La Connaissance des Temps, les éphémérides de Lalande

Par Guy Boistel, Docteur en Histoire des sciences et des techniques
Transformée en almanach nautique par Jérôme Lalande en 1759, la Connaissance des Temps gardera sa connotation maritime dans son contenu jusqu’au début du XXe siècle et dans son titre jusque dans les années 1970, alors que les marins s’étaient depuis longtemps tournés vers d’autres éphémérides, davantage en adéquation avec leurs besoins. A travers l’histoire de la publication de ce document, Guy Boistel évoque aussi l’histoire du Bureau des longitudes.


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Date de mise en ligne : 29 mars 2009


Extrait de la <i>Connaissance des Temps</i> pour 1808
Extrait de la Connaissance des Temps pour 1808

La Connaissance des Temps fut-elle vraiment un "bréviaire" pour les astronomes et les marins ?

Les premières éphémérides vraiment destinées aux astronomes pour faire progresser notre connaissance du système solaire et de la Terre apparurent avec la Connaissance des Temps dont le premier volume parut à Paris en 1679. Celui-ci se bornait à annoncer aux astronomes les principaux phénomènes et à leur fournir les calculs nécessaires aux réductions de leurs observations journalières. On y trouvait les levers et couchers du Soleil, de la Lune et des cinq planètes connues, Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne, leurs passages au méridien de Paris, leurs longitudes, leurs latitudes et leurs déclinaisons. Au XVIIIe siècle, Lalande construisit ensuite les tables du Soleil et des planètes qui servirent de base aux éphémérides publiées dans la Connaissance des Temps jusqu’en 1808. En 1767 paraît à Londres le Nautical Almanac and Astronomical Ephemeris, éphéméride de même nature destinée également à contribuer à l’amélioration de l’astronomie, de la Géographie et de la Navigation.

Joseph Jérôme Lefrançois de Lalande (1732-1807)
Joseph Jérôme Lefrançois de Lalande (1732-1807)

Au cours des années 1770-1825, Laplace étudie les conséquences de l’application de la loi de la gravitation de Newton sur le mouvement des corps du système solaire et résout plusieurs problèmes concernant les théories planétaires. La plupart des tables du Soleil et des planètes utilisées dans la Connaissance des Temps durant la première moitié du XIXe siècle, sont issues de ses travaux.

La représentation de ces éphémérides a évolué au cours du temps.
Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, la Connaissance des Temps présentait les éphémérides des astres mois par mois, le Soleil de jours en jours et les planètes de six jours en six jours.

A partir de 1838, les éphémérides sont publiées corps par corps. Elles sont journalières pour le Soleil, de trois jours en trois jours pour Mercure, de six jours en six jours pour Vénus et Mars, de huit jours en huit jours pour Jupiter, de dix jours en dix jours pour Saturne et de quinze jours en quinze jours pour Uranus. En 1863, les éphémérides deviennent journalières pour Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne et de quatre jours en quatre jours pour Uranus et Neptune.

Aujourd’hui, il faut citer des éphémérides plus spécialisées dans lesquelles les positions des corps célestes sont données dans un but utilitaire. Par exemple les éphémérides nautiques françaises et le Nautical Almanac anglo-américain sont publiées pour permettre aux marins de faire le point en mer et sont là pour suppléer une panne du système GPS.
L’éphéméride peut enfin donner des représentations graphiques ou des coefficients pour polynômes, dans le cas des éphémérides de haute précision, qui nécessitent alors l’emploi d’une calculatrice de poche ou d’un micro ordinateur. C’est le cas de la Connaissance des temps. Elle est utilisée depuis 1979 pour la programmation manuelle des télescopes ou plus simplement pour les tests et les contrôles de programmation plus complexe.

Ecoutez Guy Boistel, Docteur en Histoire des sciences et des techniques. Il examine l’histoire de la plus vieille éphéméride astronomique sous l’angle des relations (souvent orageuses), entre astronomes et marins, entre ses éditeurs et ses utilisateurs, mettant ainsi à jour une histoire humaine mouvementée qui est longtemps demeurée cachée derrière ces redoutables colonnes de chiffres.

En savoir plus :

- Poursuivez sur l’histoire des éphémérides sur le site de l’Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides (IMCCE)

- Joseph Jérôme Lefrançois de Lalande était membre de l’Académie des sciences. Cliquez ici pour consulter sa fiche

- Cette conférence s’est déroulée en février 2009 au Bureau des longitudes, à l’Institut de France. Toutes les conférences du Bureau sont ouvertes au public. Accédez à leur site pour connaître les prochains thèmes des conférences : www.bureau-des-longitudes.fr

- Guy Boistel est Docteur en Histoire des sciences et des techniques. Il a notamment publié Observatoires et patrimoine astronomique français en 2006 aux éditions de l’ENS, collection Cahiers d’Histoire et de Philosophie des Sciences, 2006.
- Guy Boistel publiera prochainement Une histoire de la Connaissance des Temps, 1678-1905






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