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Les langues régionales de France : les langues d’oïl, les plus fragilisées (15/20)

Une série proposée par la linguiste Henriette Walter

C’est dans les régions les plus proches de l’Ile-de-France que les patois d’oïl, qui s’étaient toutefois maintenus pendant assez longtemps à la campagne, ont connu un déclin plus rapide, non seulement par abandon de la transmission de génération en génération, mais aussi par fusion progressive et inconsciente de formes voisines, d’autant plus aisées à être confondues qu’elles étaient plus proches du français. Il en est résulté une sorte de “grignotage” du patois par le français dominant, ce qui créera progressivement un « patois francisé », qui finira bien souvent par se confondre avec le français régional.


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- Le « croissant »

D'ailleurs, sur le terrain, à la frontière entre les langues d'oc et d'oïl, se sont créées des zones d'instabilité et d'interférences entre les divers usages, connues sous le nom de "croissant", un nom créé par le dialectologue Jules Ronjat : cette zone en forme de croissant prend naissance au sud d' Angoulême et se prolonge jusqu'au département de l'Allier, où elle rejoint une autre zone d'interférences, cette fois avec le francoprovençal.








- Diversité des parlers d'oïl

Tout comme en domaine d'oc, le latin a évolué en se diversifiant dans la moitié nord de la France et, comme partout ailleurs, la délimitation des diverses variétés d'oïl ne peut pas être précise, car on passe la plupart du temps insensiblement d'un parler à l'autre.
On les désigne le plus souvent en se référant aux noms des anciennes provinces : Poitou, Saintonge, Bretagne, Normandie, Picardie, Lorraine, Franche-Comté, Bourgogne, Bourbonnais, Champagne, Berry... Mais ces dénominations ne sont qu'approximatives et ne correspondent pratiquement jamais aux limites des anciennes provinces, car certains traits, par exemple, sont communs au picard et aux usages de la Haute-Normandie, la Franche-Comté se partage entre oïl et francoprovençal, et même la partition entre oc et oïl ne se fait pas selon une ligne bien nette mais au-delà de la bande aux contours irréguliers de ce qui a été nommé le « croissant ».

Sur le plan dialectal, on peut toutefois identifier trois groupes, qui regroupent chacun des dialectes partageant des traits communs :