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Jean-François Mattéi défait « Le procès de l’Europe »

Les héritiers de l’Europe deviendraient-ils ses fossoyeurs ? Entretien avec Damien Le Guay

L’affaire semble entendue : l’Europe serait une idée morte. Nous assistons à son meurtre par ceux-là même qui devraient en être les héritiers et qui s’acharnent à en être les fossoyeurs. Ses prétentions universalistes auraient produit, d’une manière impardonnable : les guerres, les exterminations de masse, la traite des noirs, des discriminations vis-à-vis des femmes, des homosexuels…. L’Europe doit, toujours et encore, battre sa coulpe. Se penchant sur les "grandeurs et misères de la culture européenne", le philosophe historien des idées propose ici des clés de réflexion essentielles.


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L’Europe est devenue, nous dit-on : « une vacuité substantielle » et une « ouverture absolue ». Vacuité pour être dans l’impossibilité de se définir, de comprendre ses « racines » et d’où elle vient – elle qui refuse à se donner une identité propre et donc exclusive et donc excluante. Ouverture pour devoir quitter ce modèle européanocentré et rallier le multiculturalisme, le mélange des provenances, la complémentarité des identités.



Dans son dernier livre (Le procés de l’Europe, Puf, 2011) Jean-François Mattéi (que nous avons déjà reçu à Canal Académie) vient rétablir le point de vue sur l’Europe. Est-il avocat de la défense ou juge en équité ? Il nous apporte là, dans cet entretien avec Damien Le Guay, des explications significatives pour réhabiliter l’Europe, son dessein et son importance historique et culturelle.

Jean-François Mattéi explique, d’abord, en quoi l’Europe est, par nature « ethnodécentrée » et non pas, comme on le dit trop souvent, centrée sur elle-même. Pourquoi ? Elle a besoin des autres pour les comprendre (et aussi les prendre), pour porter son regard sur des réalités extérieures à elle.

Il nous donne des clés d’analyse quant à l’universalité de l’Europe. Au centre de son centre, selon l’analyse de J. Patocka, dans son « souci de l’âme », l’Europe aurait toujours souhaité comprendre le monde (avec comme corollaire la science), comprendre la vie commune et ses lois (avec le développement des formes politiques comme la démocratie – qui est d’origine européenne) et comprendre l’homme, son âme et sa manière d’être (avec la constitution d’une éthique et d’une philosophie.)

Pour tous ceux qui ont des a priori négatifs sur l’Europe et entendent son requiem depuis longtemps, cet entretien est des plus salutaires. Il provoque – au sens d’en appeler à quelqu’un d’autres, à d’autres points de vue – et le revendique.


Jean-François Mattéi réhabilite cette idée européenne, soumise aux flots critiques des amis de la déconstruction, et considère qu’il importe de la ressaisir sous peine d’assister, à terme, à une catastrophe d’éclatement, de dispersion et donc de disparition.



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