Glen W. Bowersock : le monde gréco-romain, aperçus d’une œuvre immense

L’historien et philologue américain Glen W. Bowersock, associé étranger de l’Académie des inscriptions et belles-lettres
L’historien américain Glen W. Bowersock recourt aux sources littéraires, dites de fiction au même titre qu’à l’épigraphie, l’archéologie, la numismatique, les témoignages de l’art. Dans ces conditions, jongler entre le vrai, les faits, l’histoire d’une part, et la vraisemblance, la fiction, le mythe d’autre part, légitime sa démarche de chercheur pour décrypter la civilisation gréco-latine. Écoutez l’interview de cet historien et philologue de renommée mondiale.


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Émission proposée par : Marianne Durand-Lacaze
Référence : HAB511
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Date de mise en ligne : 14 décembre 2008


Glen Warren Bowersock, associé étranger de l'Académie des inscriptions et belles-lettres
Glen Warren Bowersock, associé étranger de l’Académie des inscriptions et belles-lettres
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Qu’il s’intéresse à l’Arabie orientale, aux martyrs chrétiens à Rome, au Satyricon de Pétrone, aux Éthiopiques d’Héliodore, aux rêves décrits dans les sources, au texte de l’Apocalypse ou à Julien l’Apostat, Glen Warren Bowersock compte la chronologie et la rigueur pour essentielles dans ses analyses.

Il a étudié à ses débuts, les parties orientales de l’empire romain. Puis ses centres d’intérêt se sont déplacés vers les marges de l’empire. Ses livres et ses articles traitent ainsi de l’histoire de l’empire romain, de Néron au VIe siècle, dans ses rapports avec les cultures orientales de l’empire : la Grèce, la Syrie, la Palestine, l’Arabie pré-islamique. Il a étudié les textes littéraires et religieux de ces régions, en connaît les diverses langues. Parmi ces très nombreuses publications, citons : Auguste et le monde grec (1965), Les sophistes grecs dans l’empire romain (1969), L’Arabie romaine (1983), L’hellénisme dans l’Antiquité tardive (1990) où il montre les transformations de l’image de Dionysos au contact du christianisme, La fiction comme histoire (1994) où il met en relation les romans grecs et les légendes impériales sur les rêves et les résurrections et Martyrdom and Rome (1995). Peu de ses ouvrages sont traduits en français, signalons : Rome et le martyre (Éditions Flammarion 2004), Le mentir-vrai dans l’Antiquité (1993, publié en français en 2007, Éditions Bayard) et Julien l’Apostat (Armand Colin, 2008). Il collabore à de très nombreuses revues et encyclopédies. Son érudition et sa démarche font le lien entre des disciplines ordinairement séparées en histoire.

Il a enseigné à ses débuts, à l’Université d’Oxford, à l’Université de Harward, puis à l’université nationale d’Australie à Canberra, et à partir de 1980, à l’Institute for Advanced Study à Princeton.

Couvert d’honneurs et de distinctions, invité par de très nombreuses universités, un peu partout dans le monde, cet helléniste et historien de l’antiquité romaine est venu à Paris en novembre 2008, pour célébrer le dixième anniversaire de la création du fonds Louis Robert de l’Académie des inscriptions et belles-lettres.
Glen W.Bowersock avant d’être élu correspondant (1994) à l’Académie des inscriptions et belles-lettres était lié d’amitié avec Louis Robert, membre de l’Académie et avec les savants Ronald Syme et Arnaldo Momigliano, tous deux, membres associés étrangers de l’Académie. Il fut élu membre associé étranger, à son tour, en 1996.

En 1998, sur l’offre du Secrétaire perpétuel Jean Leclant, Jeanne Robert légua à l’Académie l’intégralité des archives de son époux Louis Robert.
Glen W. Bowersosk est le gérant de ce fonds qui comprend 3497 estampages, des cartes, des photographies, des moulages de monnaies, des notes et des carnets, patiemment accumulées au cours des missions menées par Louis Robert.

Dans son ouvrage Le mentir-vrai dans l’Antiquité (1993), publié en français en 2007 (Éditions Bayard), Glen W.Bowersock rappelait qu’Eric Dodds et Ben Perry avaient été les pionniers de l’étude de la fiction antique aux États-Unis. Au temps de l’empereur Marc Aurèle, les fictions sur le passé comme sur le présent, ont connu une production en très nette augmentation. L’histoire était sans cesse réinventée, le passé mythique réécrit et le présent noyé sous les miracles en tout genre. Si bien qu’à compter des auteurs Lucillus (poète satirique grec) et de Martial, l’intrusion de la fiction dans ce que l’on prenait pour de l’histoire devint la norme. Les auteurs eux-mêmes en avaient conscience. La distinction entre le mythe et l’histoire n’était pas recherchée mais certains s’interrogeaient sur ces confusions. Ainsi, Lucien, l’auteur de Histoires vraies, put parler d’histoires vraies, tout en reconnaissant publiquement qu’il racontait des mensonges. Pour Glen W.Bowersock, prendre en compte la fiction pour donner une interprétation cohérente de l’empire romain, est une évidence. Il s’est donc intéressé à l’immense corpus des récits de fiction, comme de nombreux historiens au cours des dernières décennies, apportant un éclairage nouveau sur le christianisme et les autres religions de l’empire.

En savoir plus

- Biographie de Glen W. Bowersock, professeur émérite de la School of Historical Studies à l’Institute for Advanced Study, localisé à Princeton (New Jersey) ;
- Bibilographie de Glen Bowersock ;

Louis Robert de l'Académie des inscriptions et belles-lettres (1904-1985)
Louis Robert de l’Académie des inscriptions et belles-lettres (1904-1985)

Le fonds Louis Robert à l’Académie des inscriptions et belles-lettres






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