Jacques-Fromental Halevy, de l’Académie des beaux-arts, compositeur de plus de quarante opéras, reste célèbre par "La Juive"

2012 célèbre l’anniversaire de sa mort. Retour sur sa vie et son oeuvre avec Danièle Pistone, correspondant de l’Institut
Jacques HALEVY
Avec Jacques HALEVY
Membre de l'Académie des beaux-arts

Jacques-Fromental Havély naît en 1799. Il entre au conservatoire dès l’âge de 7 ans. Il mourra de la tuberculose à Nice le 17 mars 1862, il y a tout juste 150 ans. Cet anniversaire -commémoration nationale- nous offre l’occasion de rappeler la brillante carrière de ce compositeur dont seule, son oeuvre "La Juive" continue à se donner sur les scènes lyriques.

Dès l’âge de 7 ans, il entre au Conservatoire de Paris où il devient l’élève de Félix Cazot, Lambert, Henri Montan Berton, Étienne Nicolas Méhul et Luigi Cherubini, qui restera un ami intime sa vie durant. En 1817, il obtient le premier second prix de Rome, puis le premier grand prix en 1819.

En 1827, il est nommé professeur d’harmonie au Conservatoire et, un peu plus tard, il y enseigne le contrepoint et la composition. Il compose une quarantaine d'opéras. Seul La Juive, grand opéra français sur un livret de Scribe, se joue encore actuellement.

Il épouse une femme artiste et cultivée, fille de banquier juif, Léonie Rodrigues-Henriques, et a deux filles, l'aînée morte en 1864 alors qu'elle est fiancée à son cousin Ludovic Halévy, et Geneviève (1849-1926), future Madame Georges Bizet, puis Madame Émile Straus.

Jacques-Fromental Halevy a été un mélodiste très abondant, parfois inspiré, très intelligent, sincère jusqu’à la naïveté. Par contre, il s’est montré peu doué pour la musique de ballet. Il avait également un réel talent d’écrivain : Lettres sur la musique, parues sous le pseudonyme de Gervasius.



Parmi les trente-six ouvrages qu’il a écrits pour le théâtre, les plus applaudis sont Guido et Ginevra ou la Peste de Florence sur un livret de Scribe (5 mars 1838), La Reine de Chypre sur un livret de Saint-Georges (22 décembre 1841) et Charles VI sur un livret de Casimir et Germain Delavigne (15 mars 1843).

On peut citer, parmi ses opéras-comiques, L’Éclair (1835), Les Mousquetaires de la Reine (1846), Le Val d’Andorre (1848) et La Tempesta (1850). Son œuvre comprend également quelques cantates, diverses pièces de musique vocale, un De Profundis pour la cérémonie funèbre du duc de Berry.



En 1833, il succède à François-Joseph Fétis comme professeur de contrepoint au Conservatoire avant d'être élu en 1836 à l’Académie des Beaux-Arts succédant à Antoine Reicha. Il en devient le secrétaire perpétuel en 1854. Après sa mort, il est demandé au Corps législatif une pension de 5 000 francs, accordée à sa veuve comme récompense nationale.

Comme professeur, il compte des élèves qui deviendront célèbres, dont Charles Gounod, Victor Massé, François Bazin et Georges Bizet, qui épouse sa fille Geneviève en 1869.

Faisant preuve d’un certain enthousiasme, il disait : « La musique offre ce merveilleux et sublime accouplement de l’art qui crée, qui émeut, et de la science qui régit. Mais l’art seul domine en maître ; la science gouverne et ne règne pas. »

Les oeuvres de Jacques-Fromental Halevy à l'opéra :

L'Artisan (1827)
Le Batelier (1827)
Clari, en italien (1828)
Le Dilettante d'Avignon (1828)
Les Souvenirs de Lafleur (1829), à l'occasion du départ en retraite du baryton Martin
Ludovic, initié par Hérold (1833)

Extrait du texte de La Juive (1835) :

« Rachel, quand du Seigneur

la grâce tutélaire

à mes tremblantes mains confia ton berceau,

j’avais à ton bonheur

voué ma vie entière

et c’est moi qui te livre au bourreau !
»

Cet air a beaucoup marqué les esprits et a eu une postérité littéraire dans A la Recherche du temps perdu de Marcel Proust. « Rachel-quand-du-Seigneur », est le surnom que le narrateur avait donné à une petite prostituée que la tenancière du bordel lui avait vanté comme juive. Quelques tomes plus loin, le narrateur reconnaît cette Rachel-quand-du-Seigneur dans la personne de la maîtresse de son ami Robert de Saint-Loup.

En savoir plus :

- L'incroyable saga académique de la famille Halevy
- Vauban, Clemenceau et Jean-Denis Bredin

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