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France, ton café fout le camp !

Une allusion historique présentée par Jean-Claude Bologne

France, ton café fout le camp ! L’historien Jean-Claude Bologne rappelle les origines historiques de cette allusion. Il faut remonter à Louis XV et à la du Barry mais faut-il accorder foi aux médisances des ennemis de la favorite ? Tandis qu’une autre hypothèse apparait mieux fondée... à vous de la découvrir.


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Tout fout le camp, comme le rappelle une expression vigoureuse, mais pourquoi particulièrement le café ? Notre génération habituée à la cafetière électrique ne peut plus comprendre cette hantise de voir déborder le précieux breuvage, mais elle a retenu la vieille expression, « café bouillu, café foutu ».

Avant la Révolution française, lorsque le café est encore une denrée exotique, sa préparation est une périlleuse aventure. Il faut le torréfier soi-même dans une poêle, moudre les grains, et les faire infuser dans une eau portée dix fois de suite à ébullition. À chaque opération, le liquide menace de déborder, et il convient de le surveiller à chaque instant.

Louis XV était un amateur particulièrement avisé, qui ne confiait à personne d’autre la délicate opération. Cela se savait à la cour.
Or, un beau matin de 1773, le 20 mars selon la tradition, le roi vieillissant fut distrait par sa toute jeune maîtresse, la comtesse du Barry. Tandis qu’il la lutinait dans les petits appartements de Versailles, le précieux mélange menaçait lui aussi de prendre ses aises. « Eh ! La France, prends donc garde, ton café f... le camp, s’écria la belle Favorite !..... » Les propos furent surpris et dès le lendemain, toute la cour se gaussait de la faiblesse du roi et de la vulgarité de sa maîtresse.




L’anecdote est rapportée en 1775, deux ans après les faits, par Pidansat de Mairobert, qui publie anonymement à Londres ses Anecdotes sur M. la comtesse du Barri. Ce pamphlet virulent, qui ne donne pour source qu’un journal manuscrit aujourd’hui perdu, n’est absolument pas digne de foi. Il témoigne tout au plus du mépris de la cour pour la favorite, un mépris longtemps contenu et qui peut s’exprimer librement après la mort du roi. On raillait les origines populaires de Jeanne Bécu, mariée pour la forme au comte du Barry, dont les manières différaient du tout au tout de la grâce et de la culture dont faisait preuve jadis la marquise de Pompadour.

Il est cependant peu plausible que, même dans l’intimité, la comtesse se soit permis autant d’incongruités ramassées en une seule phrase : tutoyer le monarque, l’affubler d’un surnom ridicule, utiliser un mot grossier. La phrase n’a-t-elle pour autant jamais été prononcée ? Pas si sûr. Un historien,(...)


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