Les archives nationales de la France de Jean-Pierre Babelon, de l’Académie des inscriptions et belles-lettres

Jacques Rigaud a lu ce "Découvertes-Gallimard" rédigé par Jean-Pierre Babelon
Jacques Rigaud s’est intéressé au Découvertes-Gallimard consacré aux Archives nationales de France dont l’auteur est Jean-Pierre Babelon, de l’Académie des inscriptions et belles-lettres. Il termine sa chronique en conseillant aussi le livre de Jacques Julliard L’argent, Dieu et le diable


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Émission proposée par : Jacques Rigaud
Référence : CHR530
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Date de mise en ligne : 15 février 2009

En cette période du 200 ème anniversaire de l’installation des Archives nationales au palais de Soubise, dans le Marais à Paris, Jean-Pierre Babelon a publié un « Découvertes Gallimard » intitulé « les Archives nationales de la France ».

Les Archives, Jacques Rigaud le rappelle, participent de la mémoire de l’Etat et de la Nation. On y trouve tous les documents de souveraineté du pays et d’innombrables documents témoins de la vie quotidienne des Français. Elles sont fréquentées par un public de chercheurs, d’administrateurs, d’historiens et par ceux, nombreux, qui se passionnent pour la généalogie. On y trouve des trésors, les textes mérovingiens, le procès des Templiers, le journal de Louis XVI, les écrits de Napoléon, le serment du Jeu de Paume, la loi de 1905 ou celle sur les congés payés, bref, tous les souvenirs et tous les documents à valeur juridique qui nous font notre Histoire.

Jean-Pierre Babelon, l’auteur, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, est lui-même archiviste, chartiste, ancien conservateur de Versailles entre 1989 et 1996, c’est un « homme-ressources », comme on dit, un homme de mémoire. Jacques Rigaud se souvient de l’avoir interrogé : « que fit-on à Versailles lorsque le Roi, la Reine et le Dauphin l’eurent quitté ? ». Réponse de J.P. Babelon : « on fit des travaux ! ».

Ce livre, comme tous ceux de la collection Découvertes Gallimard, est admirablement illustré, fort clair, plaisant à lire même si l’histoire des Archives est longue et complexe. Il est à la fois d’une exactitude rigoureuse et sans austérité.

Des archives autrefois dispersées

Du temps des rois, le chartrier royal emportait avec lui ses archives pour suivre la Cour… sous l’Ancien Régime, il n’y avait pas de service des archives. Les principaux documents étaient conservés sous la Sainte-Chapelle (dans le Trésor des chartes) alors que bien d’autres pays en Europe avaient déjà institué un tel service. En France, pendant longtemps (jusqu’au XVII ème siècle), il a été difficile de distinguer les biens propres du roi de ceux de la couronne. Ce qui fait que les archives étaient dispersées en de nombreux lieux de dépôt, les abbayes, les parlements de province. En 1780, on répertoriait environ 5700 lieux de dépôt !

Un bienfait de la Révolution

C’est à la période révolutionnaire que l’on doit la création du service des archives. Dès la Constituante, en effet, dès juillet 1789, tous les travaux de l’Assemblée sont conservés. Camus est nommé garde des archives. En 1994, il est déclaré que tout citoyen peut avoir accès aux archives.

Jacques Rigaud souligne combien la Révolution, qui fut si destructrice à bien des égards, notamment envers les archives de l’Eglise et de l’aristocratie, entreprit un véritable travail de conservation de sa propre mémoire en vue de l’éducation du peuple. En 1996, le service des archives est aussi réparti au niveau des départements, et on ne peut ignorer le rôle de Guizot (de l’Académie des sciences morales et politiques).

A l’Hôtel de Soubise

Sous le Consulat et sous l’Empire, le service public des archives prend tournure, Napoléon voulant l’installer dans la grande galerie du Louvre. Il avait soutenu un autre projet dans l’Ile aux Cygnes (auprès des Invalides) mais finalement, c’est à l’Hôtel de Soubise, grâce à Camus, toujours lui, et à Daunou, que les Archives nationales prennent place.

Une école pour les chartistes

La Restauration se souciera de la formation des archivistes en créant, en 1821, l’Ecole des Chartes. Une école qui compte parmi les « corps savants du patrimoine », et qui forme à trois disciplines essentielles : la paléographie (déchiffrement), la sigillographie (lecture des sceaux) et la diplomatique (étude des formes rédactionnelles).

Rappelons que Georges Bataille, Roger Martin du Gard, Régine Pernoud, furent de distingués archivistes. Et que les Archives nationales comptèrent plusieurs académiciens comme directeurs dont André Chamson, de l’Académie française, et Jean Favier, de l’Académie des inscriptions et belles-lettres. L’actuel directeur est Martine de Boisdeffre.

Aujourd’hui, outre les Archives nationales de France situées à Paris, on a établi les archives concernant l’Outre-mer à Aix en Provence, celles concernant le travail à Roubaix, et celles des ministères et administrations à Fontainebleau.

Jean-Pierre Babelon, dans son ouvrage, ne manque pas de souligner le problème posé par la prolifération des documents y compris numériques. Et Jacques Rigaud ne peut que recommander la lecture de ce livre.

Sa chronique se termine par une « relecture » conseillée, celle des œuvres de Peguy, Claudel et Bernanos, ainsi que le fait Jacques Juilliard dans son livre « L’argent, Dieu et le diable » paru aux éditions Flammarion (voir notre émission) : Chacun de ces auteurs se situe en dehors des courants de son époque, et même en opposition, préfigurant ainsi une part de la société moderne.

Découvrir les Archives de France :

http://www.archivesdefrance.culture.gouv.fr/

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