Vladimir Velickovic : Dessins récents

Au Salon du dessin contemporain et à la Galerie Samantha Sellem : Velickovic, de l’Académie des Beaux-Arts, entrechoque encre et papier
Le dessin est un besoin vital pour Vladimir Velickovic : « un réel plaisir » qui lui permet d’attaquer en virtuose de très grands formats papier. Ces œuvres à part entière, encre sur papier, à rang égal avec sa peinture, mais aussi ses collages sur carton, sont rarement montrés. Le public peut les voir en avril, à Paris, à la Galerie Samantha Sellem et au Salon du dessin contemporain 2010. Rencontre avec l’artiste membre de l’Académie des Beaux-Arts.


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Émission proposée par : Marianne Durand-Lacaze
Référence : CARR680
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Date de mise en ligne : 31 mars 2010
Vladimir Velickovic, "Corbeaux", encre sur papier, 225 x 165 cm, 2009
Vladimir Velickovic, "Corbeaux", encre sur papier, 225 x 165 cm, 2009

« Le dessin, un réel plaisir »

Vladimir Velickovic voue au dessin une passion sans frein qu’il définit comme un besoin vital. Virtuose du dessin, il a appris essentiellement seul, en reproduisant des photos ou des images tirées d’ouvrages illustrés issus de la bibliothèque familiale. Il dessine tous les jours et ne saurait s’en passer. La passion est devenue un besoin et « sa peinture n’existerait pas sans dessin », selon ses propres mots. Chez Velickovic, le dessin fait partie du tableau. Dernier professeur de l’atelier dessin à l’École nationale supérieure des Beaux-arts de Paris de 1983 à 2000 (avant la transformation de l’atelier en « pôle dessin »), il a pu transmettre cette expérience et son savoir aux étudiants pendant plusieurs années. Pour lui, le dessin permet de communiquer davantage. Dans un texte de 1983, repris à la fin du catalogue 2010 de ses Dessins récents , il écrivait que le dessin est à la base de toute création plastique et que c’est une discipline indépendante, égale à la peinture et à la sculpture. Une évidence que la notoriété de sa peinture éclipse et que le marché de l’art place en second, en règle générale, chez tout artiste.

Le plus surprenant, pour celui qui découvre les dessins de Velickovic, reste le format choisi et la charge du dessin. La peur du blanc du papier est ici réduite au minimum. Les dessins sont chargés de ses « éclats d’imaginaires » ou « réellement vus », selon son vocabulaire. Ils explosent le regard en un labyrinthe de corps déchiquetés, démembrés, où on reconnaît la main crucifiée du Christ de Grünewald, chère à la thématique de Velickovic, quelques corbeaux ou quelques rats qui font partie de son bestiaire et, chose nouvelle, quelques plantes, quelques chardons en correspondance font leur apparition. Une thématique végétale qui rappelle le trait du dessin des corps qu’il dessine, qui pique le regard et surprend. On peut ainsi voir un dessin de 2010, une encre sur papier de 103 x 66 cm intitulée Plantes, sur laquelle figure, en guise de toute trace humaine ou animale, une main tenant une brindille sèche. Un champ qu’il ne s’interdit pas d’explorer prochainement davantage.
L’essentiel : « Comprendre que par le dessin on peut communiquer absolument tout : la joie, la tristesse, le drame, le passé, le futur, la vie, la mort. Prouver que le dessin est avant tout portrait de soi-même, qu’il est capable de montrer beaucoup et de cacher très peu » (Velickovic, 1983).

Plusieurs types de dessin

Il pratique ce qu’il appelle « la note », le dessin fait n’importe où, mais aussi le dessin de carnets. Le format qu’il a choisi pour ses carnets, habituels petits laboratoires ambulants des peintres, des architectes ou des designers, est trop grand pour tenir dans ses poches mais le bic semble y avoir élu domicile. Ainsi ne considère-t-il pas avoir de carnets de dessins au sens où on l’entend habituellement et en fait un usage un peu différent. Il peut déchirer certains dessins de ses carnets et les introduire sur d’autres supports, cartons ou papiers, autant d’œuvres en construction. Ses dessins faits au bic sur carnets ne sont pas exposés et servent à ses créations ultérieures. Ils feront un jour l’objet d’un livre.

