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Constantin et Clovis, deux conversions au christianisme

Tentative d’une comparaison avec l’historien Michel Rouche

Peut-on comparer la conversion de Constantin à la veille de la bataille du Pont Milvius en 312 et celle de Clovis un peu moins de deux siècles plus tard ? L’historien Michel Rouche, auteur d’une biographie du roi des Francs et d’un livre sur les origines du christianisme, nous apporte des éléments de réponses dans une émission passionnante d’histoire comparative.


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Dans son ouvrage "Quand notre monde est devenu chrétien (312-394)", récemment réédité au Livre de Poche, Paul Veyne expliqua l'importance historique de la conversion de l'empereur Constantin dans l'histoire de l'humanité. Bien que minoritaire, la religion des Chrétiens s'est en effet imposée au monde. Nous savons aussi l'importance dans notre histoire nationale de la conversion d'un autre homme de pouvoir, le roi des Francs Clovis.

Cette émission d'Un jour dans l'histoire a souhaité faire une histoire comparative de ces deux moments décisifs : peut-on comparer la bataille du Pont Milvius en 313 remportée par l’empereur, avec la bataille de Tolbiac qui vit Clovis faire un serment païen à l’égard du Dieu des chrétiens ? Doit-on mettre sur un pied d’égalité la conversion intime de Clovis, baptisé par Remi, avec celle de Constantin ? Les problèmes politiques et sociaux soulevés par ces engagements religieux furent-ils de même nature ? Peut-on enfin qualifier ces conversions de bouleversement de l’histoire, de tournant majeur et pourquoi pas de révolution?

Auteur d'une biographie de Clovis chez Fayard et d'un livre sur Les origines du Christianisme (30-451) chez Hachette, Michel Rouche relève le défi de cette comparaison. Il nous montre notamment l'importance, dans les deux époques, de l'arianisme qui eut pu bouleverser la conception des pouvoirs temporels et spirituels. Il nous offre au delà une réflexion sur nos temps contemporains : "Face à l'affirmation d'un Dieu fait homme, les Romains imposaient le culte impérial d'un homme devenu dieu. Arius réduisait Jésus à l'état de créature exceptionnelle. Mahomet ne voulut y voir qu'un grand prophète. Ernest Renan enfin, concluait qu'il était un "homme extraordinaire." Ce refus de la divinité du Christ court à travers toute l'histoire occidentale. Il fonde l'autonomie du pouvoir politique qui peut ainsi se diviniser lui-même. Les terribles combats autour du dogme de la Trinité s'expliquent par le fait qu'il est fondateur de la liberté. En effet, si Dieu est seul, il est tout. S'il est aussi trois, il est libre acceptation de la relation. Cette liberté-là n'apporte pas la sécurité du totalitarisme."


L'auteur.

Michel Rouche, né à Paris le 30 mai 1934, est un historien français, professeur émerite des universités, spécialiste de l’histoire(...)


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