L’Académie des beaux-arts et la Villa Médicis : une interview de Frédéric Mitterrand

Renouer les liens entre les deux institutions
La Villa Médicis va être davantage ouverte au public selon les vœux de son actuel directeur, Frédéric Mitterrand, en poste depuis juin 2008. Ce joyau du patrimoine culturel qui abrite l’Académie de France à Rome entretient depuis 1803, des liens profonds avec l’Académie des beaux-arts, à l’Institut de France, à Paris. Qu’en est-il aujourd’hui, plus de quarante ans après la réforme de la Villa Médicis par Malraux en 1961, date à partir de laquelle, d’autres suivront telles que la suppression du prix de Rome et le passage de l’établissement sous la tutelle du ministère des affaires culturelles ?


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Émission proposée par : Marianne Durand-Lacaze
Référence : CARR565
Adresse directe du fichier MP3 : https://www.canalacademie.com/emissions/carr565.mp3
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Date de mise en ligne : 29 mars 2009
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Cette émission a été enregistrée au printemps 2009 alors que Frédéric Mitterrand était directeur de la Villa Médicis.

Frédéric Mitterrand, Canal Académie, le 11 mars 2009
Frédéric Mitterrand, Canal Académie, le 11 mars 2009
© Canal Académie

Le 11 mars 2009, Frédéric Mitterrand était l’invité des membres de l’Académie des beaux-arts pour s’exprimer en séance, en tant que directeur de la Villa Médicis. Une manière pour les deux institutions de renouer des liens distendus depuis la réforme de Malraux. Parmi les académiciens des beaux-arts, nombreux sont ceux qui y ont séjourné. Dans cette interview, Frédéric Mitterrand présente les missions de la Villa Médicis, ses projets pour ce haut lieu de la culture de France et d’Europe et s’exprime sur le rayonnement culturel de la France.

À l’origine, l’Académie de France à Rome fut créée par Louis XIV pour accueillir à la fois les Premiers Prix de Rome et les pensionnaires protégés par les grands seigneurs. Les jeunes artistes de l’époque complétaient leur formation en copiant des antiques ou des peintures de la Renaissance. Aux peintres, sculpteurs et architectes, s’ajoutèrent au début du XVIIIe siècle, les musiciens et les graveurs. L’Académie de France à Rome n’a pas toujours été abritée dans les murs de la Villa Médicis. Elle fit ses débuts en 1666, dans la maison de Sant’Onofrio, puis déménagea de palais en palais pour occuper le palais Cafarelli, au temps des pensionnaires Boucher, Fragonnard, Houdon et David.

Les académies royales, l’Académie française, l’Académie des beaux-arts et les autres ont été supprimées dans la tourmente révolutionnaire. Rétablies en 1795, avec de nouveaux statuts au sein d’une création toute "révolutionnaire", l’Institut de France, elles furent installées en un même lieu, le Louvre dans un premier temps puis le palais du Collège des Quatre Nations, quai Conti en 1805.
A Rome, l’Académie de France changea également de statuts et de lieu. Napoléon choisit la Villa Médicis qui était en vente. Échangée contre le palais Mancini en 1803, à l’issue de laborieuses tractations avec le gouvernement florentin, le nom de la Villa se confondit depuis, avec celui de l’Académie de France à Rome.

Désormais elle fut rattachée à l’Académie des beaux-arts au sein de l’Institut de France. Son concours d’entrée, le fameux Prix de Rome, fut ainsi créé et organisé chaque année par l’Académie des beaux-arts, pendant plus de cent cinquante ans. L’Académie a ainsi introduit de nouvelles disciplines comme la musique et la gravure. Baltard, Garnier, Berlioz, Bizet, Debussy, Carpeaux, Ingres, Cabanel ont séjourné dans la prestigieuse villa qui joua un rôle central dans la vie artistique française.
Pour renouer avec cette période de pensionnaires illustres et sortir l’institution de la sclérose dans laquelle elle sombrait, en 1961, André Malraux, fit nommer le peintre Balthus à la direction de la Villa.
L’artiste fait rénover l’édifice et met en place une politique d’expositions qui donnent à la Villa Médicis une place éminente dans la vie culturelle de Rome. Balthus a surtout l’idée de faire de ce palais tant aimé des habitants de Rome, un haut lieu de manifestations culturelles et artistiques en y faisant aménager de nouvelles salles d’expositions.
Avec la réforme de 1971 et la suppression du prix de Rome, dont les étudiants avaient réclamé la suppression en 1968, le mode de recrutement, les conditions de séjour et l’éventail des disciplines furent profondément modifiés. L’Académie de France est détachée de la tutelle de l’Académie des beaux-arts et doit s’inscrire comme un lieu idéal de rencontres culturelles entre la France et l’Italie. L’histoire de l’art, la photographie, le cinéma et la littérature, le design et la scénographie, ainsi que l’art culinaire sont représentées au sein de la Villa Médicis, faisant passer le nombre de pensionnaires de 12 à 22. Enfin, l’Académie de France à Rome n’est plus réservée aux seuls citoyens français mais à ceux de l’Europe et de la francophonie.

Pour en savoir plus

- Académie de France à Rome, Villa Médicis
- Académie de beaux-arts






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