Portalis, père du Code civil

Un ouvrage de Jean-Luc Chartier
Père du Code civil, Jean-Etienne-Marie Portalis, de l’Académie française, reste peu connu du grand public. L’historien et avocat Jean-Luc Chartier, son biographe, revient sur son parcours politique et intellectuel.


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Émission proposée par : Christophe Dickès
Référence : hist031
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Date de mise en ligne : 1er janvier 2005


Le 18 mars 1804, le Code civil est achevé. Elaboré principalement par Portalis, ce dernier a aussi participé à l’application du Concordat. Homme de la continuité, Portalis apparaît comme un réconciliateur au sortir des troubles révolutionnaires, sous le Consulat puis l’Empire.

Ni par sa génération, ni par ses origines sociales, ni par son éducation intellectuelle, ni par ses idées et sa vision du monde, Jean Etienne Marie Portalis (1746-1807) ne semblait devoir prendre part à la geste napoléonienne... C’est pourtant lui qui, peut-être, a bâti le plus solide de ce qu’ont légué à la France le Consulat et l’Empire : le Concordat a ramené pour longtemps la paix religieuse et avec elle la paix intérieure ; le Code civil - promulgué il y a tout juste deux siècles, en 1804 - a établi sur une France durement secouée par l’Histoire une législation uniforme, synthèse du droit d’Ancien Régime et des idées nouvelles, sur laquelle repose toujours notre droit et qui a, depuis, inspiré les lois de dizaines de pays dans le monde.

Juriste formé à l’ancienne - il a été avocat à Aix-en-Provence durant vingt-cinq ans -, philosophe (ses travaux de philosophie du droit sont remarquables), homme de caractère loyal, désintéressé, généreux même en un temps où il fut si tentant de ne travailler qu’à son propre profit, Portalis a contribué à laïciser la société française à travers le Code civil, tout en la rechristianisant par le Concordat et sa gestion à la tête du ministère des Cultes. En faisant pour la première fois toute leur place dans la nation aux juifs et aux protestants, ce catholique patriote s’est montré un authentique fils des Lumières.

Autant de traits et de titres de gloire qui justifient, en cette année de bicentenaire du Code civil, la publication d’une biographie fouillée et attentive du plus grand juriste français moderne, homme de pensée et homme d’action.

Bibliographie
- Portalis, père du Code civil, Ed. Fayard, 2004

A propos de Jean-Etienne-Marie Portalis

Homme politique, philosophe, avocat, Jean-Etienne-Marie Portalis est né au Beausset (Provence), le 1er avril 1746.

Il fut incarcéré à la fin de la Terreur ; député aux Cinq-Cents, il devint président de cette Assemblée ; proscrit au 18 fructidor, il rentra au 18 brumaire, fut ministre des Cultes en 1804 et ministre de l’Intérieur par intérim la même année et Grand-croix de la Légion d’honneur. Philosophe, orateur et jurisconsulte, il ne fit pas partie de l’Institut, mais l’organisation de 1803 le plaça dans la deuxième classe où il occupa le fauteuil du comte de Choiseul-Gouffier ; il participa à la rédaction du Code Napoléon et du Concordat.
Il est mort le 25 août 1807.

Ses œuvres

- 1766 - Sur la distinction des deux puissances
- 1770 - De la validité des mariages des protestants en France
- 1788 - Examen impartial des édits du 8 mai 1788
- 1806 - Éloge d’Antoine Séguier
- 1820 - De l’usage et de l’abus de l’esprit philosophique au XVIIIe siècle, 2 vol.
- 1845 - Discours, rapports et travaux sur le concordat de 1801

A propos de Jean-Luc Chartier [1]

Sa carrière

Jean-Luc Chartier
Jean-Luc Chartier

- Avocat à la cour d’appel de Paris (depuis 1970)
- Membre, Vice-président puis Président du comité scientifique de la Fondation droit 2000 du Barreau de Paris
- Secrétaire général adjoint de l’Association des anciens agréés près du tribunal de commerce de Paris
- Membre de l’Association française pour l’histoire de la justice, de l’Association française de philosophie du droit, de l’Association française de sociologie du droit
- Membre de Droit et démocratie, de l’Association française de droit de l’informatique et de la télécommunication, de l’Institut de droit équin, de la Société des amis du musée national de la Légion d’honneur
- Membre du Palais littéraire
- Membre du Club diplomatique du Forum du futur.

Ses œuvres

- De Colbert à l’Encyclopédie : t. I Henri Daguesseau, Conseiller d’Etat (1988) et t. II Henri-François Daguesseau, Chancelier de France (1989) (Grand prix Gobert de l’Académie française 1990 [2], prix Saintour de l’Académie des sciences morales et politiques)
- L’Archimignon : t.1 le Presque roi, t. 2 le Duc d’Epernon (1998)
- Polo de France, cent ans de polo en France
- Portalis, père du code civil (2004, prix Kœnigswarter de l’Académie des sciences morales et politiques [3], prix Thiers de l’Académie d’Aix, prix Robert Christophe des écrivains combattants)

Les grandes dates de Jean-Etienne-Marie Portalis sont sur Kronobase

[1] Who’s Who 2006

[2] Fondation Gobert (financée par la fondation Broquette-Gonin).
Prix annuel, créé en 1834.
Destiné à récompenser « le morceau le plus éloquent d’histoire de France, ou celui dont le mérite en approchera le plus ».

[3] Ce prix quinquennal est destiné à récompenser le meilleur ouvrage sur l’histoire du droit, publié dans les cinq années qui auront précédé la clôture du concours.






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