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Séance solennelle de rentrée de l’Académie des sciences 2010 (1/2)

Remise des prix de l’Académie des sciences et discours de clôture de Jean Dercourt sur Alfred Wegener
Retransmission intégrale de la séance solennelle de rentrée de l’Académie des sciences, de remise des grands Prix et des Prix thématiques. Jean Salençon, président de l’Académie des sciences, évoque, en ouverture, la place des ingénieurs dans la science depuis la création de l’Ecole des mines en 1694. Jean Dercourt, dans son discours de clôture, raconte l’histoire de l’acceptation d’une théorie révolutionnaire en 1915 : la dérive des continents, d’Alfred Wegener.


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Référence : cou547
Adresse directe du fichier MP3 : http://www.canalacademie.com/emissions/cou547.mp3
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Date de mise en ligne : 28 novembre 2010

Au cours de cette rentrée solennelle de l’Académie des sciences, et selon l’usage, Jean Salençon a évoqué la mémoire des confrères décédés depuis un an. Retrouvez leurs fiches biographiques sur le site de l’Académie des sciences.

- Gérard WLÉRICK
- Jacques ANGELIER
- Ivan ASSENMACHER
- Evry SCHATZMAN
- Paul MALLIAVIN
- Claude JEANMART
- Marc JULIA
- Marc CHABRE
- Jean MONTREUI
- Noël FÉLICI
- Georges CHARPAK
- Carlo CERCIGNANI
- Robin MILNER
- Robert POUND
- Vladimir ARNOL’D

Discours de Jean SALENÇON, Président de l’Académie des sciences

Mesdames, Messieurs,
Comme chaque année, la lecture de notre palmarès se terminera par la remise des Médailles décernées par l’Académie des sciences aux lauréats des Olympiades nationales et internationales et à des élèves diplômés ingénieurs de deux de nos Grandes Écoles scientifiques : l’École Centrale et l’École polytechnique. Pour cette dernière, l’Académie a souhaité modifier le libellé des Médailles Louis Édouard RIVOT, prix fondé il y a 120 ans, en distinguant désormais les élèves primés pour leur intérêt particulier pour la recherche scientifique et la qualité de leurs travaux au cours de leur formation, sans référence à leur éventuel classement. Il s’agissait là, pour l’Académie comme pour l’École, de s’adapter aux modifications des structures des Grands Corps techniques de l’État, qui ont été récemment mises en place, et de prendre en compte les importantes réformes intervenues à l’École polytechnique, notamment pour son recrutement international. Élargissant le débat, nous nous proposons de réfléchir quelques instants sur la place de la science dans la formation des ingénieurs. C’est d’abord une curieuse histoire que celle du mot « ingénieur » : à l’origine, constructeur de machines de guerre - les « engins » sont encore présents dans le vocabulaire militaire actuel – il reçoit, dans l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, une définition plus large qui distingue trois sortes d’ingénieurs : pour la guerre, pour la marine, et pour les ponts et chaussées. Définition qui précise en outre que : « Toutes ces sortes d’hommes sont élevés dans des écoles, d’où ils passent à leur service, commençant par les postes les plus bas et s’élevant avec le temps et le mérite aux places les plus distinguées ».
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Séance de rentrée solenelle de l'Académie des sciences le 23 novembre 2010.
Séance de rentrée solenelle de l’Académie des sciences le 23 novembre 2010.
© Canal Académie

Lecture du palmarès des Grands Prix et prix thématiques par Jean-François Bach, Jean Salençon et Alain Carpentier

Liste complète sur le site de l’Académie des sciences

LES GRANDS PRIX

PRIX de NEUROLOGIE de la Fondation LAMONICA : il est attribué à Antoine TRILLER, directeur de l’Institut de Biologie de l’École Normale Supérieure de Paris.

PRIX de CARDIOLOGIE de la Fondation LAMONICA : il est attribué à Philippe MENASCHE, professeur de chirurgie cardiovasculaire à l’Hôpital Européen Georges Pompidou et directeur de l’Unité Inserm « Thérapie cellulaire en pathologie cardiovasculaire ».

PRIX FRANCO-TAIWANAIS : il est décerné à Patrick SOUKIASSIAN, professeur de physique à l’Université de Paris-Sud à Orsay et chercheur au CEA, Centre de Saclay et Yeukuang HWU, professeur de l’Institut de Physique à l’Academia Sinica.

