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Le philobiblion
Le premier traité de l’amour des livres
Le philobiblion composé vers 1340, est le premier traité de l’amour des livres. Son auteur Richard de Bury évêque de Durhan était chancelier d’Angleterre. L’édition princeps date de 1473, la première traduction française de 1856.
A Londres, au 81 Pall Mall, à deux pas de King street, se tenait autrefois la librairie de Beriah Botfield (1807-1863). Celui-là, antiquaire distingué et bibliographe, était aussi membre du Roxburghe Club réunissant les plus grands bibliophiles anglais depuis 1812. Les goûts de Botfield étaient conventionnels pour l'époque : incunables, classiques et bibles, imprimés de préférence sur vélin, pas le papier, la peau. Il s'intéressait aussi aux ouvrages d'histoire naturelle et aux livres comportant des planches couleurs, aussi bien modernes qu'anciens. S'il tenait à un état de parfaite conservation de ses volumes, il aimait à les faire relier en plein maroquin orné de fers par Simié, Bozérian jeune, Roger Payne ou Charles Lewis. Un habit neuf et de luxe pour un monument ancien prestigieux.
Botfield mourut à l'âge de 56 ans. Sa bibliothèque fut conservée intacte, dans sa famille, à l'exception des manuscrits vendus au cours des quinze dernières années. Finalement, on demanda 1994, à Christie's de mettre en vente la partie la plus importante de cette bibliothèque. Elle nécessita une dizaine de vacations. Parmi les incunables, les Bibles, les impressions en grec, et autres classiques constituant le catalogue Botfield, se trouvait une édition princeps du Philobiblion de Richard de Bury, imprimé à Cologne en 1473 (in-4° de 48 ff. à 26 l. par page). Cet ouvrage est important pour les bibliophiles, car il s'agit du premier traité de l'amour des livres, composé au quatorzième siècle par Richard d'Aungervile, dit Richard de Bury, évêque de Durham et Grand Chancelier d'Angleterre (1287- 1345). Celui-ci s'étant retiré de la vie politique, vers 1343, avait décidé de ne plus vivre qu'au milieu de ses livres. Il n'en était pas moins homme de Dieu car l'un de ses commandements tenait en quelques lignes : «Non seulement nous remplissons un devoir envers Dieu en préparant de nouveaux volumes mais nous obéissons à l'obligation d'une sainte piété, si nous les manions délicatement, ou si, en les remettant à leurs places réservées, nous les maintenons dans une conservation parfaite, de façon qu'ils se réjouissent de leur pureté et qu'ils reposent à l'abri de toute crainte, lorsqu'ils sont placés dans leurs demeures ». Des paroles qui datent de 1340, au siècle où Dante expirait, tandis que Pétrarque et Boccace abordaient la littérature.
Richard d'Aungervile était vraisemblablement Normand et sans doute moine bénédictin. Nommé précepteur du prince de Galles, le futur(...)
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