Vladimir Velickovic, Karton, encre et collage sur carton, 32 x 29 cm, 2008
Vladimir Velickovic, Karton, encre et collage sur carton, 32 x 29 cm, 2008

Dans cette interview, il évoque surtout ses grands dessins à l’encre. Le troisième type de dessin cher à Velickovic est constitué de dessins de très grand format pour lesquels il n’existe pas de papier au format désiré. Ces dessins de deux mètres et plus sont rares dans son œuvre. Ils réclament une concentration exceptionnelle, un effort qu’il ne renouvelle pas tous les quatre matins ! Mais il est prêt à relever les défis du dessin et nous dit dans l’entretien en avoir réalisé un de quatre mètres et demi pour un ami ! Œuvres à part entière, il peut les exposer en accompagnement de ses tableaux ou bien seuls. La galerie Samantha Sellem en présente deux au Salon du dessin contemporain 2010 : Corps et Corbeaux (2010 - encre sur papier - 225 x 165 cm), deux pièces majeures parmi la cinquantaine de pièces exposées pour l’occasion.

Enfin, il réalise des collages sur cartons, qu’il considère comme un autre type de dessin, avec deux formats : 64 x 44 cm et 32 x 29 cm ; un format "plus carré" dans lequel l’artiste est aussi à l’aise que dans ses toiles de plusieurs mètres de long. Samantha Sellem en présente un grand nombre où l’on retrouve les thématiques habituelles de Velickovic : chien qui court, figure humaine de Muybridge, crâne, tête décapitée, coin de paysage « à la Velickovic », qui cohabitent sur le carton entre papier, calque, acrylique et encre pour la série la plus récente.

Vladimir Velickovic, "Corps", encre sur papier, 103 x 66 cm, 2006
Vladimir Velickovic, "Corps", encre sur papier, 103 x 66 cm, 2006

Velickovic ne dessine jamais sur un papier lisse et joue de la résistance du papier. Il lui préfère des feuilles au grain assez épais dans lequel son trait, par la plume, attaque la matière du papier en sillon où l’encre ne laisse aucune part à l’erreur.

chevalet et carnet de dessin de Vladimir Velickovic, atelier du peintre le 9 février 2010
chevalet et carnet de dessin de Vladimir Velickovic, atelier du peintre le 9 février 2010
© MDL Canal Académie

Pour en savoir plus

-  Salon du dessin contemporain, Carrousel du Louvre, du 25 au 28 mars 2010.

Philippe Piguet, Jack Lang, Vladimir Velickovic, vernissage salon du dessin contemporain, 24 mars 2010
Philippe Piguet, Jack Lang, Vladimir Velickovic, vernissage salon du dessin contemporain, 24 mars 2010



- Vladimir Velickovic, membre de l’Académie des beaux-arts depuis le 7 décembre 2005, au fauteuil de Bernard BUFFET


- Galerie Samantha Sellem, Paris, 5 rue Jacques Callot, du 30 mars au 17 Avril 2010 : Vladimir Velickovic, Dessins récents

- Catalogue de l’exposition : Vladimir Velickovic, [dessins récents], 2010, Galerie Samantha Sellem

- Vladmir Velickovic fera une signature, le 17 avril 2010, à partir de 17H à la galerie Samantha Sellem.

- Drawing Art Fair Brussels, White Hotel 212, avenue Louise. Du 23 au 25 avril 2010, Vernissage le 23 avril 2010. Un catalogue sera édité pour l’exposition.

- Exposition personnelle : « VELICKOVIC, Peinture depuis 1968 » Ville de Montélimar, Espace d’art contemporain St Martin, Espace d’art contemporain Chabrillan.
Du 11 juin au 26 septembre 2010.
Commissaire de l’exposition du musée éphémère : Dominique Coffignier. Un catalogue sera édité pour l’exposition.

- Exposition collective : « Mémoire du geste »
Vence, Musée du Rétif.
Artistes : Vladimir Vélickovic, Gérard Le Cloarec, Gérard Guyomard.
Du 02 mars 2010 au 30 juin 2010.
Commissaire d’exposition Claude Guibert – Imago.

Livres récents sur Vladimir Velickovic

- L’atelier de Vladimir Velickovic, interview d’Evelyne Artaud, photos Zarko Vijatovic, Thalia Edition, avril 2010
- Vladimir Velickovic, Splendeur de la catastrophe, la peinture de Vladimir Velickovic, texte de Michel Onfray, Galilée, mars 2007
- Vladimir Velickovic, Velickovic Karton, texte de Michel Onfray,Thalia Edition, Paris octobre 2006
- Vladimir Velickovic, Dessins 1957-1979, texte d’Alain Jouffroy, Paris-Lausanne, éditions Acatos, 1996
- Vladimir Velickovic, Dessins et œuvres sur papier 1980-1997, texte d’Alain Jouffroy, Paris-Lausanne, éditions Acatos, 1998






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