PRIX Richard LOUNSBERRY : il est attribué à Gérard KARSENTY, professeur à l’Université de Columbia où il dirige le département de génétique et développement.

PRIX de la Fondation ALLIANZ – INSTITUT DE FRANCE : il est décerné à Eric GILSON, professeur à la Faculté de Médecine de Nice, qui dirige actuellement le laboratoire de Biologie et Pathologie des Génomes, unité mixte de recherche CNRS-INSERM et Université de Nice Sophia Antipolis.

PRIX AMPÈRE de l’ÉLECTRICITÉ de FRANCE : il est décerné à Nicolas NIKOLSKI, professeur à l’Université de Bordeaux I. Nicolas Nikolski a effectué des travaux fondamentaux sur la théorie spectrale des opérateurs et ses rapports avec l’analyse harmonique réelle et complexe.

PRIX de la Fondation d’ENTREPRISE EADS (Sciences et Ingénierie) : il est décerné à Pierre SAGAUT, professeur à l’Université Pierre et Marie Curie, affecté à l’Institut Jean le Rond d’Alembert à Paris.

PRIX Charles Léopold MAYER : il est attribué à Robert TJIAN, professeur de biologie moléculaire et cellulaire à l’Université de Californie à Berkeley. Robert Tjian a été un des pionniers de la biologie moléculaire.

PRIX de la Fondation d’entreprise EADS (Sciences de l’information) : il est attribué à David Guiraud, directeur de recherche à l’INRIA à Sophia Antipolis. David Guiraud est un des pionniers des neuroprothèses pour la restauration ou la réhabilitation des fonctions motrices chez les blessés médullaires.

PRIX Jacques HERBRAND : il est décerné à Julie GROLLIER, chargée de recherche au CNRS. À moins de 35 ans, Julie GROLLIER a déjà grandement contribué aux progrès de la spintronique.

PRIX de Mme Victor NOURY : il est décerné à Rodrigo IBATA, directeur de recherche au CNRS à l’Observatoire Astronomique, Université Louis Pasteur de Strasbourg. Rodrigo Ibata a obtenu une renommée internationale comme spécialiste des halos d’étoiles présents autour des galaxies.

PRIX du COMMISSARIAT à l’ÉNERGIE ATOMIQUE (CEA) : il est attribué à Alain JACQUIER, directeur de recherche au CNRS à l’Institut Pasteur. Alain Jacquier a apporté plusieurs contributions remarquables dans divers domaines de la biologie moléculaire des ARN.

PRIX Michel GUILLOUD - SCHLUMBERGER : il est décerné à Olivier BEYSSAC, chargé de recherche au CNRS, Institut de Minéralogie et de Physique des Milieux Condensés à Paris.

PRIX DOLOMIEU, fondé par le BRGM : il est décerné à Pierre CHOUKROUNE, professeur émérite à l’université Paul Cézanne à Aix- Marseille 3. Pierre Choukroune est un pionnier de la nouvelle géologie structurale, développée dans les années 1990, lorsque le paradigme de la tectonique des plaques a émergé.

PRIX Emilia VALORI : il est décerné à Catherine PRIGENT, directeur de recherche au CNRS. Catherine PRIGENT, Directeur de recherche au CNRS a créé de toutes pièces, en France puis en Europe, le groupe de recherche en télédétection spatiale utilisant les techniques micro-ondes millimétriques et submillimétriques.

GRANDS PRIX THÉMATIQUES

PRIX Étienne ROTH du COMMISSARIAT à l’ÉNERGIE ATOMIQUE (CEA) : il est décerné à Manuel MOREIRA, professeur des universités à l’université Paris VII Denis Diderot, Institut de Physique du Globe de Paris.

PRIX Aymé POIRSON : il est décerné à Yves BRÉCHET, professeur à l’Institut national polytechnique de Grenoble (INPG).

PRIX JAFFÉ / Institut de France (physique) : il est décerné à Bernard PANNETIER, directeur de recherche au CNRS, Institut Néel, équipe “Cohérence quantique” à Grenoble.

PRIX Aniuta WINTER-KLEIN : il est décerné à Benoît DOUÇOT, directeur de recherche au CNRS, laboratoire de physique théorique et hautes énergies, université Pierre et Marie Curie à Paris. Benoît Douçot est un théoricien qui combine la théorie au meilleur niveau avec les développements expérimentaux les plus récents.

