Visite de la cité de l’Architecture

Architecture contemporaine et évolution de l’habitat collectif
La galerie moderne et contemporaine est une création de la cité d’architecture qui couvre la période 1850 avec les transformations du baron Haussmann à Paris, jusqu’à 2001. Point fondateur de cette époque : l’architecte se met à travailler pour le plus grand nombre. Intéressons-nous à l’habitat collectif avec Corinne Bélier, conservateur du patrimoine !


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Date de mise en ligne : 13 janvier 2008
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Parcourez la galerie moderne et contemporaine d’architecture sur le thème de l’habitat collectif en compagnie de Corinne Bélier, conservateur du patrimoine.

Immeuble haussmannien rue Monge à Paris
Immeuble haussmannien rue Monge à Paris

- Immeubles haussmanniens
En 1853, le baron Hausmann est nommé préfet de Paris. Il créé des équipements (gares, marchés, places) et réalise des percées. Surtout, il réalise un gros travail sur l’habitat. Le modèle d’immeuble haussmannien se répand à Paris d’abord puis dans toute la France.
Ces immeubles traduisent une hiérarchie sociale : étage noble au premier / chambres de bonne dans les combles. Les espaces de vie commune (salon, salle à manger...) donnent sur la rue tandis que les chambres et la cuisine, sont plus retirées.

- Immeuble de la rue Franklin à Paris, bâti par les frères Auguste et Gustave Perret :

Immeuble de la rue Franklin à Paris, Auguste et Gustave Perret, 1903
Immeuble de la rue Franklin à Paris, Auguste et Gustave Perret, 1903

Construit en 1903, cet immeuble est doté d’un ascenseur et la hiérarchie sociale se voit alors inversée : l’appartement le plus noble est élevé, avec une vue imprenable sur la Seine et les jardins du Trocadéro. Il est l’un des premiers immeubles à utiliser une structure en béton armé. Ses murs porteurs peu épais lui permettent de dégager un maximum de place.
Avec une cour située devant l’immeuble, la façade ornée de carreaux vernissés, apparaît plissée. La plupart des pièces bénéficient d’un ensoleillement optimal.

- Le "paquebot", immeuble boulevard Victor à Paris. Architecte : Pierre Patout, 1929-1934 :
Les années 1930 sont synonyme d’engouement pour le style paquebot (période des grandes croisières). Pierre Patou lui-même a réalisé les décors intérieurs de paquebots. Tout rappelle les navires de croisières : le jeu de terrasses et de figures de proue, les différents ponts, les cheminées, les hublots, l’aspect fin et allongé de l’immeuble.
L’analogie avec le paquebot n’est pas seulement esthétique, elle est également un modèle d’organisation : immeuble autonome, la distribution des appartements se fait par des coursives de la même manière que sont desservies les cabines.

le "paquebot" (1929-1934), Pierre Patout
le "paquebot" (1929-1934), Pierre Patout
© Société historique et archéologique du XVe arrondissement, Paris

- Les logements sociaux :

Cité de la Muette (1931-1934), Drancy
Cité de la Muette (1931-1934), Drancy

Avec la Cité de la muette à Drancy (1931-1934), Eugène Beaudouin et Marcel Lods font la promotion de l’industrialisation du bâtiment. Dans les années 1930, il devient en effet plus que nécessaire de construire en grand nombre des logements de qualité. Pour la première fois sont appliquées les méthodes de Taylor avec une standardisation des éléments. Les murs des 1200 logements sont préfabriqués, le parquet est pré-monté.

Quartier Antigone à Montpellier (1978), par Ricardo Bofill. Ces logements sociaux également préfabriqués, sont à contre-courant de l’esthétique jusqu’à présent donnée aux grands ensembles. Le style est néo-classique (entablements, colonnes).

