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Les banques ne sont que des miroirs...

La chronique Economie et finances de Jean-Louis Chambon, président du prix Turgot

La crise économique a fait des banques des boucs émissaires, constate Jean-Louis Chambon qui explique ici comment ces dernières ne sont que des miroirs de notre société. Pour lui, rien n’est plus contreproductif que de s’en prendre au système bancaire car sa puissance est l’un des instrument de la souveraineté des Etats. C’est agir contre ses propres intérêts...


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Pendant que s'instruit le procès des banques sur la place publique, à grand renfort médiatique de débats -des «Saint-Just des primaires» aux mots jamais assez durs contre les « spéculateurs qui rançonnent leurs clients »-, le grand silence de la parole publique et des partis au pouvoir est devenu assourdissant : l’honnête homme autant que celui de la rue s’interroge : «Que peut cacher un tel consensus dans un pays où même l'appellation de «mademoiselle » déclenche controverses et passions ?».

- La première piste de réponse est historique : une culture nationale « d'héritage révolutionnaire » : contre les bourgeois, les riches, les rois et les instruments de leur pouvoir, l'argent et les banques.

- Si on ajoute à cela 50 ans de doctrine économique universitaire majoritairement d'inspiration étatico-marxiste dont il résulte une inculture économique de la société civile assez terrifiante, on comprend le retour de cette tentation du bouc-émissaire qui frappe les Banques.

Et pourtant, non, à bien y regarder, les banques françaises n'ont rien à se reprocher qui puisse justifier ces propos haineux, et cette volonté « de les mettre au pas » ou sous tutelle.

Victimes de la crise mondiale de 2008, elles ont été d'abord taxées à travers le soutien à leur trésorerie à hauteur de 2 milliards d'euros, ce qui est un comble : qu'aurait–on entendu si ce même type d'aide à un secteur en crise mondiale, par exemple celui des agriculteurs, avait entrainé une telle rançon !

Mais n'ont-elles pas spéculé ?

Sauf exception, pour quelques établissements, elles n'ont enregistré que des dégâts collatéraux du système installé par les dérives des banques anglo-saxones, subprimes et autres «toxicitées».

D'ailleurs, elles sont sorties renforcées relativement à leurs consoeurs anglo-saxonnes de la première crise. Quant à la crise de la dette, peut-on, sans être ignorant ou totalement hypocrite, leur reprocher d'avoir donner la priorité à leur mission première de financement de l'économie, en répondant aux demandes insistantes de financement des Etats européens (ayant passés les stress test de l'entrée à l’Europe, certes en trichant honteusement pour certains, notés 3A par les agences de notation et donc censés constituer un « risque souverain », de facto incompatible avec un défaut de paiement) ?

Que l'on sache, les Etats sont des(...)


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