PRIX Alexandre JOANNIDES (mathématique) : il est décerné à Michel BRION, directeur de recherche au CNRS à l’Institut Fourier à l’université de Grenoble I. Michel Brion est l’auteur de nombreux travaux profonds sur les groupes algébriques, la théorie des représentations et les aspects géométriques qui s’y rattachent.

PRIX Alexandre JOANNIDES (biologie moléculaire et cellulaire, génomique) : il est décerné à Robert FEIL, directeur de recherche au CNRS à l’Institut de génétique moléculaire de Montpellier.

PRIX FONDÉ par l’ÉTAT : il est décerné à Richard MILES, directeur de recherche au CNRS, Centre de recherche de l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (CRICM) à Paris.

PRIX FOULON : il est décerné à Daniel VALLAURI, docteur en écologie à l’université de Marseille, responsable du programme “Conservation des forêts” du World Wildlife Fund for Nature.

PRIX Léon LUTAUD : il est décerné à Jean-François STEPHAN, directeur de l’Institut national des sciences de l’univers (INSU) du CNRS, professeur à l’université de Nice-Sophia-Antipolis, laboratoire Géosciences Azur à Sophia Antipolis.

Prix Roger-Jean et Chantal GAUTHERET : il est décerné à François PARCY, directeur de recherche au CNRS, laboratoire de physiologie cellulaire végétale à Grenoble.

PRIX THÉMATIQUES

PHYSIQUE

PRIX Anatole et Suzanne ABRAGAM : il est décerné à François PARCY, directeur de recherche au CNRS, laboratoire de physiologie cellulaire végétale à Grenoble. François Parcy a obtenu des résultats de tout premier plan sur le développement de la graine et de la fleur.

SCIENCES DE L’UNIVERS

PRIX Paul BERTRAND, Georges. DEFLANDRE et Marthe. DEFLANDRE-RIGAUD, Jean CUVILLIER : il est décerné à Jean VANNIER, directeur de recherche au CNRS, paléontologue à l’université de Lyon I. Jean Vannier a consacré une grande partie de sa carrière aux faunes d’invertébrés du Précambrien et du Cambrien.

PRIX Fernand HOLWECK : il est décerné à Claude VALSARDIEU, ingénieur-géologue-prospecteur, directeur honoraire de la prospection de l’uranium successivement au Commissariat à l’énergie atomique, à Péchiney, à Minatome et à Total Compagnie Minière.

BIOLOGIE MOLÉCULAIRE ET CELLULAIRE, GÉNOMIQUE

PRIX LANGEVIN : il est décerné à Pascale ROMBY, directeur de recherches au CNRS, Institut de biologie moléculaire et cellulaire de Strasbourg.

PRIX Pierre DESNUELLE : il est décerné à Frédéric DARDEL, professeur des universités, directeur du laboratoire de cristallographie et RMN biologiques, directeur de l’Institut « Médicament, Toxicologie, Chimie et Environnement » à l’université Paris Descartes.

PRIX Louis-Daniel BEAUPERTHUY : il est décerné à Florence DEMENAIS, directeur de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, directeur de l’unité mixte INSERM-université Paris Diderot « Variabilité Génétique et Maladies Humaines » au sein de la fondation Jean Dausset-CEPH.

BIOLOGIE INTÉGRATIVE

PRIX MONTYON : il est décerné à Carlo PETOSA, chercheur à l’Institut de biologie structurale à Grenoble. Carlo Petosa rejoignit l’Institut de biologie structurale à Grenoble après un parcours particulièrement brillant : thèse à Harvard sur les toxines de l’anthrax, stage postdoctoral à l’université de Leicester, séjour de plusieurs années à l’EMBL.

PRIX du Docteur et de Madame Henri LABBÉ : il est décerné à Philippe BESNARD, professeur à l’université de Bourgogne, unité Inserm “Lipides, nutrition, cancer”.

PRIX Auguste CHEVALIER : il est décerné à Catherine CURIE, directeur de recherche au CNRS, UMR 5004 “Biochimie et physiologie moléculaire des plantes” à l’université de Montpellier.

