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Marie Leszczynska, épouse de Louis XV : la reine digne et fervente

Avec Anne Muratori-Philip, correspondante de l’Académie des sciences morales et politiques
Fille du roi déchu Stanislas Ier de Pologne, Marie Leszczynska épouse Louis XV le 5 septembre 1725. Ce mariage, qui relève du conte de fées, la place sur le trône de France pour 43 ans, le plus long règne d’une reine de France. Dans la biographie qu’elle lui consacre, Anne Muratori-Philip révèle une reine pieuse, fidèle, respectueuse d’autrui, qui assuma avec dignité son devoir monarchique.


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Émission proposée par : Laëtitia de Witt
Référence : hist601
Adresse directe du fichier MP3 : https://www.canalacademie.com/emissions/hist601.mp3
Adresse de cet article :
Date de mise en ligne : 2 mai 2010

Un conte de fées

Marie Leszczynska par Jean-Marc Nattier
Marie Leszczynska par Jean-Marc Nattier

- Seconde fille de Stanislas Ier Leszczyński et de Catherine Opalińska, Marie Leszczyńska naît en Silésie, le 23 juin 1703. Lors de sa naissance, son père occupe le trône de Pologne où il avait été placé par les armées de Charles XII de Suède. Mais dès l’année suivante, il en est chassé. S’ouvre alors une longue période d’exil pour la famille de Marie Leszczynska. L’exil les conduit d’abord dans la principauté de Deux-Ponts, propriété du roi de Suède, puis dans la ville alsacienne de Wissembourg. À partir de 1720, on pense à marier Marie. Il est d’abord question d’un jeune officier français, pas assez titré. Puis on évoque le prince de Schwarzenberg qui préfère une candidate plus argentée… Vient alors un projet plus sérieux émanant de la marquise de Prie. En effet, celle-ci cherche une seconde épouse à son amant, le duc de Bourbon - alors en charge des affaires du royaume – suffisamment effacée pour ne pas lui porter ombrage. Nous sommes en février 1725, au même moment Louis XV tombe malade. L’état de santé du roi bouleverse le projet de madame de Prie.

- Le duc de Bourbon prend alors conscience qu’en cas de décès du roi, le trône échouerait au duc d’Orléans, son rival. Pour éviter un tel scénario, il est impératif de marier Louis XV au plus vite. Dans ce but, une liste des princesses d’Europe à marier est dressée. Marie Leszscynska qui remplit les conditions requises - catholique, en âge d’enfanter – figure en tête de liste. Contre toute attente, le roi, orphelin à peine âgé de quinze ans, et son précepteur, le cardinal de Fleury pourtant rival du duc de Bourbon, acceptent cette alliance sans avantage avec une princesse âgée de vingt-deux ans, soit sept de plus que son futur mari !

Pour Stanislas et sa fille, il s’agit d’un miracle. A la Cour de Louis XV, au contraire, la consternation est générale. Non seulement, la princesse de Pologne n’appartient à aucune des grandes dynasties d’Occident, mais elle est polonaise et plus âgée que le roi. Dès lors, les rumeurs les plus folles circulent : on dit la future reine laide, épileptique, stérile…

Reine de France

- Le mariage a néanmoins lieu à Fontainebleau le 5 septembre 1725. Lors de la première rencontre, les époux se plaisent. Le mariage est d’ailleurs consommé le soir même. Marie est aussitôt séduite par le beau jeune homme timide qu’est le roi. Pour Louis XV, cette jeune femme plus âgée remplace un peu sa mère.

Ce bonheur conjugal ne facilite pas pour autant les débuts de Marie à la Cour. Le cardinal de Fleury, principal ministre de Louis XV, craint son éventuelle ascendance sur le roi et s’applique à la maintenir à l’écart. Les grossesses successives de Marie lui facilitent la tâche. Elle a en effet dix enfants en dix ans mais huit filles - dont des jumelles - et deux fils dont un seul survivra à l’enfance, le dauphin Louis-Ferdinand. La naissance de Madame Septième (1737) puis une fausse couche l’année suivante marquent la fin du bonheur conjugal du couple royal. C’est le temps des premières maîtresses de Louis XV, les « sœurs de Nesle ». Peu à peu, Louis XV délaisse complètement son épouse au profit de courtisanes. Confrontée à l’adultère du roi, Marie garde discrétion et dignité, entretenant même pendant vingt ans des relations cordiales avec la plus célèbre des maîtresses de Louis XV, la Marquise de Pompadour.

