux, ou héros, appartiennent à la Bible (Josué, David), à l’antiquité gréco-romaine (Hector, Alexandre, César) et à la chrétienté (Arthur, Godefroy de Bouillon). Sur un sol fleuri, les preux sont figurés sous les traits de cavaliers farouches accompagnés de deux soldats. Ces panneaux ont été réalisés entre 1525 et 1540 et tissés en basse lisse (salle du Mariage).
- Tapisserie millefleurs aux armes de Jacqueline de Luxembourg, veuve de Philippe de Croy, comte de Charolais, premier chambellan de Charles le Téméraire. Le centre de la tapisserie est orné, dans une couronne d’épines blanches, d’un écu portant les armes des Croy, fin du XVe siècle (chambre bleue).
- Tenture de la Chasse au cerf, constituée de plusieurs panneaux de la fin du XVe siècle (salle des gardes).
- Tapisserie aux aristoloches, (plantes grimpantes à larges feuilles), longue d’environ 6,60m et présentant un décor d’oiseaux (chambre des aristoloches).

En sortant du château, à l’ouest sur un promontoire, s’étendent un vaste parc et un bois. Les jardins, créés sur la terrasse, furent modifiés à plusieurs reprises : au début du siècle, par Jacques Siegfried, qui chargea Henri Duchesne d’établir les plans d’un jardin d’agrément, puis, en 1961, par Henri Hautecœur, membre de l’Institut (Académie des beaux-arts), qui proposa une reconstitution d’un jardin médiéval. Son dessein était de s’inspirer des enluminures du Livre d’Heures d’Anne de Bretagne qui représente le jardin de la reine à Amboise. La cour est aujourd’hui fermée par un fossé peu profond et se termine au sud par une terrasse, d’où le visiteur peut admirer une des plus belles vues qui soient de la Loire.

Entendant préserver l’œuvre de Jacques Siegfried, l’Institut poursuit d’importants travaux de restauration et d’embellissement. L’ensemble du pont-levis et de l’escalier monumental latéral a été réhabilité en 1994. Après la réfection du donjon, effectuée en 1995, l’aménagement des jardins et du parc est prévu, de même que la restauration des tapisseries.






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