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La revue Marginales

avec son directeur Jacques De Decker
Découvrez ou retrouvez la revue belge Marginales, fondée en 1945, une tribune de choix pour les auteurs francophones de Belgique. Une revue qui veut mettre les écrivains au pied du mur de l’actualité ! Tout un programme...


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Émission proposée par : François-Pierre Nizery
Référence : PAG240
Adresse directe du fichier MP3 : https://www.canalacademie.com/emissions/pag240.mp3
Adresse de cet article : https://www.canalacademie.com/ida1370-La-revue-Marginales.html
Date de mise en ligne : 25 mars 2007

Marginales est une revue belge fondée en 1945 par Albert Ayguesparse, un grand de la littérature belge, poète du réalisme social, romancier (citons notamment Simon-la-Bonté paru en 1965 chez Calmann-Lévy), écrivain très engagé entre les deux guerres (proche notamment de Charles Plisnier), fondateur du Front de littérature de gauche (1934-1935). Comment douter, avec un tel fondateur, que Marginales se soit dès l’origine affirmé comme la voix de la littérature belge dans le concert social, la parole d’un esprit collectif qui est le fondement de toute revue littéraire, et particulièrement celle-ci, ce qui l’a conduit à s’ouvrir à des courants très divers et à donner aux auteurs belges la tribune qui leur manquait.

Marginales , c’est d’abord 229 numéros jusqu’à son arrêt en 1991. C’est ensuite 7 ans d’interruption et puis la renaissance en 1998 avec le n° 230 sorti en pleine affaire Dutroux dont l’évasion manquée avait bouleversé la Belgique et fourni son premier thème à la revue nouvelle formule. Marginales reprit ainsi son chemin par une publication régulière de 4 numéros par an.


Poursuivant la dégustation feuille à feuille de ces "carnets de désirs" que sont les revues littéraires, François-Pierre Nizery propose d’aller "Au fil des pages" de Marginales, et de faire connaissance avec son directeur, Jacques De Decker.

Dans cette émission, Jacques De Decker nous éclaire sur l’esprit d’une revue dont le titre, Marginales, évoque l’idée d’une parole à la marge, qui n’est pas dans le concert médiatique, dans le tohu-bohu du politique, mais qui veut marquer l’originalité de la parole littéraire, une parole qui peut parfois exploser comme celle surgie à l’occasion de la parution du n°262 de l’été 2006 "Sous les clichés, la rage", dont l’éditorial dit tout sur l’esprit de Marginales :

[…] « Il y a un mal collatéral au moins aussi grave que les remous qui déstabilisent notre époque : la dérive du commentaire, la déroute des analyses. L’effondrement prétendu des idéologies, constaté lors de la chute du Mur, a eu une double conséquence : la résurgence d’obscurantismes de tous bords, souvent religieux ou para-religieux, qui ont redressé la tête, trop heureux de ne plus être contrecarrés par le recours à la raison, et le développement d’une réflexion molle, composite, se servant de concepts multiples comme glanés dans un supermarché de la pensée, qui désoriente bien davantage qu’elle n’assiste, et permet le déploiement d’argumentations aussi déstructurées que fallacieuses. Sauf exceptions rares, la matière des éditoriaux est le plus souvent pêchée dans ce bouillon peu ragoûtant d’idées rassemblées à la va-comme-je-te-pousse, sans le moindre souci de cohérence. » [… ](extrait)

C’est fort de cet engagement que Jacques De Decker développe, pour les auditeurs de Canal Académie, l’idée, qu’il annonce dans le premier n° du nouveau Marginales à l’été 1998, de mettre les écrivains « au pied du mur de l’actualité pour qu’ils l’éclairent sous un autre angle ». Il s’explique sur le choix des thèmes d’actualité, ceux qui sont dans "L’Air du temps", comme l’indique le titre de la rubrique centrale de la revue, et, d’une façon générale, sur l’organisation de la revue sur le plan éditorial.

Jacques De Decker se penche également dans cette émission sur une question centrale pour la revue, celle de la "Belgitude", la singularité belge au sein de la Francité, sa complicité naturelle avec l’esprit flamand, le passage de Breughel à Magritte, cet instinct surréaliste qui fait que seule la Belgique pouvait offrir aux yeux du monde une "fiction" comme celle produite par la RTBF le 13 décembre dernier à propos d’une hypothétique scission flamande.

Ultime clin d’œil de complicité avec une radio diffusée sur Internet, Jacques De Decker ne manque pas d’évoquer, à la fin de l’émission, son regard sur le phénomène Internet, auquel le n°263 de Marginales, "l’Internetionale", sorti à l’automne 2006, est consacré.

Mieux connaître Jacques De Decker

Jacques De Decker
Jacques De Decker

Directeur de Marginales depuis sa reprise en 1998, écrivain, homme de théâtre, critique littéraire, romancier (La Grande Roue, Grasset 1985, Parades amoureuses, Grasset 1990, Le Ventre de la baleine, Labor 1995), nouvelliste (Tu n’as rien vu à Waterloo, Le Grand Miroir 2003), traducteur (il a traduit notamment Goethe et Woody Allen), animateur de rencontres littéraires, dont les fameuses conférences des "Midis de la poésie" dans l’auditoire du Musée d’Art ancien de Bruxelles, Jacques De Decker est aussi membre de l’Académie Royale de Langue et de Littérature françaises de Belgique et son Secrétaire perpétuel depuis 2002. Dans cette Institution-sœur de l’Académie française, dont il est question en détail dans une autre émission sur Canal Académie , il a été élu au fauteuil d’Albert Ayguesparse, fondateur de Marginales, le 8 mars 1997 et c’est la raison intime, dit-il dans son éditorial du premier numéro de Marginales nouvelle formule, pour laquelle il a voulu reprendre cette revue, la faire revivre.

Ecoutez aussi,Avec Jacques De Decker, Secrétaire perpétuel de l’Académie royale de langue et littérature françaises de Belgique : L’Académie royale de langue et littérature françaises de Belgique

Retrouvez ici ! les émissions de François-Pierre Nizery






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