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Matisse, une seconde vie avec l’exposition Paires et séries au Centre Pompidou

Jacques-Louis Binet, correspondant de l’Académie des Beaux-Arts, explique la notion de dualité chez l’artiste exposé à Paris

Paires et séries : c’est sous ce titre que Cécile Debray décline magnifiquement, au centre Georges Pompidou, la notion de dualité, de « paires », que Pierre Schneider avait découverte dès 1986, sous le nom de « doublon » pour analyser plus de quatre-vingt-dix toiles. Pour vous faire suivre ce perpétuel « va et vient », ce répété « remake », notre chroniqueur Jacques-Louis Binet, fin connaisseur de Matisse, présente avec concision, ces cinq séries qui devraient nous conduire jusqu’au vertige.


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Quatre doublons quai Saint-Michel


L’atelier de Matisse est situé 19 quai Saint-Michel, où il habite et travaille de 1895 à 1907, avec une double vue, à gauche, vers l’ouest, le pont Saint-Michel, le Pont neuf, l’île de la Cité, le palais de justice, et dans le fond le Louvre ; à droite, vers l’est, la façade de Notre-Dame. C'est en faisant référence à ces vues que l'exposition commence.

Nous sommes face à cinq tableaux regroupés. Dans le premier de 1898, que les Stein avaient acheté, la couleur pure ; Pont Saint-Michel à Paris, effet de neige (1900), développe une manière impressionniste à partir du blanc de la neige, restée sur les rebords de trottoir et le dos des péniches. Les trois autres, de la même période, ont en commun, à gauche, une bande verticale.
Constituée par le bord de la fenêtre et la tranche du volet, cette bande est un véritable « fil à plomb », sur lequel s’appuie l’axe de la composition, qui oriente notre regard vers le quai des Grands-Augustins, le Pont-neuf et le Louvre, mais avec des couleurs différentes dans celle du centre Pompidou, « très cézanienne » une grande partie du ciel et de la droite, « n’est pas couverte » et semble esquissée ; dans la version de Santa Barbara, le vert est « apposé à plat, dans un jus très mince, selon une disposition linéaire très marquée » ; les couleurs de la troisième version sont proches de celles qu’utilisera Albert Marquet.



Matisse vit ensuite à Issy-les-Moulineaux, où il installe son atelier, puis revient, en 1913, quai Saint-Michel où il reloue un atelier, au quatrième étage, juste au dessous de l’atelier précédent.

Notre-Dame (printemps 1914), Vue de Notre-Dame (printemps 1914). C'est le printemps, le paysage et les détails sont bien dessinés, c’est le débordement du présent, la sensation immédiate : les passants, la couleur de la seine, qui change sous le pont, un ciel, bleu et blanc, une lumière blanche qui décolore l’arbre et les entrées de Notre-Dame, du(...)


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