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Jean Tirole : les comportements en économie ne sont pas toujours rationnels...

Une communication donnée à l’Académie des sciences morales et politiques lundi 21 novembre 2011
On doit à l’économiste Jean Tirole, des théories sur les comportements individuels et sociaux. Autrement dit, il étudie l’économie comportementale, intégrant à l’économie la psychologie et l’analyse des comportements humains, toujours plus complexes qu’on ne le croit. Dans cette communication intitulée "Rationalité, psychologie et économie", il a expliqué, à l’aide de nombreux exemples, quelques unes des théories en cours : théorie des jeux, dilemme du prisonnier, jeu du dictateur.


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Référence : ES638
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Date de mise en ligne : 11 décembre 2011

L’intervenant, élu à l’Académie des sciences morales et politiques le 27 juin 2011, succédant à Maurice Allais. Il a été le lauréat du Prix Lévi-Strauss 2010.

Il a introduit son propos de la manière suivante :

"J’aimerais rapprocher l’évolution de ce que l’on appelle l’économie comportementale avec les développements de l’économie en général. Pour cela, quelques remarques liminaires sur la façon dont les économistes appréhendent le comportement humain m’apparaissent nécessaires. Les économistes partent généralement d’individus plus que de groupes, même si les phénomènes liés aux comportements collectifs ont beaucoup attiré leur attention récemment. Ces individus sont des ménages, des décideurs d’entreprises, des hommes politiques qui agissent au mieux de leurs intérêts. Étant donnée l’information souvent limitée dont ils disposent et étant donnés leurs objectifs, on peut considérer qu’ils se comportent rationnellement.

Jean Tirole aux côtés de Gabriel de Broglie, Chancelier de l'Institut de France.
Jean Tirole aux côtés de Gabriel de Broglie, Chancelier de l’Institut de France.

L’économie moderne est basée sur deux thèmes unificateurs.

- Le premier est la théorie des jeux, théorie déjà ancienne développée initialement par des mathématiciens, le Français Émile Borel et l’Américain John von Neumann, et plus récemment par les économistes et les chercheurs en sciences sociales en général.

La théorie des jeux décrit des choix de stratégie par des acteurs qui sont en situation d’interdépendance et ont des intérêts divergents, par exemple un oligopole qui se bat sur un marché ou des hommes politiques qui sont en concurrence pour une élection.

- Le deuxième thème unificateur de l’économie moderne est la théorie de l’information, appelée aussi, selon l’application que l’on en fait, théorie des incitations, théorie des contrats, théorie du signal, théorie du principal-agent. Elle consiste dans l’utilisation stratégique d’informations privilégiées par des acteurs. On y trouve deux grandes branches : d’une part, l’aléa moral qui est lié au fait que certaines actions que l’on prend ne sont pas vérifiables par d’autres ; d’autre part, l’anti-sélection qui consiste à disposer d’informations que l’on peut manipuler. Par exemple, dans une relation de métayage, celui qui gère un terrain peut avoir l’information sur sa productivité, mais il peut aussi ne pas travailler très durement. Ce schéma s’applique aussi à la régulation, à la finance d’entreprise, à la gouvernance, etc.

Ces deux théories, celle des jeux et celle de l’information, ont été beaucoup utilisées dans tous les domaines de l’économie, mais aussi en sciences politiques, en sociologie, en psychologie et en droit. Pour ce qui est strictement de l’économie, cette discipline s’est construite au XXe siècle en supposant que les individus étaient rationnels. Mais, depuis une dizaine d’années, les économistes reviennent vers la psychologie à travers l’économie comportementale et la neuro-économie.

L’idée est de mieux comprendre les comportements car on constate que l’homo œconomicus ou l’homo politicus ne se comporte pas exactement comme le prédit la théorie.

Dans cette émission enregistrée dans la salle des séances de l’Académie, vous pouvez écouter l’intégralité des propos de Jean Tirole et lire son texte sur le site www.asmp.fr






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