APPLICATIONS des SCIENCES à l’INDUSTRIE

PRIX Gustave RIBAUD : il est décerné à Gérard RIESS, professeur émérite à l’université de Haute Alsace.

HISTOIRE des SCIENCES et ÉPISTÉMOLOGIE

PRIX BINOUX, Henri de PARVILLE, Jean-Jacques BERGER, REMLINGER : il est décerné à André GUILLERME, professeur titulaire de la chaire d’histoire des techniques au Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM), directeur du Centre d’histoire des techniques et de l’environnement (CNAM) et professeur à l’Institut français d’urbanisme à l’Université Paris 8.

PRIX GRAMMATICAKIS-NEUMAN : il est décerné à Anne-Marie MOULIN, directeur de recherche au Centre d’études et de documentation économique, juridique et sociale du Caire (Egypte), rattachée à l’unité mixte de recherche REHSEIS (Recherches sur l’épistémologie et l’histoire des sciences exactes) à l’université Paris-Diderot.

PRIX GENERAUX

PRIX Germaine et André LEQUEUX : il est décerné à François NEZ, chargé de recherche au CNRS, laboratoire Kastler-Brossel à Paris, pour l’ensemble de ses travaux de métrologie des constantes fondamentales.

MÉDAILLES des GRANDES ÉCOLES

MÉDAILLE LAPLACE
La médaille de vermeil à l’effigie de Laplace, décernée chaque année par l’Académie au premier élève sortant de l’École polytechnique est attribuée à Rémi MORILLEAU, né le 31 mars 1988 à Nantes.

MÉDAILLES Louis-Édouard RIVOT
Des médailles sont décernées aux quatre élèves de l’École polytechnique de la promotion reçue en 2007, qui se sont distingués par leur intérêt particulier pour la recherche scientifique et la qualité de leurs travaux pendant leur scolarité.
Alexandre JACQUILLAT, pour les mathématiques et l’économie
Sophie LETOURNEL, pour les sciences physiques et les sciences de l’Univers
Jérémy BLEYER, pour les sciences mécaniques et informatiques
Matthieu PALAYRET, pour la chimie et la biologie.

MÉDAILLE de l’ÉCOLE CENTRALE
La médaille est décernée à Grégory MARTIN, classé premier de la promotion 2010 à l’École centrale des arts et manufactures.

OLYMPIADES

OLYMPIADES NATIONALES DE PHYSIQUE
Quatre élèves du lycée Douanier Rousseau à Laval ont été récompensés :
- Rémi CÔME
- Valentin HOUCHOUAS
- Alban LELIÈVRE
- Kévin THÉARD

OLYMPIADES INTERNATIONALES DE PHYSIQUE

En 2010, Ambroise MARIGOT au Lycée Pierre de Fermat à Toulouse, Élie GOUZIEN au Lycée Hoche à Versailles et Abel LACABANNE au Lycée Louis-le-Grand à Paris, ont été déclarés « Médaille d’argent » des Olympiades internationales de physique.

OLYMPIADES INTERNATIONALES DE BIOLOGIE

En 2010, Thomas COUTANT et Augustin LENOIR ont été déclarés « Médaille d’argent » des Olympiades internationales de biologie.

OLYMPIADES NATIONALES DES GÉOSCIENCES

Vincent PEUREUX, élève au Lycée Raymond Poincaré à Bar-le-Duc a été classé premier

Jean Dercourt, Secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences : « Alfred Wegener : la dérive des continents, une hypothèse trop longtemps récusée ».

Alfred Wegener (1880-1930)
Alfred Wegener (1880-1930)

Jean Dercourt, géophysicien, revient dans son discours de clôture sur l’histoire de la dérive des continents qui s’est imposée en 1915 après multiples débats et polémiques.
Il faut dire que celui qui fut à l’initiative de cette révolution scientifique n’était même pas géologue : Alfred Wegener (1880-1930), allemand, est météorologue et astronome.
Sa vie est courte ; il la passera le plus souvent dans des expéditions au Groenland. En 1906, il part deux ans là-bas pour y effectuer des observations météorologiques. Ces résultats en météorologies sont alors majeurs à ce moment là. En 1908, il est affecté à l’Observatoire météorologique des armées.
Puis il est nommé professeur titulaire d’une chaire de météorologie.
En 1912 il repart au Groenland pour une seconde expédition destinée à séjourner pendant l’hiver à l’extrémité Est de l’inlandsis, puis à traverser l’île dans sa partie la plus large. L’expédition est malheureusement un fiasco.
Il mourra au cours d’une troisième expédition au Groenland en 1930.

