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Pierre Benoit (1886-1962) : un écrivain né pour l’intrigue

David Gaillardon présente l’auteur de Koenigsmark, élu en 1931 à l’Académie française

Pierre Benoit est mort le 3 mars 1962 à Ciboure, anniversaire inscrit parmi les commémorations nationales 2012. Quelqu’un a dit un jour de Pierre Benoit qu’il aurait pu être le fils de Georges Simenon et de Barbara Cartland. Si la chose semble difficile au regard de la chronologie, elle vaut d’être relevée, ne serait-ce qu’en raison des qualités d’artisan du romancier Pierre Benoit qui eut parfois recours à des ficelles un peu grosses, avouant un faible pour des héroïnes exagérément romanesques et un certain goût pour des héros timides et effacés. Il n’empêche que son succès fut immense.


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C’est pourtant une injustice de la République des Lettres que d’avoir effacé de sa mémoire l’un des auteurs les plus prolixes de l’entre-deux-guerres, et celui dont l’un des romans (Koenigsmark) fut le premier à intégrer la collection du Livre de poche chez Hachette. Albigeois par sa naissance dans la cité cathare, en 1886, Pierre Benoit a surtout passé son enfance au Maghreb, en Algérie d’abord et en Tunisie ensuite, là où son père, officier d’active, se trouva longtemps en poste. On le retrouve à Montpellier, au lendemain de son service militaire, étudiant les lettres et l’histoire. Licencié ès lettres, le jeune homme échoue de peu à l’agrégation, en 1910.



S’ouvre à lui une carrière dans l’administration, celle d’agent de ce qui était alors le sous-secrétariat aux Beaux-Arts, puis de bibliothécaire au ministère de l’Instruction publique, alors clef de voûte du dispositif de formation des élites mis en place par la république des hussards noirs. C’est là qu’après la Première Guerre mondiale, il croisera la route d’un certain Jean Paulhan, de deux ans son cadet, les deux hommes ignorant encore qu’ils se retrouveront bien plus tard à l’Académie (Paulhan sera élu en 1963).


De la guerre, la première s’entend, les deux hommes garderont le même souvenir. S’y étant jeté corps et âme en août 14, animé du sentiment de participer à une « guerre sainte », ainsi qu’il l’écrivit à sa mère, Benoit devait en revenir pacifiste convaincu. Ayant participé à la bataille de Charleroi en portant, comme son camarade, Jean Paulhan, la capote bleue et la jupe écarlate des zouaves, il conservera un souvenir traumatisant de cette expérience.



Mais revenons à la carrière de fonctionnaire de Pierre Benoit qui, pour terne qu’elle fut sans doute parfois, eut au moins le mérite de lui laisser le temps d’écrire. Un temps qu’il ne gaspilla point puisque, dès 1918, il offrait au public son premier roman : Koenigsmark, inaugurant avec ce coup d’essai, un coup de maître au plan éditorial. L’ouvrage se révéla vite un succès, savamment exploité par la maison Hachette qui venait de trouver là l’un de ses auteurs les plus prolixes mais aussi les plus lus puisque jamais tirage de Pierre Benoit ne devait dans(...)


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