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Pascale Cossart de l’Académie des sciences : la listeria n’a presque plus de secret pour elle

Biochimiste et professeur à l’Institut Pasteur
Les travaux de Pascale Cossart ont contribué à faire de la listeria une des bactéries les mieux connues dans le milieu de la recherche et un modèle en infectiologie et biologie cellulaire. Elle poursuit aujourd’hui sans relâche ses recherches en compagnie de son équipe. Elle aborde au cours de cette émission les différentes étapes de ses travaux et de ses potentielles applications.


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Référence : HAB696
Adresse directe du fichier MP3 : http://www.canalacademie.com/emissions/hab696.mp3
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Date de mise en ligne : 16 septembre 2012
Pascale Cossart
Pascale Cossart
© Institut Pasteur

Après des études de chimie à Lille, et un an passé au sein du laboratoire de Jacinto Steinhardt dans le département de chimie de Georgetown, Pascale Cossart revient en France et entre à l’Institut Pasteur selon le souhait de Jacques Monod.
Sa formation initiale porte sur la chimie ? qu’à cela ne tienne, elle suit les cours de l’Institut Pasteur en microbiologie, en immunologie, en virologie et entre dans le laboratoire de Georges Cohen où elle entame une thèse de biochimie consacrée au séquençage d’une protéine de bactérie. Puis elle enchaîne avec son stage postdoctoral au sein du laboratoire de Mosche Yaniv, toujours à l’Institut Pasteur. Cette fois, elle quitte les bactéries pour s’intéresser à l’ADN et séquencer le gène correspondant à la protéine étudiée pendant sa thèse.

« De fil en aiguille, j’ai commencé à devenir une spécialiste de ces séquençages. J’ai collaboré avec Maxime Schwartz, puis avec Brigitte Giquel qui m’a amenée à un autre type de recherche : la régulation bactérienne. Nos travaux ont été très productifs. Mais comme nous n’étions que deux dans un domaine compétitif, nous sommes revenues à un sujet plus pasteurien que sont les maladies infectieuses. Nous avons jeté notre dévolu sur 2 bactéries : la listeria et les mitobactéries (ces dernières peuvent être responsables de tuberculose, de lèpre. Elles partagent avec la listerai la propriété de se multiplier à l’intérieur des cellules de notre organisme) ».
Chacune choisit son domaine : ce sera la listeria pour Pascale Cossart cette bactérie qui provoque la listeriose, une grave infection alimentaire qui touche les plus fragiles, pouvant provoquer gastroentérites, méningites et avortements.

« La listeria est un modèle extraordinaire. Contrairement aux autres bactéries, elles traversent l’intestin et se disséminent dans l’organisme en ayant des organes préférentiels comme le cerveau et le placenta. Au niveau cellulaire, elles sont capables de « violer » les cellules, d’entrer dans la cellule et de s’y multiplier de manière importante, comme dans un bouillon de culture. Elles sont robustes, et savent se cacher des défenses immunitaires ! »

C’est justement un des points qui intéresse particulièrement l’équipe de recherche de Pascale Cossart : identifier les gènes de virulence et de robustesse de la listeria. « Nous nous intéressons aussi aux protéines qu’elle sécrète et qui va lui permettre de reprogrammer la cellule qu’elle a affecté ». Pour pouvoir vivre, la listéria a besoin d’une température de 20 à 25°C. Mais que se passe-t-il lorsqu’elle pénètre dans notre organisme à 37°C ? « Les facteurs de virulence sont encore mieux exprimés ! Nous avons découvert un thermo-censeur : la bactérie « ressent » la température et induit une virulence plus ou moins importante ».

Ultra sophistiquée, cette bactérie semble tout maîtriser. « Ce qui est important de préciser, c’est que travailler sur la listeria est un moyen de comprendre comment vit une cellule à l’état normal. Il s’agit d’un tremplin pour étudier d’autres infections ». Avec son équipe d’une vingtaine de personnes, d’horizons tous différents, elle utilise les connaissances acquises autour de la listeria comme point de départ pour de nouvelles recherches.

En attendant, des applications de ces recherches sont déjà visibles. Dans le cas d’une listériose, c’est le diagnostic précoce qui pose problème, surtout dans le cas de méningites. Il faut donc pouvoir identifier la maladie rapidement et identifier également la contamination potentielle des aliments. « Le premier gène que nous avons identifié a permis de mettre au point un test de diagnostic que nous avons breveté et qui est aujourd’hui commercialisé pour l’industrie agro alimentaire »

Pascale Cossart est également très impliquée dans la mise en avant des travaux des jeunes générations en biologie. Elle a mis en place 2005 "Les grandes avancées françaises en biologie", une séance spécifique à l’Académie des sciences où 6 chercheurs viennent présenter leurs travaux après avoir été sélectionnés par un comité. Pour cette année 2012 la fondation Axa s’est associée à cet événement annuel pour donner un prix à chacun des lauréats. « Et lorsque l’on reçoit la pile de dossiers pour participer aux grandes avancées, on s’aperçoit que la recherche française va extrêmement bien ! »

Ecoutez les explications de Pascale Cossart au cours de cette émission.

Pascale Cossart est biochimiste, professeur à l’Institut Pasteur, directeur de l’unité "Interactions bactéries-cellules", membre de l’Académie des sciences depuis 2002 et également membre de la Royal Society et de l’Academy of Science des Etats-Unis. Pascale Cossart appartient aussi à la European Molecular Biology Organization (EMBO).

En savoir plus :

Pascale Cossart, membre de l’Académie des sciences






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