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Degas (1834-1917) et le nu : les pastels d’un génie

avec Jacques-Louis Binet, correspondant de l’Académie des Beaux-Arts : l’exposition au Musée d’Orsay à Paris

Première grande exposition monographique consacrée à Edgar Degas (1834-1917) à Paris depuis 1988, la rétrospective "Degas et le nu" ouverte au musée d’Orsay depuis le 13 mars et jusqu’au 1er juillet 2012 permet à notre chroniqueur Jacques-Louis Binet d’explorer l’évolution de ce peintre impressionniste original dans sa pratique non pas du corps mais du nu, à travers toutes les techniques qu’il a utilisées, en particulier le pastel. L’occasion d’une plongée réjouissante dans une exposition riche, organisée par le Museum of Fine Arts de Boston et bénéficiant de fonds d’œuvres exceptionnelles du musée d’Orsay et de grandes collections comme celle du Metropolitan Museum of Art de New York.


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« Le corps classique, de la ligne apprise au dessin sous-jacent ».



Comme témoin des premiers travaux au Louvre, et en Italie, j’ai choisi de commencer non pas par Petites filles spartiates provoquant des garçons, de 1860-62, mais par la copie de La baigneuse de Valpinson de 1855, selon Ingres.
Elle témoigne de la passion de Degas pour le dessin, déjà ce dessin des dos, sur lesquels il écrit
« Les muscles, je les connais, mais j’ai oublié leur nom ».
Paul Valéry commente « Je ne sais pas d’art qui puisse engager plus d’intelligence que le dessin. Qu’il s’agisse d’extraire du contexte de la vue la trouvaille du trait, de résumer une structure, de lire une forme avant de l’écrire ; ou que l’invention domine le moment, que l’idée se fasse obéir, se précise, et s’enrichisse de ce qu’elle devient sur le papier… ». Il propose, dans une histoire unique de choses de l’esprit, de placer Degas entre Beyle et Mérimée.



« Le corps en péril.»



Se plaçant déjà dans l’assez conventionnel avec Petites filles spartiates provoquant des garçons et plus encore avec Scène de guerre au Moyen Age (1863-1865), Degas « pose la douleur » écrira Henri Loyrette (de l'Académie des beaux-arts), physiquement,
et aussi moralement dans Intérieur ou Le Viol (1868-1869).


Mais pourquoi les organisateurs, George T.M. Shackelford, de Boston et Xavier Rey, d’Orsay ont-ils pris comme fil rouge de l’exposition le corps, alors qu’il s’agit du nu ?
Relisons Valéry qui écrivait qu’autrefois seuls les médecins, les peintres, les habitués des « maisons closes », les amants connaissaient le nu.
Pour les autres, il apparaissait comme le symbole du(...)


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