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La poule au pot du bon roi Henri IV

La chronique « Histoire et gastronomie » de Jean Vitaux

La poule au pot évoque le bon roi Henri IV dans l’imaginaire collectif français. L’histoire de la poule au pot a été mise en exergue dès le XVIIe siècle, mais a été modifiée au cours des temps et popularisée par l’imagerie populaire de la fin du XIXe siècle, notamment celle de Job.


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La première relation de la poule au pot remonte à la version imprimée de l'Histoire d'Henri le Grand, composée par Hardouin de Perefixe, archevêque de Paris, cy-devant Précepteur du Roy en 1661. C'est une oeuvre didactique, destinée à l'enseignement de Louis XIV, futur Roi Soleil. L'histoire de la poule au pot est la conclusion d'une conversation au jeu de paume entre le roi Henri IV et le duc de Savoie :

« Le Duc, voyant un grand peuple, lui dit qu'il ne pouvait assez admirer la beauté et l'opulence de la France, et demanda à sa Majesté ce qu'elle lui valait de revenu. Ce Prince généreux et prompt en ses réparties lui répondit, « Elle me vaut ce que je veux ». Le Duc trouvant cette réponse vague, le voulut presser de lui dire ce que la France lui valait. Le Roi répliqua, « Oui, ce que je veux, parce qu'ayant le coeur de mon peuple j'en aurai ce que je voudrai, et si Dieu me donne encore de la vie je ferai qu'il n'y aura point de laboureur en mon Royaume qui n'ait moyen d'avoir une poule dans son pot » : ajoutant, « et si je ne laisserai pas d'avoir de quoi entretenir des gens de guerre pour mettre à la raison tous ceux qui choqueront mon autorité. » Le Duc ne répartit plus rien et se le tint pour dit ».

C'était donc une exhortation d'un grand prélat, précepteur du roi, à se faire aimer de son peuple, à ne pas l'écraser d'impôts et à le protéger. Il faut cependant replacer cette poule au pot dans son contexte. Hardouin de Perefixe nous parle de laboureur : le laboureur était à cette époque un paysan aisé ou riche, qui possédait un attelage de boeufs ou de chevaux pour labourer ses terres. Le laboureur était l'élite de la paysannerie, et cette phrase ne s'adressait donc pas à l'ensemble de la paysannerie.
D'autre part, cette phrase s'insère dans la politique d'Henri IV de restaurer la richesse des campagnes après 40 ans de guerres de religion. Elle va dans le même sens que la phrase de Maximilien de Béthune, baron de Rosny, puis duc de Sully : « Labourages et pâturages sont les deux mamelles de la France », et dans l'encouragement des travaux de l'agronome Olivier de Serres.

Les guerres civiles avaient ruiné la France(...)


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