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Le canotage vu par un Loup d’eau douce !

Le canotier n’est pas seulement un chapeau ! par Bertrand Galimard Flavigny

Le marin d’eau douce dont quelques-uns se moquent, a connu, son heure de gloire, illustrée par un petit ouvrage destiné à décrire son « innocente passion ». Une chronique du bibliologue Bertrand Galimard Flavigny.


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Une brise irise la surface de la rivière. Le vent léger joue sur l'eau et le canotier en profite pour serrer au plus près l'écoute tribord pour mieux filer vent arrière.
Les marins de mer ne connaissent pas ce langage. La brise, pour eux, n'a pas la même signification ni même l'écoute que pour les marins d'eau douce, jadis décriés.


L'apparition, en 1845, du Manuel universel et raisonné du canotier fut salué comme un événement sans pareil du côté des berges de la Seine et de la Marne. C'est que le canotage copié sur le «rowing» des Britanniques, commençait à devenir le sport qu'il convenait de pratiquer en ce milieu du dix-neuvième siècle. « Dès le matin du dimanche ou des jours de fête, le frac est mis au croc, on endosse la vareuse ; on passe la salopète (sic) de grosse toile, et, la barbe hérissée, le brûle-gueule à la bouche, on monte à bord pour aller croiser du pont de Bercy à celui de Charenton, ou parader aux régates du pont d'Asnières », rapporte l'auteur du Manuel qui signait « Un Loup d'eau douce ».

Ce loup se nommait Jules Jacquin et était curé de la paroisse de Saint-Gratien, près de Montmorency. Sa qualité d'ecclésiastique lui permit de faire un constat capital qui aurait dû servir de leçon pour l'avenir : « Aucun écrivain, ni grand ni petit, n'a considéré sous le point de vue social et philosophique, l'influence que le canotage des jeunes gens de Paris a exercé sur les vicissitudes de leurs finances, leurs relations de plaisirs, leur allure, leurs goûts et leur langage ». Quoiqu'il en soit, les canotiers possedaient enfin, un guide ! Celui-ci décrit pour la première fois « l'origine et le développement du canotage », car, comme le soulignait le «Loup d'eau douce», qui avait parcouru les dictionnaires, vocabulaires et lexicons : « le canotage n'a pas d'historien ».

Ce curé, et néanmoins loup d'eau douce, savait aussi de quoi il parlait, car bien avant que la «canotomanie» fut à la mode, il avait « tenu l'écoute et patiné l'aviron » et aurait pu au besoin « servir de pilote depuis la fin de l'Oise jusqu'à l'embouchure de la Marne ».

Le Manuel, illustré de cinquante gravures sur bois, est aussi précis que l'indique son titre. On le trouvait à Paris chez Auvin et Fontaine, passage des Panoramas et à Poissy chez Olivier-Fulgence, rue des Dames. Il fut réédité l'année(...)


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