Saint Paul, artisan d’un monde chrétien de Marie-Françoise Baslez

Une chronique de Damien Le Guay
Dans son livre Saint-Paul, artisan d’un monde chrétien, Marie-Françoise Baslez nous éclaire sur la naissance du christianisme. Damien Le Guay revient sur cette lecture qu’il compare avec celles de Paul Veyne, grand spécialiste de la question des origines. Ce dernier se demande « quand » le monde est-il devenu chrétien ? Marie-Françoise Baslez, elle, préfère savoir « comment ? ».


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Émission proposée par : Damien Le Guay
Référence : CHR553
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Date de mise en ligne : 14 juin 2009

Les origines du christianisme sont à l’ordre du jour. Les uns s’interrogent quand d’autres, dans des émissions de télévision, présentent une vision partiale de ces mêmes origines. Il faut donc s’en référer aux spécialistes, à ceux qui travaillent ces questions depuis longtemps pour éviter les anachronisme, les a priori ou les simplifications diffusées dans les médias.

Marie-Françoise Baslez est l’une de ces références universitaires. Elle est professeur d’histoire ancienne à l’université de paris XIII et spécialiste des religions du monde gréco-romain. Elle est l’auteur d’une somme sur Saint Paul : Saint Paul, artisan d’un monde chrétien.

Dans un livre court, fait pour le grand public, elle "répond", en quelque sorte, à Paul Veyne, grand spécialiste lui aussi, sur cette question des origines. Paul Veyne est l’auteur de Quand notre monde est devenu chrétien, (Albin Michel, 2007) et se demandait « quand » notre monde est-il devenu chrétien ? , Marie-Françoise Baslez, elle, préfère se demander « comment » ? Paul Veyne, lui, semblait mettre en relief le choix des individus et les hasards de l’histoire : la conviction intime de Constantin et la défaite d’Eugène à la Rivière Froide scelleraient le destin de l’empire.

Marie-Françoise Baslez, elle, sans nier l’importance de Constantin (mais Nicée compte peut-être plus que la bataille du pont Milvius), cherche à comprendre un phénomène qu’elle replace dans la longue durée. Certes, les chrétiens sont sans doute minoritaires, et de beaucoup, au début du règne de Constantin, mais leur poids social et intellectuel ne se mesure pas, grâce à leur génie des réseaux et à la qualité des fidèles, à leur importance numérique.

Le livre de Marie-Françoise Baslez donne du phénomène de christianisation, durant les trois premiers siècles, une analyse rigoureuse et approfondie. L’un de ses apports est de mettre en évidence combien le christianisme naissant rencontre sur de nombreux points, moraux et intellectuels, les exigences des païens, se nourrit de leurs demandes et tente d’y répondre. Du coup, le choix de Constantin n’apparaît pas comme le coup de tête d’un individu, mais la décision logique d’un membre de l’élite impériale.

Ce livre de Marie-Françoise Baslez, permet de remettre en perspective ces problèmes de la naissance du christianisme pensé plus sur le mode de l’acculturation progressive plutôt que sur celui du choix individuel d’un empereur.

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