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La chasse au Moyen Âge : l’accomplissement d’un rituel, avec (déjà) un code de bonne conduite !

Le cerf, l’ours, l’oiseau, le lapin ? Suivez la piste avec l’historien Michel Pastoureau

De tous temps, la chasse a représenté pour les hommes un moyen de se nourrir et de se vêtir. Mais, à côté de cette fonction utilitaire, au Moyen-âge, elle était riche de significations politiques, morales et religieuses, reflétant les structures et les modes de pensée de la société. L’historien Michel Pastoureau, correspondant de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, est l’invité d’Anne Jouffroy pour évoquer ce sport, cet art de vivre et ce divertissement, très codifié. Qui chassait ? Comment chassait-on ? Pourquoi et comment l’Église instaura-t-elle un nouvel art de chasser ?


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Rois, nobles, bourgeois, paysans,, tous chassaient. Chaque groupe social avait son type de chasse. Les peintures, les enluminures, les tapisseries, les fanfares, les contes, les traités de chasse – dont les deux fameuses compilations du Roi Modus et de Gaston Phébus - nous renseignent sur les techniques, les tenues, les usages et l'éthique de la chasse médiévale.

Le roi, le prince, le seigneur se devaient de chasser

La chasse, en milieu aristocratique, était d'abord et avant tout un rituel. Un roi qui n'aimait pas chasser, était suspect. Il devait se forcer à le faire pour bien remplir son métier de roi. Saint Louis, à qui la chasse répugnait, fut obligé d'assumer cette fonction royale essentielle.
Michel Pastoureau précise que ce rituel, pour la vénerie, était particulièrement bruyant : « Au fond, la fonction première de la chasse, c'était de faire du bruit ! ».

L' Église inversa la hiérarchie des valeurs entre l'ours, le sanglier et le cerf

Les Romains, les Germains, les Celtes, les Slaves n'aimaient pas chasser le cerf parce que le cerf fuit et qu' il n'y a pas de corps à corps dans un combat ultime entre le chasseur et le gibier. La chasse à courre à l'ours et au sanglier était violente, mais le chasseur y avait la sensation de capter la puissance de l'animal sauvage. Cette chasse ancestrale, pratiquée encore pendant le haut Moyen Âge, exigeait un contact charnel, un affrontement physique entre l'homme et l'animal, avec des échanges de souffles, de sangs. Cette intimité bestiale terrifiait les théologiens qui y voyaient, à juste titre, des traces des traditions païennes. l'Eglise chercha à imposer la chasse au cerf, moins brutale; il lui fallut un demi-millénaire pour parvenir à modifier les mentalités. Au XIVe siècle, l'affaire fut entendue : tous les traités de vénerie glorifiaient la « belle chasse au cerf » au détriment de la courre à l'ours et au sanglier.

Le livre de chasse de Gaston Phébus

Pendant les années 1385-1388, Gaston Phébus, comte de Foix, vicomte de Béarn, grand chasseur dans les montagnes(...)


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