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Nicolas Bouzou : Le chagrin des classes moyennes

Selon l’économiste, les statistiques cachent la réalité ! Explications au micro de Jean-Louis Chambon

Jean-Louis Chambon reçoit Nicolas Bouzou pour parler de son livre Le chagrin des classes moyennes. A quel niveau de salaire est-on riche ou pauvre ? Quelles sont les inégalités ? Selon l’auteur, désormais nul n’est à l’abri de la précarité, c’est du moins ce que ressentent cruellement les « classes moyennes »...


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Nicolas Bouzou excelle dans l'art de la pédagogie. Sa nouvelle parution en est l'illustration. Pour comprendre en effet les subtilités de ces frontières symboliques de classification entre les "riches" et les "pauvres", et celle, mouvante et floue des « classes moyennes », il faut savoir distinguer salaires et revenu disponible et niveau de vie.

- Si vous gagnez 28000 euros par an, vous être «riche » car appartenant aux tranches les plus élevées (deux derniers déciles du haut des tranches de revenus), mais il n’est pas sûr que votre « niveau de vie » soit satisfaisant si vous êtes seul (e) avec trois enfants…

- A 19000 euros vous êtes juste sur la médiane (50% gagnent plus et 50% moins) mais si votre « revenu disponible » additionne votre salaire et d’autres ressources vous êtes peut-être à l’aise…

- Par contre en-dessous de 13000 euros vous êtes installé chez «les pauvres».

Pourtant ces statistiques cachent l’essentiel, des inégalités croissantes, plus on est riche, plus on s’enrichit. Les revenus du dernier décile augmentent deux fois plus rapidement que ceux du reste de la population et à l’intérieur même de la tranche la plus haute (1%), les écarts sont exponentiels ; les 3 500 contribuables qui disposent des revenus les plus élevés ont vu leur salaire augmenter de 6,1 % par an de 98 à 2006 soit 10 fois plus chaque année que le reste de la population ! et le salaire des très très riches défraie la chronique : 1567 années de SMIC pour celui de Thierry Henry !

Ce portrait saisissant d’une France à un moment clé de son histoire économique et sociale est aussi celui où des classes -hier « de notables »- ont du mal à boucler leur fin de mois : désormais nul n’est à l’abri de la précarité, c’est ce que ressentent cruellement dans leur chair ces « classes moyennes », c’est-à-dire la majorité des Français. Ils justifient « leur chagrin » par un pacte social des trente glorieuses qui se délite : accéder aux crédits, s’acheter une voiture et un logement, de bonnes études pour les enfants, paraît de plus en plus difficile, c’est en tous cas cette perception (peut-être dramatisée) des faits qui laisse à penser à la « France d’en bas » que ce modèle est mort.

Toutefois pour Nicolas Bouzou « ce chagrin des classes moyennes » ne doit pas se muer en tragédie politique : « le capitalisme contemporain réserve le meilleur sort à la perfection et rejette(...)


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