Portrait de Jacques Le Goff

L’écrivain livre ses confidences à Elizabeth Antébi
Avec Elizabeth Antébi
journaliste

Jacques Le Goff, fils de breton et de méditerranéenne, a bouleversé la manière d’aborder le Moyen Âge. Entre anecdotes et confidences, il livre à Elizabeth Antébi des passages de vie exaltants.

Émission proposée par : Elizabeth Antébi
Référence : par504
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Élève, puis successeur de Fernand Braudel, Jacques Le Goff a adapté les théories des historiens des Annales à ses propres recherches, observant tous les phénomènes des périodes qu’il étudie mais restituant aussi la coloration psychologique des rois comme celle du peuple.



Né à Toulon en 1924, il apprend très tôt à rejeter l’esprit partisan et le racisme. Puis il monte à la capitale, entre en hypokhâgne à Louis-le-Grand en 1944 et réussit le concours de l’École normale supérieure. Bénéficiant d’une bourse, il se retrouve à Prague (1947-1948), au moment du « coup de Prague » qui le détourne des rangs communistes. Dix ans plus tard, agrégé d’histoire, membre de l’École française de Rome, entré à l’EHESS dont il deviendra directeur des études (1972-1977), il publie son premier grand livre sur le Moyen Âge, Marchands et banquiers au Moyen Age (1957). L’un de ses ouvrages majeurs reste La Naissance du Purgatoire (1981) où il s’interroge sur l’invention (tardive) par l’Eglise catholique de cette « salle d’attente » des âmes indécises. Et il consacre seize ans de sa vie à écrire une somme biographique sur Saint-Louis (1995).

Pour Jacques Le Goff, le Moyen Âge commence en 476 ap. J.-C., avec l’effondrement de l’Empire romain, mais ne s’achève pas en 1492 avec Christophe Colomb et la découverte de l’Amérique. Cette époque brillante et lumineuse, tout le contraire de l’obscurantisme précise-t-il souvent, s’achève de son point de vue au moment des Lumières.

De sa vie personnelle, Jacques Le Goff évoque la Pologne et son meilleur ami, l’historien et homme politique européen Bronislaw Geremek, disparu en 2008._



Ce professeur d'histoire et homme politique polonais, né à Varsovie en 1932 et décédé en juillet 2008 près de Lubień en Pologne, a fondamentalement marqué notre interlocuteur. Juif rescapé du ghetto de Varsovie dont il a réussi à échapper en 1943, l'engagement politique et social de Bronislaw Geremek a clairement eu une incidence sur nombre d'intellectuels français. Il étudie en France en 1956, à l’École pratique des hautes études et fin 1962, il prend la direction du Centre de civilisation polonaise qui vient d’être créé à la Sorbonne et qu'il conservera jusqu'en 1965.

En savoir plus :

Jacques Le Goff a publié fin 2008 chez Gallimard un livre en mémoire de son épouse : Avec Hanka, livre émouvant où l'historien mêle l'amour, l'avenir, la nature, l'histoire, l'espace et le temps, médite sur la mort, se souvient de ses voyages avec elle...




Ecoutez Geremek :

Ecoutez la communication en séance de l'Académie des sciences morales et politiques :


A écouter aussi :

Notre interview Jacques Le Goff : l’historien-détective et le roman policier.

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