Quartier Antigone à Montpellier (1978), Ricardo Bofill
Quartier Antigone à Montpellier (1978), Ricardo Bofill

- Les architectes de la croissance (1950-1975) à travers cinq exemples :
L’immeuble est considéré à cette époque comme un morceau de ville. Chaque architecte a son approche :

  • La caravelle (1959-67), Villeneuve la Garenne, par Jean Dubuisson : Il travail sur la façade et la distribution intérieure (1630 appartements) ; les différentes surfaces des appartements incitent à une mixité de population.
  • Les courtillières (1958), Pantin, par Emile Aillaud : jeu de courbes de l’immeuble, avec un immense parc central.

    Les courtillières (1958) Pantin, Emile Aillaud
    Les courtillières (1958) Pantin, Emile Aillaud
  • Le Mirail (1967-1975), Toulouse, Georges Candilis : avec pas moins de 25 000 logements, les coursives sont de véritables rues !
  • Les étoiles (1974), Ivry sur Seine, Jean Renaudie : ce plan en étoile plus modeste (300 logements), donne à chacun une terrasse suspendue, et des espaces sans vis-à-vis.
  • Les Pyramides, (1974), Evry, Michel Andrault et Pierre Parat : de la même manière, chacun bénéficie d’un jardin suspendu, des appartements lumineux, sans vis-à-vis.

Ce reportage vous emmène également visiter l’intérieur d’un appartement type de la Cité Radieuse à Marseille, dessiné par Le Corbusier, dont la construction débuta en 1945.

Cité radieuse (1945), Marseille, Le Corbusier
Cité radieuse (1945), Marseille, Le Corbusier

Les appartements répondent aux besoins de l’homme moderne. Les meubles sont directement intégrés (l’homme moderne, assez dépouillé, n’a pas besoin du mobilier de ses aïeuls). La cuisine, ouverte sur le séjour permet un espace de vie plus grand.

Les chambres des enfants, tout en longueur, sont séparées d'une porte coulissante
Les chambres des enfants, tout en longueur, sont séparées d’une porte coulissante
Appartement témoin de la cité radieuse à Marseille

À l’étage, la chambre des parents est en mezzanine sur le séjour : parmi le mobilier intégré, on trouve une table à langer (période du baby boom). Les deux chambres des enfants sont parallèles, en longueur, avec une cloison coulissante .

L’unité est sur pilotis pour dégager le sol. L’immeuble comprend un hôtel, une épicerie, un bureau de poste, une boulangerie et, en partie haute sur la toiture, un gymnase, une école maternelle et une crèche. Malheureusement, cette belle idée d’immeuble autonome ne fonctionnera pas.

- 1975, rupture avec les grands ensembles :
Les architectes reviennent à la notion de quartier. Christian de Portzamparc et Georges Benhamou créent l’immeuble des Hautes Formes (1979) à côté de Tolbiac à Paris. Cette construction marque le retour à la rue.

Le Nemausus à Nîmes (1985-1987), créé par l’architecte Jean Nouvel, a laissé le public interloqué, avec son esthétique industrielle. Sa structure est faite de métal, de caillebotis et de portes de garages pour fermer les appartements côté terrasse. Comme le justifie ainsi Jean Nouvel, « Ce qu’on peut offrir de mieux à un habitant d’un logement social, c’est de l’espace ».

Nemausus à Nîmes (1985-1987, Jean Nouvel
Nemausus à Nîmes (1985-1987, Jean Nouvel

Au cours de cette émission, vous entendrez successivement les extraits sonores suivants :
- Francis Poulenc, Works for piano
- Charles Trenet , Grand-maman, c’est New-York
- Yann Tiersen, The deutsch mark is coming
- Yann Tiersen, Lara’s castle
- Roudoudou, Peace and tranquility to earth
- Hugues Le Bars, L’enfant

En savoir plus :

- Cite de l’architecture à Paris
- Villa Savoye
- Jean Nouvel
- Ricardo Bofill
- Christian de Portzamparc






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