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Les menaces biologiques, biosécurité et responsabilité des scientifiques

avec Henri Korn, Patrick Berche et Patrice Binder
Comment limiter la dissémination de connaissances scientifiques (publication du séquençage complet du bacille du charbon ou de la peste par exemple) pour éviter tout détournement à des fins militaires, sans pour autant nuire à la liberté de la recherche ? Henri Korn, Patrick Berche et Patrice Binder se sont penchés sur cette question, dans l’ouvrage Les menaces biologiques, Biosécurité et responsabilité des chercheurs.


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Référence : ecl548
Adresse directe du fichier MP3 : https://www.canalacademie.com/emissions/ecl548.mp3
Adresse de cet article :
Date de mise en ligne : 3 mai 2009

On estime actuellement qu’il existe 60 conflits armés dans le monde, qu’il s’agisse de l’Irak, de l’Afghanistan, du Darfour ou de la Somalie pour ne citer que quelques pays. Et c’est sans compter les crises plus ou moins sévères.
En offensive ou en défensive, les parties se défendent avec des armes plus ou moins de pointe, allant jusqu’aux armes chimiques utilisées par Saddam Hussein et son cousin Ali le chimique pour exterminer la population Kurde en Irak en 1988.

Qu’ils le veuillent ou non les scientifiques, jouent un rôle dans le « perfectionnement de l’art de la guerre ».
Les biotechnologies sont duales. Elles peuvent servir à des fins « positives » : l’objectif est alors de développer des applications utiles au développement, au bien être, à la sécurité, à la prospérité humaine. Mais elles peuvent servir à contrario à des fins « négatives », lorsque ces technologies sont utilisées à des fins agressives pour concevoir des systèmes d’armes de « destruction massives » ou causant des « maux superflus. »

Dans ce contexte, se pose donc la question de la responsabilité des scientifiques, en particulier des biologistes, dans les choix de thématiques de recherche, de diffusion des connaissances…

Mais peut-on limiter la propagation des connaissances avec des risques d’emploi maléfique sans nuire à la liberté de la recherche ?

Ecoutez les trois auteurs du rapport Les menaces biologiques Biosécurité et responsabilité des scientifiques, paru aux PUF en octobre 2008, Henri Korn, Patrick Berche et Patrice Binder.
Henri Korn est membre de l’Académie des sciences, président du comité Sciences et Sécurité à l’Académie, professeur honoraire à l’Institut Pasteur et directeur de recherche émérite à l’INSERM.
Patrick Berche est professeur de microbiologie et doyen de la faculté de médecine Paris Descartes.
Patrice Binder est médecin général inspecteur, ancien directeur de l’Institut de médecine aérospatiale du service de santé des armées, Président du Conseil scientifique du réseau des Laboratoires Biotox Piratox.

Sont abordés au cours de cette émission :
- L’intérêt que portent les scientifiques quant à l’exploitation de leurs recherches. Exemple est donné à travers le manifeste Russell Einstein (Ce manifeste mettait en lumière les dangers créés par les armes nucléaires et appelait les principaux dirigeants du monde à rechercher des solutions pacifiques aux conflits internationaux).

Patrick Berche
Patrick Berche

- Patrick Berche évoque quelques exemples d’armes biologiques dans l’histoire du XXe siècle, notamment des essais d’armes utilisant la variole, la peste et le charbon sur l’île Vozrozdenija en Union soviétique, île abandonnée officiellement en 1992.
Il développe aussi l’épisode tristement célèbre du Docteur Wouter Basson, ou « docteur la mort » en Afrique du sud. Ce dernier avait mis au point des armes capables d’exterminer et de stériliser sélectivement la population noire, pendant l’apartheid.



Henri Korn et Patrice Binder
Henri Korn et Patrice Binder

Dans une dernière partie d’émission Patrice Binder et Henri Korn évoquent :
- La législation nationale et internationale en matière de manipulation d’agent infectieux notamment la convention de Genève de 1972 sur l’interdiction du développement de la fabrication et du stockage des armes biologiques et à toxines

- Les recommandations de l’Académie des sciences parmi lesquelles :

  • L’organisation d’un forum national, associant l’ensemble des corps et ministère concernés
  • L’intensification de la coordination au niveau international international.
  • La création d’un comité national pour la biosécurité destiné à évaluer les risques de dangerosité (qui concerne au total moins de 1% de la recherche) et à servir d’interface entre tous les acteurs concernés, (analogue au National Science Advisory Board for Biosecurity (NSABB) de l’Académie des Sciences des Etats-Unis).
  • Un code de conduite définissant des règles et un « serment d’Hippocrate » étendu aux chercheurs et à tous les acteurs en Sciences de la vie.

En savoir plus :

- Henri Korn, membre de l’Académie des sciences, président du comité Sciences et sécurité à l’Académie des sciences
- Henri Korn sur Canal Académie

- Le blog de Patrick Berche

Henri Korn, Patrick Berche, Patrice Binder, Les menaces biologiques, éditions des PUF, 2008