Le Club

Découvrez le club Canal Académie et créez votre compte dès maintenant pour profiter des avantages, des exclusivités, des services...

Découvrir le Club

Point de vue : Pr André Vacheron sur l’euthanasie

de l’Académie des sciences morales et politiques, ancien président de l’Académie nationale de médecine

Le Pr André Vacheron résume son point de vue sur la proposition de loi visant à légaliser l’euthanasie, ou plus exactement "l’assistance médicale pour mourir", proposition repoussée par le Sénat mercredi 26 janvier 2011 par 170 voix contre 142. Nul doute que le débat reviendra sur le devant de la scène et que les assemblées parlementaires seront à nouveau appellées à se prononcer durant 2012 ou 2013. Notre invité rappelle la déontologie médicale, les risques de dérive et évoque aussi les situations exceptionnelles.


Bookmark and Share

Cette émission a été enregistrée en janvier 2011.

Si une large majorité de Français (60% selon un sondage sur 1015 personnes de plus de 18 ans réalisé par Opinion Way pour la Société française de soins palliatifs, en janvier 2011) disent préférer le développement des soins palliatifs à la légalisation de l'euthanasie, que faut-il entendre exactement sous ce mot ? Est-ce un droit à mourir ou un permis d'accorder la mort dans certaines conditions ?
- "Ni l'un ni l'autre" répond le professeur Vacheron, qui compte parmi les membres de l'Observatoire national de fin de vie mis en place il y a un an (janvier 2010) par le Ministère de la santé, "c'est un acte délibéré qui provoque la mort d'un malade incurable pour abréger ses souffrances ou son agonie. Elle est considérée comme un meurtre, comme un homicide, dans la législation actuelle". Et de préciser que l'euthanasie ne saurait non plus être considérée comme une alternative aux soins palliatifs qui sont un accompagnement de fin de vie, ôtant autant que faire se peut la souffrance et l'angoisse.

Il rappelle que les soins palliatifs, largement développés depuis la loi Léonetti de 2005, ont permis une mise en place de plus de 105 unités en milieu hospitalier, plus de 6000 lits et des accompagnements à domicile par des équipes spécialisées.

La dérive majeure à craindre ?
- que l'on en vienne à confondre l'aide à mourir et l'aide au suicide. Dans certains pays, comme la Suisse, l'acte pour aider au suicide est toléré. "On n'est plus dans l'assistance à une personne en fin de vie. La porte sera ouverte à toutes les formes d'euthanasie, on finira par admettre l'euthanasie pour les déprimés, les très âgés, les grands malades, les personnes vulnérables et on finira par tuer pour des motifs personnels (un malade lourd à porter...) ou de société (les malades coûtent cher...)"

Il rappelle que la loi Léonetti prônant les soins palliatifs permet de respecter la personne et sa volonté librement exprimée de ne pas subir d'acharnement thérapeutique. Il n'y a aucun cas de geste létal pour abréger la vie et obtenir une mort plus rapide.

Les tenants de l'euthanasie n'utilisent d'ailleurs le mot euthanasie mais l'expression "Assistante médicalisée pour mourir". S'il y a assistance ou aide à...(...)


© Canal Académie - Tous droits réservés

Notez cette émission :

Pour poursuivre la lecture de cet article et écouter cette émission,
devenez membre du Club pour 25€ par an seulement ! abonnez-vous ici Déjà abonné ? identifiez-vous

Commentaires