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L’enseignement des sciences en maternelle

avec Hélène Durand et Véronique Marchal, mentionnées pour le prix La main à la pâte
Confrontées simultanément à des classes de maternelles violentes et perturbées, Hélène Durand et Véronique Marchal ont décidé de réaliser leur mémoire en commun en posant la problématique suivante : Existe-t-il un lien entre pensée logique et comportement ? Elles reviennent sur les ateliers mis en place au cours de l’année ainsi que sur l’évolution positive du comportement de leurs jeunes élèves.


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Référence : FOC327
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Adresse de cet article : https://www.canalacademie.com/ida2705-L-enseignement-des-sciences-en-maternelle.html
Date de mise en ligne : 17 février 2008

_Existe-t-il un lien entre évolution de la pensée logique des enfants de maternelle et leur comportement ?
C’est la question à laquelle ont répondu Hélène Durand et Véronique Marchal en réalisant leur mémoire professionnel de stage qui conclut leurs années d’études de professeur des écoles.
Ce mémoire original, qui met en évidence le lien entre l’apprentissage des sciences et vie en société, a reçu la mention du jury du prix La main à la pâte 2007.

Hélène Durand et Véronique Marchal, professeurs des écoles (de gauche à droite)
Hélène Durand et Véronique Marchal, professeurs des écoles (de gauche à droite)

En arrivant chacune dans une classe de moyenne section de maternelle classées ZEP, leur constat fut le suivant :
- un niveau très bas d’attention
- un recours quasi systmétique à la violence

Nos deux professeurs des écoles sont ainsi parties de l’hypothèse qu’il existait un lien entre déficit de langage et mauvaise représentation du monde (qui induisait dès lors un comportement violent).

Les différentes séances ont consisté à analyser l’évolution de la représentation du concept flotte/coule par le biais du « tâtonnement expérimental ».

Une première étape fut la lecture du livre Le bateau de monsieur Zouglouglou (Les personnages, de plus en plus nombreux sur le beteau, finissent par le faire couler).
Premier constat : les classes s’étonnent peu et posent peu de questions (pourquoi un bateau flotte-t-il ? pourquoi coule-t-il ?). Dans chaque classe, quatre, cinq élèves restent passifs. Les autres parlent sans attendre leur tour de parole.
Pour chacune des classes, Hélène Durand et Véronique Marchal observent un enfant en échec, refusant de participer, de parler.

La deuxième étape consistait à reproduire l’expérience pour essayer de comprendre à partir de quand le bateau coulait. C’est le fameux jeu de "fort-boyard". Les élèves sont par deux et doivent ajouter chacun un palet dans un ramequin qui flotte à la surface d’un saladier. Celui qui perd a ajouté un palet de trop, et fait couler le récipient.
Les élèves, très impliqués, ont du mal à attendre leur tour pour jouer ! Mais chacun semble passionné. Même ceux qui restaient passifs dans la phase précédente sont impliqués.
Quelques élèves ont intégré que le ramequin coulait parce qu’il y avait plus de billes qu’au début.

Autre temps fort de cette deuxième étape : la boule de pâte à modeler. Les deux institutices ont réalisé chacune deux boules de pâte à modeler identiques, mais l’une d’elle contenait un œuf "Kinder" en plastique. En mettant les deux boules dans le saladier rempli d’eau, la première boule était au fond de l’eau tandis que l’autre flottait. Les enfants ont marqué leur surprise :
- « C’est magique ! »
- « Oh elle nage ! »
- « Elle flotte parce qu’elle reste en haut. »
- « Elle flotte parce qu’elle n’a pas la même couleur. »

L'expérience de la pâte à modeler a poussé les enfants à comprendre par eux-mêmes pourquoi un objet flottait ou pas
L’expérience de la pâte à modeler a poussé les enfants à comprendre par eux-mêmes pourquoi un objet flottait ou pas

Dans le groupe d’élèves, beaucoup ont anticipé le résultat. Un ou deux ne voulaient pas l’admettre : en pesant les boules à l’aide du balance Roberval, les jeunes élèves appuyaient sur le plateau contenant la boule "kinder". D’autres enfin, montraient des signes de fatigue.

Résultats à l’issue des ateliers :
Si la curiosité, l’esprit critique, restent ichangés, en revanche, l’évolution sur le plan de la communication est impresionnante :
Tous désormais respectent leur tour de parole, s’écoutent les uns les autres. Le respect est devenu la norme. La classe est plus attentive qu’en début d’année. Seul bémol : les enfants passifs le sont restés. La dernière séance laissait cependant présager une amélioration. Sans doute leur faut-il plus de temps.

Conclusions d’Hélène Durand et Véronique Marchal :
L’implication des parents dans des projets de classe peut avoir un impact essentiel sur la motivation des élèves. Cette mise en place d’une culture commune entre parents et école peut prendre la forme d’un cahier de vie.
Par ailleurs, les sciences doivent être enseignées dès l’école maternelle car elles sont un terrain propice au faire et savoir-faire. Elles deviendront des compétences transversales qui permettront à l’enfant de construire les savoirs dans toutes les disciplines.

La main à la pâte vise depuis 1996 à promouvoir au sein de l’école primaire une démarche d’investigation scientifique. Ce prix a été initié par Pierre Léna, Yves Quéré et Georges Charpak, membres de l’Académie des sciences.

En savoir plus :


- Le prix La main à la pâte
- L’Académie des sciences
- Enseigner aux maternelles, site de l’Education nationale : programmes et réflexions sur le développement de l’enfant et l’apprentissage

Ecoutez également notre émission Comment aborder le monde du vivant en maternelle ? en compagnie de Sandrine Guillaumin, premier prix ex-aequo de La main à la pâte 2007.






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