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Cognac, Vitrac, Bergerac ? Les différentes origines des noms de lieux en -ac

avec la linguiste Henriette Walter, auteur de Aventures et mésaventures des langues de France

Bergerac ? Cognac ? Vitré ? Bobigny ? Quel point commun existe-t-il entre ces noms propres ? Après nous avoir fait le plaisir d’évoquer longuement la richesse des langues régionales de France, ainsi que les échanges existants entre la langue française et la langue arabe, la linguiste Henriette Walter revient aujourd’hui nous conter la belle histoire du petit suffixe "-ac", ayant voyagé bien au-delà de son Midi natal.


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Canal Académie reçoit aujourd’hui Henriette Walter, linguiste de renom, dont l’ouvrage de référence Aventures et Mésaventures des langues de France vient de reparaître aux Éditions Honoré Champion, préfacé par le lexicologue et lexicographe Jean Pruvost, bien connu des auditeurs de Canal Académie pour sa chronique Mot pour mot.


En grande amoureuse des langues régionales et des divers patois, Henriette Walter rappelle brièvement dans cette émission la fameuse division « linguistique » du territoire français, entre langue d’oil et langue d’oc, ainsi que le foisonnement des langues régionales qui ont grandement influencé le français d'aujourd'hui, langues latines (le franco[rovençal, le catalan, le corse...) ou non (le basque, le breton, le flamand, l’alsacien ou encore les créoles).

Henriette Walter insiste aujourd'hui sur un point étymologique précis : elle revient en effet sur les toponymes se terminant en «–ac», si fréquents dans la langue française (dans le nom des villes notamment).
Ce suffixe vient du latin « -acum », lui-même dérivé du gaulois « -acos », et désigne l'espace correspondant au domaine d’un propriétaire : ainsi le territoire de Victorius a donné Vitrac, Vitré, ou encore Vitry, dans le Nord.
Il s’agit pour Henriette Walter d’un suffixe des plus intéressants : il est en effet très présent (5 % à 10%) au sein des toponymes français. Mais il a subi de nombreuses évolutions, prenant des formes très particulières et diverses : l’on trouve surtout des « -ac » dans le Midi (comme les noms de famille Chirac ou Mauriac, bien connus), mais plus l’on remonte vers le Nord (au-delà de la ville de Cognac), plus l’on rencontre ses formes dérivées en « é », « ay » ou « y » (Vitry, Bobigny, Orly aussi, ville de Aurelius, dérivé de « aureliacum », que l’on retrouve également dans le Sud, avec la ville d’Aurillac). Un suffixe qui fait donc le tour de la France tout en gardant son sens originel : la « propriété » d’un tel.
La voyelle se transforme au Nord, ce qui donne parfois des expériences linguistiques étonnantes. Henriette Walter évoque longuement le cas de la Charente : située bien au-delà de la limite géographique entre langue d’oc et langue d’oil, on y rencontre pourtant un nombre(...)


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