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Fêtes et Crimes à la Renaissance : La Cour d’Henri III

avec Pierre-Gilles Girault, commissaire de l’exposition et conservateur adjoint du château de Blois

La figure mal aimée d’Henri III, troisième fils d’Henri II et de Catherine de Médicis, incarne particulièrement les ambiguïtés du temps. Le Château Royal de Blois a présenté en août 2010 une exposition d’or et de sang : « Fêtes et Crimes à la Renaissance : la Cour d’Henri III ». Pierre-Gilles Girault, commissaire de l’exposition et conservateur adjoint du château de Blois, s’attache à reconsidérer la légende noire et rose de ce roi méconnu.


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Blois, carrefour des cours européennes au XVIe siècle, fut une ville très fortement marquée par le sceau de la Renaissance. Le souvenir d’Henri III lui est associé en raison des États généraux qu’il y réunit et de l’assassinat de son rival Henri de Guise, qu’il y organisa.

La confrontation des thèmes de l’exposition - qui peuvent sembler antinomiques : « Fêtes et Crimes » ! - attestent des liens entre la dure réalité de la politique en temps de guerre civile et les artifices, cérémonial et fêtes, utilisés comme instruments de la réconciliation.
La fête jouait, en effet, un rôle politique. Elle exprimait la magnificence du souverain et constituait un moyen de gouvernement. Elle permettait au peuple de libérer ses pulsions, tout en obéissant à un discours sur la nécessité de sa sujétion. La fête était un élément indispensable de la vie quotidienne : l’esprit « baroque » regardait la fête, non comme du superflu, mais comme un élément essentiel de la vie.

Tapisseries, portraits peints et sculptés, tableaux historiques, gravures et libelles de propagande, armes, armures et objets d’art prêtés par le Louvre, les musées nationaux (Ecouen, Pau…) et de nombreux musées français et collectionneurs privés, ainsi que plusieurs œuvres venues de Pologne, présentées pour la première fois en France, font revivre cette époque tourmentée et renouvellent l’image du roi et du clan Valois autour de Catherine de Médicis.

Roi intellectuel, artiste, poète, mais aussi administrateur soucieux du royaume, Henri III connut les derniers feux de la Renaissance : ceux de l’éclat des fêtes et du brasier des guerres. Roi de Pologne et roi de France, admirateur de l’Italie, Henri III personnifia la dimension européenne de la Renaissance. Lettré et fin politique, le dernier de Valois fut victime d’une légende le dépeignant comme un roi faible, maniéré, entouré des mignons et de bilboquets !



Tout au long de la vie de ce souverain (1551-1589), fêtes et tragédies se succédèrent : la mort de son père en 1559, la Saint–Barthélemy en 1572, la mort de ses frères et de Marie de Clèves son grand amour.

La cour d’Henri III de réputation scandaleuse et extravagante fut caricaturée par des écrits de propagande, tant de la Ligue Catholique que de Réformés extrémistes, et ridiculisée à partir du(...)


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