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Maximilien d’Autriche : entre Moyen-Âge et Renaissance

avec Francis Rapp, de l’Académie des inscriptions et belles lettres, invité de Christophe Dickès
Auteur d’une biographie consacrée à Maximilien d’Autriche, le médiéviste Francis Rapp, membre de l’Académie des Inscriptions et des Belles Lettres, nous présente un personnage peu connu, souvent critiqué par l’historiographie mais qui reste pourtant comme le véritable fondateur de la dynastie des Habsbourg.


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Émission proposée par : Christophe Dickès
Référence : HIST312
Adresse directe du fichier MP3 : https://www.canalacademie.com/emissions/hist312.mp3
Adresse de cet article : https://www.canalacademie.com/ida2472-Maximilien-d-Autriche-entre-Moyen-Age-et-Renaissance.html
Date de mise en ligne : 16 décembre 2007

Il y a quelques semaines, à l’occasion de la rencontre des Académies européennes à l’Institut de France, le prince Otto de Habsbourg prononçait un discours sur l’universalité dans l’esprit européen. Peut-être pensa-t-il à un de ses lointains aïeul, Maximilien d’Autriche. Né en 1449, mort en 1519, Maximilien fut à la charnière de deux époques, celle des temps médiévaux et celle de la Renaissance. Grand-père de Charles Quint, gendre de Charles le Téméraire qui dominait l’Europe à la tête de la Bourgogne, il donna à l’Autriche une vocation : Austriae Est Imperare Orbi Universo « Il revient à l’Autriche de commander le monde… » . Telle était sa devise. Largement contesté en son époque, prophète sans gloire en son pays… Il n’est pourtant pas exagéré de faire de lui le véritable fondateur de cette dynastie, celle des Habsbourg, qui allait faire partie des grands d’Europe, parfois les dominer, ceci jusqu’à l’aube du XXème siècle. Louis XIV en son temps le blâma pour sa politique matrimoniale qui allait avoir des conséquences durables dans l’histoire politique européenne. L’historiographie, elle, bien plus sévère, le jugeant prétentieux, étrange et même fantasque…

Qui fut donc Maximilien Ier, empereur allemand ? Fut-il conservateur ou au contraire réformateur en ce temps de transition ? Quelles furent les forces intérieures et extérieures auxquelles il dut faire face avec ou sans succès ? Que peut-on retenir de son règne et qu’a-t-il transmis à ses descendants et à ses sujets ? C’est ce qu’Un jour dans l’Histoire vous propose de découvrir avec Francis Rapp, auteur d’une biographie de Maximilien paru aux éditions Tallandier (2007).

Présentation de l’éditeur.

Que reste-t-il de Maximilien d’Autriche (1459-1519) ? Un beau portrait de Dürer, où apparaissent, de manière frappante, le nez saillant, la mâchoire prognathe et l’air majestueux des Habsbourg. Pour le reste, son titre même témoigne de sa faiblesse : roi des Romains en 1493, empereur élu du Saint Empire en 1508, il ne fut jamais couronné à Rome, comme l’imposait la tradition. Francis Rapp livre ici un plaidoyer pour un empereur tragique, dont l’existence fut un drame sans dénouement. La vocation de la maison d’Autriche à la domination universelle l’habita sa vie durant : Austriae Est Imperare Orbi Universo, " Il revient à l’Autriche de commander au monde…", disait la devise familiale. Ce droit divin se heurta à de terribles réalités. Les États modernes en plein essor - la France, l’Espagne, l’Angleterre - non seulement refusèrent de reconnaître son autorité, mais contrèrent sans cesse ses ambitions. Les princes et les villes d’Allemagne minèrent continûment ses réformes de grande envergure. Reste que Maximilien fut un immense politique, capable d’assurer contre la France l’équilibre européen, et un prince dynamique, dont le règne est contemporain de l’émergence de la nation allemande. C’est post mortem, paradoxalement, que l’importance de son œuvre apparut : une Allemagne consciente de son unité fondamentale et de son ancrage dans la civilisation renaissante ; une dynastie dominant l’Europe et le monde, dont Charles Quint, maître d’un empire " sur lequel le soleil ne se couchait jamais ", allait être le digne héritier.

Francis Rapp.
Francis Rapp.

L’auteur.

Médiéviste et historien de l’Alsace, Francis Rapp est d’abord un éminent spécialiste de l’Allemagne médiévale. Professeur émérite à l’université Marc-Bloch de Strasbourg, il a été élu le 26 mars 1993à l’Académie des inscriptions et belles-lettresau fauteuil d’Emmanuel Laroche. On lui doit notamment une Histoire de Strasbourg (en collaboration avec G. Livet ; 1982), Les Origines médiévales de l’Allemagne moderne (1989) et, chez Tallandier, Le Saint Empire romain germanique (2000). Il a également dirigé et codirigé les monumentales Histoire de l’Alsace (1977) et Histoire de Strasbourg (1982).

In memoriam

Christophe Dickès, en accord avec son invité Francis Rapp, a dédiée cette émission à la mémoire d’Anne-Lorraine Schmitt. Cette jeune étudiante de 23 ans aimait l’histoire. Ancienne élève de Sciences Po, elle se destinait à une carrière journalistique puisqu’elle faisait toujours ses études au CELSA (Université Paris IV Sorbonne) et avait réalisé de nombreux stages (Courrier Picard, Arte, Valeurs Actuelles, Radio Notre-Dame). Dans le cadre de l’un d’entre eux, elle avait interviewé l’académicien Laurent Lafforgue qui appelait à une refondation de l’école primaire. Elle avait aussi alerté ses lecteurs au cours d’une enquête sur la façon dont était enseignée l’histoire de France dans nos écoles… Cette jeune "collègue" a été la victime d’un criminel, le dimanche 25 novembre 2007, dans les transports en commun. Cette émission a été enregistrée la veille de ses obsèques.






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