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Félix Vicq d’Azyr, médecin de Marie-Antoinette, par Yves Pouliquen, de l’Académie française

Entretien avec l’académicien

Qualifié en son temps de "Buffon de la médecine", pour ses qualités scientifiques, Félix Vicq d’Azyr fut le médecin de Marie-Antoinette. Il fut également le deuxième médecin membre de l’Académie française et l’un des personnages les plus importants du XVIIIe siècle. Yves Pouliquen, de l’Académie française s’est intéressé à ce prédécesseur qui « s’imposa tel un météore » dans le monde scientifique des Lumières et qui vécut de très près la Révolution française. Rencontre avec l’auteur de cette biographie éclairante sur le monde des Lumières et de l’Encyclopédie.


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Félix Vicq d'Azyr fut considéré en son temps comme un génie de la médecine. Mais aux yeux d'Yves Pouliquen, il est une figure trop oubliée par l'histoire. Médecin et membre de l'auguste Académie comme lui, Yves Pouliquen souhaitait depuis longtemps rétablir cette injustice du temps.





Avant de s'orienter vers la médecine, Vicq d'Azyr s'est intéressé à la philosophie et à la théologie. Sous la pression de son père, la médecine finalement l'emporta. D'emblée, jeune homme, Félix Vicq d'Azyr, par son ambition scientifique et sa vocation se distingua des autres étudiants. Très tôt remarqué par ses maîtres, dès son arrivée à Paris (originaire de Valognes), curieux de tout, il étudie les mathématiques, la physique, la chimie, y compris et surtout, l'anatomie dont il a une vision globale. Une démarche tout à fait originale pour l'époque. Il est un des premiers à s'intéresser au système nerveux et au cerveau. A 23 ans, il s'est fixé tout un programme pensant qu'on peut expliquer l'âme et la pensée par l'anatomie. Jeune il est déjà remarquable par cette ambition et entre à l'Académie royale des sciences en 1774. La rédaction extrêmement claire de son traité d'anatomie avec des schémas et tout le vocabulaire afférent, est un modèle du genre. Génie scientifique, l'homme était aussi séducteur. Ses talents d'orateur et de pédagogue en faisaient une "vedette" auprès de ses étudiants.


Le lire est un plaisir nous dit Yves Pouliquen qui fait de cet esprit représentatif de l'Encyclopédie un pré-évolutionniste, un pré-lamarckien et un pré-darwinien. Ses contemporains et confrères, Turgot, Malesherbes, Condorcet appréciaient son intelligence et sa rigueur au point de pousser le roi à lui confier en 1776 une mission de toute importance : l'arrêt d'une épizootie sévère qui toucha le sud-ouest du royaume. Ses initiatives pour arrêter la maladie, ses idées pour traiter le bétail abattu et les cuirs des bêtes contaminées lui valurent de stopper l'épizootie à l'âge de 24 ans. Yves Pouliquen montre comment cet homme brillant fut en quelque sorte le précurseur de la santé publique. S'il eut le privilège de la reconnaissance, il fut tout autant jalousé par ses confrères de la faculté de médecine.


Occuper la chaire d'Anatomie à la faculté vétérinaire de Maison Alfort, ne l'empêchait pas de participer à(...)


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