Les mots des religions : Hus, Zwingli, Luther, les réformateurs

Avec le pasteur Claudette Marquet et Virginia Crespeau
Avec le pasteur Claudette Marquet, retrouvez les tout premiers fondateurs de la Réforme : le tchèque Jan Hus, le suisse Ulrich Zwingli et l’allemand Martin Luther. Ces courts portraits permettent de cerner l’apport de chacun dans le courant de la Réforme.


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Émission proposée par : Virginia Crespeau
Référence : tor510
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Date de mise en ligne : 5 avril 2009

Jan Hus ou Jean Huss, est un théologien, un universitaire et un réformateur religieux tchèque. Son excommunication en 1411, sa condamnation par l’Église pour hérésie, puis sa mort sur le bûcher en 1415, lors du Concile de Constance, enclenchent un processus qui mène à la création de l’Église hussite puis aux croisades contre les hussites. Le Protestantisme voit en lui un précurseur. La langue tchèque lui doit sa diacritique (le háček). Les Tchèques ont fait de lui l’allégorie de leur nation face à l’oppression catholique, impériale et allemande : c’est un héros national commémoré chaque 6 juillet, jour de sa mort sur le bûcher, par un jour férié.

Zwingli est né en 1484 dans une famille paysanne fortunée et très religieuse. Tout jeune, il est confié à un oncle prêtre qui lui enseigne les rudiments du latin. Il étudie ensuite à Bâle, Berne et Vienne et s’inscrit en 1502 à l’Université de Bâle où il obtient en 1502 le grade de maître es arts. A 22 ans, doté d’une bonne culture scolastique et d’une très bonne formation humaniste, il est nommé curé de Glaris. Contrairement à Luther, moine en son couvent, Zwingli est très présent au monde. Particulièrement actif dans sa paroisse, il continue à se former et apprend le grec en 1513. Par ailleurs, il s’intéresse également à la vie de sa cité. Il participe en particulier, comme aumônier des Suisses à la solde du pape, aux célèbres batailles de Novare (1512) et de Marignan (1515). Il devient ensuite prédicateur d’un sanctuaire célèbre puis prédicateur et curé de la cathédrale de Zurich. C’est là qu’il devient petit à petit un authentique réformateur. Durant toutes ces années, Zwingli doit lutter contre sa nature humaine. Sans véritablement douter de son salut et donc partir à sa recherche comme Luther, ce qui marque le plus Zwingli c’est sa difficulté à vivre dans la sainteté. Il trouvera la paix dans le pardon du Christ rédempteur, à partir des mêmes textes que Luther, mais indépendamment de lui, tout au moins au début. Dès lors, il va pouvoir s’attaquer à sa vocation de réformateur. Zwingli s’intéresse à la vie publique de la cité dont il est le curé. Il n’hésite pas à intervenir par la prédication ou la plume. Ses écrits, quoique moins nombreux que ceux de Luther, sont aussi très intéressants. Il est même élu au grand conseil de la ville de Zurich. On peut considérer qu’il passe définitivement à la Réforme à partir de 1523 avec la rédaction des 67 Thèses qu’il rédige pour participer à la première dispute de Zurich qui se tient le 29 Janvier 1523. Dans cet écrit très intéressant on peut repérer les thèmes centraux de la pensée théologique de Zwingli : la souveraineté absolue de Dieu d’où découle le salut donné gratuitement à l’être humain d’une part et l’autorité de la Bible d’autre part.

Martin Luther, né vers 1483 à Eisleben et mort le 18 février 1546 dans la même ville, est un moine augustin allemand, théologien, professeur d’université, père du protestantisme et réformateur de l’Église dont les idées exercèrent une grande influence sur la Réforme protestante, qui changea le cours de la civilisation occidentale. Il défia l’autorité papale en tenant la Bible pour seule source légitime d’autorité religieuse. Selon Luther, le salut de l’âme est un libre don de Dieu, reçu par la repentance sincère et la foi authentique en Jésus Christ comme le Messie, sans intercession possible de l’Église. Il reçut, le 3 janvier 1521, la bulle Decet romanum pontificem qui lui signifiait son excommunication. Suite aux nombreux débats théologiques du Haut clergé, l’empereur du Saint-Empire romain germanique et roi d’Espagne, Charles-Quint, convoqua Martin Luther en 1521 devant la diète de Worms (Rhénanie-Palatinat, Allemagne). Un sauf-conduit lui fut accordé afin qu’il puisse s’y rendre sans risques. Face à l’empereur, il refusa à nouveau de se plier aux exigences de l’Église, il proclama notamment : Votre Majesté sérénissime et Vos Seigneuries m’ont demandé une réponse simple. La voici sans détour et sans artifice. A moins qu’on ne me convainque de mon erreur par des attestations de l’Écriture ou par des raisons évidentes - car je ne crois ni au pape ni aux conciles seuls puisqu’il est évident qu’ils se sont souvent trompés et contredits - je suis lié par les textes de l’Écriture que j’ai cités, et ma conscience est captive de la Parole de Dieu ; je ne peux ni ne veux me rétracter en rien, car il n’est ni sûr, ni honnête d’agir contre sa propre conscience. Me voici donc en ce jour. Je ne puis autrement. Que Dieu me soit en aide. Il fut mis au ban de l’empire mais accueilli au château de son ami l’Électeur de Saxe Frédéric le Sage, la Wartburg, là où il composa ses textes les plus connus et les plus diffusés grâce, entre autres, à l’imprimerie à caractères mobiles et en alliage de Gutenberg. Sa traduction de la Bible en allemand, langue vernaculaire, rapprocha le peuple des Saintes Écritures et eut un impact culturel primordial, en permettant la large diffusion d’un standard de la langue allemande et en donnant des principes généraux sur l’art de la traduction

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- Les mots des religions : la Réforme
- Les mots des religions : protestantisme, Calvin et la Réforme
- et aussi Le Musée international de la Réforme






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