France-Angleterre à Carnavalet : caricatures anglaises au temps de la Révolution et de l’Empire

Avec Pascal Dupuis, maître de conférence à l’université de Rouen
Les caricatures en Angleterre ont existé bien avant les françaises. Comment et pourquoi étions-nous caricaturés outre-manche au XVIII e siècle ? Le musée Carnavalet propose jusqu’au 3 janvier 2010 une exposition sur les caricatures anglaises au temps de la Révolution et de l’Empire. Pascal Dupuis, commissaire de l’exposition présente ces dessins à Anne Jouffroy en soulignant leur intérêt pour les historiens.


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Émission proposée par : Anne Jouffroy
Référence : CARR647
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Date de mise en ligne : 13 décembre 2009

Au musée Carnavalet, musée de l’Histoire de la Ville de Paris, Pascal Dupuis, présente l’exposition, dont il est le commissaire, sur les caricatures anglaises au temps de la Révolution et de l’Empire. Pascal Dupuis est maître de conférence à l’université de Rouen, auteur de nombreux ouvrages et articles relatifs à ce sujet et en 1998 a présenté sa thèse de doctorat sur : « l’Angleterre face à la Révolution : La représentation de la France et des Français à travers la caricature ». Polysémique, la caricature permet de nombreuses strates de lecture et se révèle toujours intéressante à questionner, à déchiffrer. La caricature anglaise, avec James Gillray en particulier, est à son apogée dans la seconde partie du XVIIIe siècle. Depuis le XVIIe une sorte de liberté de la presse permet l’éclosion de la caricature politique à Londres et dans le royaume entier. En France il faut attendre la moitié du XIXe et Honoré Daumier.

Louis XVI prenant congé de sa femme et de sa famille, James Gillray Eau-forte coloriée, 20 mars 1793 Musée Carnavalet © Musée Carnavalet / Roger-Viollet
Louis XVI prenant congé de sa femme et de sa famille, James Gillray Eau-forte coloriée, 20 mars 1793 Musée Carnavalet © Musée Carnavalet / Roger-Viollet

La Révolution Française provoque un flot d’estampes partout en Europe et tout spécialement en Angleterre. L’éternel regard des Britanniques sur le peuple et les personnages historiques français montre les peurs de l’autre côté de la manche : les idéaux révolutionnaires français vont-ils trouver un écho dans l’opinion britannique ? Napoléon Bonaparte va-t-il vraiment envahir le pays comme il semble le projeter ?

Liberté française. Esclavage britannique James Gillray Eau-forte coloriée, 21 déc. 1792 Musée Carnavalet © Musée Carnavalet / Roger-Viollet
Liberté française. Esclavage britannique James Gillray Eau-forte coloriée, 21 déc. 1792 Musée Carnavalet © Musée Carnavalet / Roger-Viollet

Ces inquiétudes soutiennent l’intérêt pour les caricatures. C’est un marché en pleine expansion. Leurs prix montent. On se les prête ; on les loue – assez cher- pour une soirée entre amis ; on les compulse à la devanture des magasins d’estampes. C’est la naissance d’une opinion publique au sein de la bourgeoisie urbaine. Les colporteurs participent à ce mouvement en proposant dans les bourgades des gravures sur bois, donc moins belles et moins chères.

Le chef de la grande nation dans une triste position d'après George Cruikshank Eau-forte coloriée, 1813-1815 Musée Carnavalet © Musée Carnavalet / Roger-Viollet
Le chef de la grande nation dans une triste position d’après George Cruikshank Eau-forte coloriée, 1813-1815 Musée Carnavalet © Musée Carnavalet / Roger-Viollet

La forme caricaturale a des caractéristiques précises : des signes récurrents qui assurent un effet comique, l’accentuation des défauts physiques… et une drôlerie souvent très crue ! Des stéréotypes sont codifiés : des Français arrogants, vaniteux, pleutres et squelettiques... qui se présentent comme des aristocrates alors qu’ils ne sont que des valets… contre John Bull, l’anglais simple, bien nourri, puritain et roturier. Ils sont ravis de se sentir Anglais.

Napoléon, surnommé Little Boney, est la victime absolue jusqu’à la fin des évènements.

Ces caricatures sont un apport très précieux pour les historiens, pour l’image en elle-même, pour les contextes et les retombées historiques à différentes échelles.
Ce sont des miroirs et des alliés de la presse.

L'écriture sur le mur James Gillray Eau-forte coloriée, 24 août 1803 Musée Carnavalet © Musée Carnavalet / Roger-Viollet
L’écriture sur le mur James Gillray Eau-forte coloriée, 24 août 1803 Musée Carnavalet © Musée Carnavalet / Roger-Viollet

En savoir plus :

L’exposition France-Angleterre à Carnavalet : caricatures anglaises au temps de la Révolution et de l’Empire se déroule jusqu’au 3 janvier 2010 au Musée Carnavalet.






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