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L’Europe et les démons de la politique intérieure de ses Etats membres : l’exemple portugais

Une nouvelle chronique européenne de Jean-Dominique Giuliani

Le Portugal fait partie de ces Etats-membres en difficulté financière qualifiés odieusement de PIGS (acronyme de Portugal, Irlande, Grèce et Espagne, en anglais Spain). Si le cas grec a été révélé par la crise financière, semble-t-il mère de tous les maux, les déboires portugais ont une source plus pernicieuse : une crise politique interne. Jean-Dominique Giuliani, président de la fondation Robert Schuman, nous dévoile les troubles qui agitent l’Etat lusitanien.


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Le Portugal n’a connu ni crise bancaire, ni bulle immobilière, ni dissimulation de ses comptes.
Il n’est donc pas une victime des suites de la tourmente financière de 2008.
Et pourtant l’Union européenne et le Fonds monétaire international viennent de répondre favorablement à sa demande et s’apprêtent à débloquer 78 milliards d'euros pour lui venir en aide dans l’urgence.

L’origine de ses difficultés est politique.

Confronté à une très faible croissance, qui s’explique par une baisse de compétitivité et qui laisse entrevoir pour l’année 2011 un déficit budgétaire approchant les 10% du PIB, le gouvernement du socialiste José Socrates a vainement tenté de faire passer au Parlement un programme de rigueur sévère mais nécessaire qui réduisait les dépenses publiques, un certain nombre d’avantages fiscaux, les indemnités de licenciement et augmentait nombre d’impôts et de taxes. L’opposition refusant d’entériner ces mesures, il était conduit à démissionner le 23 mars dernier, le président de la République convoquant alors des élections générales pour le 5 juin.
Aussitôt la crise politique connue, les agences de notation dégradaient immédiatement la note du Portugal, traduisant en cela le manque de confiance qu’on pouvait nourrir envers une classe politique largement irresponsable et aggravant immédiatement la situation d’un pays déjà endetté à hauteur de 93% de sa richesse annuelle. Le pays était alors obligé de faire appel à l’aide extérieure.

On comprend que l’opposition ait voulu tirer partie des difficultés du pays pour tenter de s’emparer du pouvoir. Le Parti Social démocrate de Centre-droit, celui-là même que présidait José-Manuel Barosso qui fut Premier ministre avant d’être appelé à la présidence de la Commission européenne, jouait la politique du pire, au mépris des intérêts portugais et au risque d’ajouter un problème à ceux de la zone Euro.

Or le programme d’austérité que s’apprêtent à conclure le Portugal avec l’Union européenne et le FMI se révèle au moins aussi draconien que celui qui aurait pu faire l’objet d’un accord national. Bien plus, les Européens et le FMI ont exigé et obtenu l’accord et le soutien de ces mesures par l’opposition parlementaire !

La campagne pour les élections(...)


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