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La chronique « Faut-il le dire ? » de Pierre Bénard
La syntaxe du français a connu depuis peu une évolution qui amuse Pierre Bénard. Des personnes cultivées, dont le français est la langue maternelle, profèrent maintenant sans faire frémir quiconque des phrases telles que : « Il faut s’interroger sur comment nous allons procéder ».


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Émission proposée par : Pierre BENARD
Référence : mots660
Adresse directe du fichier MP3 : http://www.canalacademie.com/emissions/mots660.mp3
Adresse de cet article : http://www.canalacademie.com/ida9058-Comment.html
Date de mise en ligne : 6 août 2012

Je viens de l’entendre dans une bouche savante et sur les ondes les plus respectables : « Le problème est qu’on n’est pas d’accord sur comment relancer la croissance ».

En vérité, j’ai l’habitude, mais je ne saurai jamais m’en accommoder complètement. Cela fait des années que l’on entend, même que l’on lit des tournures de cet acabit : « Il y a lieu de réfléchir sur comment nous allons nous y prendre », « On ne s’est pas assez préoccupé de pourquoi les gens se révoltent », « Surtout faites attention à avec qui vous allez avoir à négocier » ...

On disait en français « Je ne sais pas comment faire », « J’ignore pourquoi il ne dit rien », « Sachez avec qui vous parlez » ... Mais, pour le dire à la manière du capitaine Haddock, on aurait été pris pour « un olibrius » s’exprimant « comme un Patagon » si l’on s’était risqué dans les extravagances syntaxiques dont je viens de donner quelques exemples : « réfléchir sur comment » « préoccupé de pourquoi », « faire attention à avec qui » ...
Ce qui fait trébucher ces trois expressions, c’est la préposition, le « sur » devant « comment », le « de » devant « pourquoi », le « à » devant « avec qui » ... J’étais habitué à une langue française où ces choses se disaient facilement... autrement. Reprenons, si vous voulez bien, mes trois exemples, pour les traduire en vieux français (je parle du français d’il y a vingt-cinq ans) :

« Il y a lieu de réfléchir à la manière dont nous allons nous y prendre. »

« On ne s’est pas assez préoccupé des raisons pour lesquelles les gens se révoltent. »

« Surtout faites attention aux personnes avec qui vous allez avoir à négocier. »
Je vous entends d’ici. La langue change, évolue, ne soyez pas sottement réac et normatif. Je comprends et je tâche d’en prendre mon parti. Au reste, je sais assez d’anglais pour discerner d’où sort ce français up-to-date.

Pierre Bénard

Pierre Bénard
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