- En réalité, Marie demeurera très attachée à son époux et profondément respectueuse de la fonction royale. Aussi prend-elle son rôle de reine avec le plus grand sérieux. Elle se plie volontiers aux questions de cérémonial et d’étiquette et assume parfaitement ses devoirs de représentation tout en se ménageant une grande liberté, fait très nouveau pour une reine de France. Elle réussit d’ailleurs à obtenir de Louis XV un grand appartement privé où elle mène une vie calme, peu tournée vers l’apparat. En fait, la reine est une femme cultivée qui lit beaucoup, parle et lit six langues dont le latin. Elle est également une grande amatrice de musique et de peinture. Chaque matin, elle consacre plusieurs heures à la peinture et s’est choisie comme maître Jean-Baptiste Oudry. Un des autres plaisirs de la reine est de rassembler autour d’elle un cercle restreint d’amis avec lesquels elle parle politique, art… et peut-être même cuisine ! Et oui, Marie aime la bonne chère. C’est à elle d’ailleurs que l’on doit les « bouchées à la reine », résultat de son goût immodéré pour les tourtes.

- Mais évoquer Marie Leszczyńska, c’est aussi évoquer la religion : reine de France et polonaise, Marie prend à cœur sa mission de Reine Très Chrétienne. Chaque jour, elle assiste au moins à deux offices et n’abandonne pas la coutume polonaise qui consiste à prier debout, les bras en croix. Elle respecte à la lettre les jeûnes et abstinences, fréquente régulièrement les couvents, n’hésite pas à s’endetter pour secourir les pauvres… Ce n’est pas pour autant que la reine incarne un parti dévot, loin de là. Son souhait serait plutôt d’incarner la piété. Toujours est-il que ce fort sentiment religieux de la reine détonne dans l’entourage libertin de Louis XV qui ne voit en Marie qu’une bigote égarée à la cour.

- Marie Leszczyńska s’éteint le 24 juin 1768, à Versailles. Les dernières années de sa vie sont marquées par le deuil. Elle perd plusieurs de ses enfants, dont le dauphin qui meurt de la tuberculose le 20 décembre 1765, à l’âge de trente-six ans.

Présentation de l’éditeur

« Dans l’histoire de la France, les femmes, et avant tout les reines, ont souvent régné sur le cœur et l’esprit de leur peuple, bien qu’elles n’aient pas toujours exercé le pouvoir. Pendant quinze siècles, certaines ont joué un rôle prépondérant en se montrant plus lucides, plus préoccupées du bonheur de leurs sujets sinon plus attentives au rayonnement de la monarchie. Si les rois ont fait la France, on peut dire que les reines l’ont sans doute aimée davantage. Le 5 septembre 1725, Louis XV épouse Marie Leszczynska. Pour cette princesse inconnue, fille du roi de Pologne en exil, Stanislas Ier, ce mariage inattendu est un cadeau du destin. La gentillesse de la charmante Polonaise et l’amour du jeune roi balaient les préjugés. Mais le conte de fées ne dure qu’une dizaine d’années, le temps de donner naissance à huit filles et à deux garçons, dont l’un meurt en bas âge. Puis le " Bien-Aimé " se met à collectionner les favorites. La reine, tout en se tenant à l’écart de la politique, continue d’assumer ses tâches avec dignité et dévoile son vrai visage qu’Anne Muratori-Philip révèle ici dans tout son éclat. »

Biographie de l’auteur

Anne Muratori-Philip, membre correspondant de l’Institut
Anne Muratori-Philip, membre correspondant de l’Institut

Historienne et journaliste, Anne Muratori-Philip est Docteur en Sociologie de l’information, diplômée en Sciences Politiques, en Histoire et en Histoire de l’Art. Membre correspondant de l’Institut, elle est l’auteur d’ouvrages historiques dont une biographie du roi Stanislas Leszczynski, père de la souveraine.






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