Chancelier et Restauration

Mot pour mot, la chronique de Jean Pruvost
Chancelier du Roi ou du Reich ? Et que dire de la Chancelière ? Sous la restauration ou dans la restauration ? La royauté nous a laissé bien des mots à sens multiple ! Écoutez Jean Pruvost pour en découvrir l’étymologie. Vous risquez d’être étonné !


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Émission proposée par : Jean Pruvost
Référence : MOTS517
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Adresse de cet article : https://www.canalacademie.com/ida4808-Chancelier-et-Restauration.html
Date de mise en ligne : 30 août 2009

Chancelier, chancelière ou chandelier du Rèche ?

Une belle carrière peut commencer par une balustrade. Le bas latin cancellarius désignait ainsi l’homme de confiance se tenant près de la balustrade qui, au tribunal, séparait le public de la cour de justice. Et cet appariteur, à la frontière du peuple et du pouvoir, devint l’huissier de l’empereur carolingien et le maître de la diplomatie. Puis, à partir du XIIe siècle, en tant que premier officier de la Justice, il fut chargé de garder le sceau royal.
Quant aux ecclésiastiques disposant des sceaux du chapitre, ils furent également appelés chanceliers. Or, ils aimaient à glisser douillettement leurs pieds dans un coussin fourré, il n’en fallait pas plus pour nommer chancelière cet objet de confort. La chancelière désigna aussi la femme du chancelier, et depuis peu, dans l’usage, la femme exerçant la fonction de premier ministre, en Allemagne en l’occurrence.
En 1967, dans Béru contre San Antonio, ledit Béru a bien compris qu’un chancelier, qu’il soit de l’Ordre de la légion d’honneur, du Grand échiquier, ou naguère du Reich, est un grand personnage, et sa langue de fourcher alors avec bonheur : « Y se prend pour le grand chandelier du Rèche, ou quoi ? » Chandelier, au masculin…

La restauration, debout…

Il y a des mots qui doivent toujours lutter pour rester debout. Il en est ainsi de la « restauration ». Pourtant, le bas latin, restauration, renouvellement, avec pour radical latin « stare », être debout, est très encourageant. Revenir debout, c’était un bon commencement. Au reste, en ancien français, la « restauration » ou la « restoreson » correspondait au fait de retrouver la santé. Cependant, jusqu’au XVIIe siècle, le restaurateur n’est pas l’homme à rencontrer, il désigne l’aide-chirurgien qui remet en place un membre cassé !
La restauration commence sa carrière politique française avec le retour des Bourbons en 1815. Quant à la restauration synonyme de gloire internationale culinaire bien méritée, elle nous vient de l’étranger. Vers 1890, la restauration désignait en effet le « restaurant, dans les villes d’eaux des bords du Rhin », dixit Pierre Larousse et, à Neufchâtel, le mets servi, puis par extension l’établissement. Il faudra donc attendre les années 1960 pour qu’elle s’assimile à une branche d’activité. Dans deux très bons dictionnaires, le Petit et le Grand Robert, on trouve l’exemple guère flatteur : « Un mauvais restaurateur ». À revoir. Restons debout !






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