La viande : son rôle dans l’évolution des hominidés

Une conférence de Marylène Pathou-Mathis et de Jacques Fricker à l’Institut de Paléontologie Humaine
La viande a-t-elle joué un rôle dans la longue histoire de notre espèce : les hominidés ? Marylène Pathou-Mathis, directrice de recherche au Muséum d’Histoire Naturelle, préhistorienne, archéo-zoologue aborde cette question au cours d’une conférence organisée par l’Institut de Paléontologie Humaine, à Paris. Jacques Fricker, docteur en médecine et en sciences prend ensuite la parole sur l’intérêt de manger de la viande de nos jours.


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Date de mise en ligne : 10 janvier 2010

Conférence enregistrée le jeudi 10 décembre 2009

Ecoutez dans cette émission une conférence donnée à l’Institut de Paléontologie humaine, à l’occasion de la sortie de l’ouvrage Les mangeurs de viande édité chez Perrin.

Cette conférence sur l’alimentation au temps de la Préhistoire et à l’époque contemporaine est présentée successivement par Marylène Patou-Mathis, préhistorienne, archéozoologue, directrice de recherches au CNRS et par le docteur Jacques Fricker, docteur en médecine, nutritionniste, ancien interne des hôpitaux de Paris, en présence du journaliste Pierre Kaldy.

L’intérêt d’une conférence sur l’alimentation aujourd’hui et en rapport avec la Préhistoire

En rupture avec les idées véhiculées en ce moment en matière alimentaire, la démarche scientifique défendue par Mme Pathou-Mathis veut rappeler l’utilité de l’alliance de la viande et de la chasse à des fins de consommation. La multiplicité des comportements, l’action de certaines associations et la publicité favorisent la pratique du végétarisme.

- « Nous sommes aujourd’hui dans une époque où il ne faut plus manger de viande. J’ai d’ailleurs reçu, après la publication de mon dernier ouvrage, beaucoup de réactions de la part des végétariens », précise-t-elle.

Malgré les critiques, la consommation de viande est-elle utile pour la survie de l’homme ? Quels en sont les apports pour celui-ci au cours des derniers siècles ? Marylène Pathou-Mathis et Jacques Fricker nous proposent tour à tour de revisiter, à la lumière des productions préhistoriques, historiques et médicales, le passé et le présent pour répondre à ces deux questions.

Les stratégies alimentaires de l’homme préhistorique

Elles sont fonction en premier lieu des évolutions et des conditions climatiques présentes au cours de cette période et des ressources naturelles et végétales au sein d’un espace ou d’un territoire donné.

Comment l’homme a t-il pu devenir en quelques décennies un « mangeur de viande » à l’époque paléolithique (hors domestication des animaux) ? Son premier moyen résulte des innovations dans le domaine de l’outillage, avec l’ébauche peu à peu de véritables armes pour combattre et dépecer les animaux lors des périodes de chasse, comme le montre la multiplication des sagaies et des ossements de grands mammifères. La conférencière resitue la place occupée par l’homme au sein de son espace de vie jusqu’à l’apparition du « genre Homo » tout en le définissant, par sa consommation d’insectes, comme un « omnivore » à part entière.

Avec l’apparition de « l’homme chasseur », et la ré-introduction de notion de « violence » dans les rapports sociaux chez les premiers Homo-sapiens (notion qui ranima par ailleurs, au cours des années 1970, de multiples controverses à l’échelle planétaire entre les défenseurs et les adversaires du féminisme jusqu’à admettre une différenciation de celui-ci avec le terme même de « femme cueilleuse »), c’est désormais l’ « homme-charognard » qui a pris progressivement la place, dans son « environnement animal », de l’ « homme-chasseur » dans l’ensemble des travaux scientifiques produits depuis 1950. Par ce biais, l’analyse est ainsi et davantage exercée sur les animaux morts tués par un prédateur, sur « les gros mangeurs de viande » et sur les « grands chasseurs » à l’époque de Néanderthal qui se nourrissent ou non de gibiers, de mammouths, de rennes, de chevaux, de bisons, de tortues ou d’oiseaux. Prédateur, l’homme cohabite dès lors avec d’autres animaux qui doivent souvent se partager la même proie pour vivre ou survivre. Ces derniers deviennent donc et au cours du temps, de véritables « concurrents » pour l’homme.

La consommation de viande et ses aspects symboliques au temps de la Préhistoire

Pour Marylène Pathou-Mathis, les symboles ont pris peu à peu le pas sur la consommation de viande elle-même au cours de cette période. « On ne mange pas de la viande mais un animal ». Cette primauté des symboles nécessite dès lors de procéder à un rite sacrificiel concernant cet animal. Il résulte ainsi, selon elle, une « élimination du sang » hors de cet animal. Cette procédure doit par ailleurs permettre un « respect plus grand pour l’animal », même si elle diffère selon les peuples et les cultures de par le monde. Mais elle aboutit aussi, pour les derniers chasseurs de la Préhistoire, à instaurer désormais une relation particulière avec l’animal comme cela existe chez les Inuits ou dans « l’art pariétal ».

Les principaux apports et caractéristiques nutritionnels dans l’alimentation en viande et pour l’homme à l’heure actuelle

Le docteur Jacques Fricker insiste, lors de son intervention, sur le rôle joué par les protéines dans l’alimentation et leur implication sur la santé des Français en mettant en garde contre les analyses et les réponses données par les associations végétariennes. Pour lui, l’apport en fer, qui doit être privilégié chez l’enfant, la femme en âge de procréer et les personnes âgées, reste intimement lié à l’apport de viande, au risque de voir apparaître des carences importantes ou des troubles chez les personnes concernées.

La viande n’est donc pas à diaboliser !

Canal Académie et l’Institut de Paléontologie Humaine (qui fête en 2010 ses 100 ans !) sont partenaires. Plusieurs retransmissions de conférences sont proposées parmi nos émissions archivées. Taper dans le moteur de recherche le mot clé "préhistoire".

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