Que sait-on des continents à la fin du XIXe siècle ? A l’époque près des ¾ de la planète nous demeurent inconnus. Il s’agit principalement des océans. (Ce n’est qu’en 1905 que le prince Albert 1er de Monaco édite une carte relative aux profondeurs des océans).

Dès 1829, la théorie de Léonce Elie de Beaumont est la règle : « La Terre se refroidit ; d’abord en son cœur, avant de craquer sur elle-même. Les contractions thermiques aboutissent à faire des immenses cavernes qui s’isolent et qui s’effondrent parfois. Ainsi naissant les océans ».

Un peu plus tard, en 1884, on imagine que la Terre se présente sous trois enveloppes :
- Le cœur constitué de fer et de nickel
- Le manteau
- Le SIAL, enveloppe externe qui affleure sur les continents (SIlicate d’ALumine)

Le météorologue Wegener récuse l’hypothèse qui est faite de la troisième enveloppe. Pour lui, « les continents sont mobiles sur le SIMA (SIlicate Magnésien) et se déplacent. On peut construire dès aujourd’hui des cartes qui représentent la planète, mais ces cartes varieront dans le temps. »

Pour valider son hypothèse, il cherche des preuves :
- En 1912, à partir de levées astronomiques, il observe des déplacements de 39 mètres par an entre l’Europe et le Groenland. Il se doute que le résultat est erroné. Alors il observe des distances entre des poteaux télégraphiques. L’écart est beaucoup moins important, mais il existe. Pour lui, c’est la première preuve que les continents bougent.

- Deuxième argument, celui des fossiles. On retrouve des espèces identiques de fossiles en Afrique du sud, en Inde, en Asie…

- Troisième argument : Des mesures faites en Scandinavie montre que malgré la fonte des glaciers, on observe une montée de la chaîne de montagnes de 1 cm/ an.

- Enfin dernier argument : il retrouve des données climatiques similaires dans les roches d’Afrique, d’Amérique du sud, en Inde et en Australie.

Pour lui, tous ces éléments confirment don hypothèse de départ.

Mais il reste un problème à résoudre : par quelles forces ces continents se sont-ils déplacés ?

C’est à ce moment là qu’une nouvelle découverte scientifique révolutionnaire arrive au secours d’Alfred Wegener. En effet, en 1908 paraissent les premiers ouvrages sur la radioactivité découverte quelques années plutôt par Pierre et Marie Curie. C’est la réponse qui manquait à Wegener pour répondre aux critiques des géophysiciens :
S’il existe des minéraux qui sont porteurs d’énergie, cela veut dire que le cœur ne peut pas se refroidir. Une source d’énergie doit pouvoir induire des courants d’inductions, provoquant le déplacement des continents !

Rapidement, plusieurs géologues se rallient à la cause de Wegener et démontrent quatre méthodes pour expliquer les forces mobilisatrices déplaçant les continents.

Dernière question à laquelle il convenait de réponde : comment expliquer une faune et une flore fossile similaire sur plusieurs continents ? Les géologues comprennent que les continents dérivent et qu’il existe bien ce que Wegener a appelé en 1912 dans son ouvrage Genèse des continents et des océans la « pangée » : un supercontinent qui rassemble la quasi-totalité des terres émergées.
C’est la dérive des continents qui a donné les océans.
La théorie de contraction de Léonce Elie de Beaumont devient impossible.

Jean Dercourt secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences
Jean Dercourt secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences
© Canal Académie

Quelques années plus tard, en 1967-1968, trois papiers de trois grands scientifiques paraissent. Les auteurs ne sont autre que Jason Morgan, Dan McKenzie et Xavier Le Pichon.
Tous affirment que les océans sont le moteur de la dérive des continents. Et Xavier Le Pichon académicien des sciences, écrivit la formule « expansion océanique et dérive continent » que l’on évoque encore dans les cours de géographie.

En savoir plus :

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- Jean Salençon
- Alain Carpentier

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- Consultez le palmarès de la remise des prix 2010 de l’Académie des sciences ici






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