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Plasticité des cellules : de la constitution de l’embryon au cancer (1/2)

Avec Jean-Paul Thiery, correspondant de l’Académie des sciences, Alain Puisieux, Pierre Savagner
Les cellules, qu’elles soient embryonnaires ou adultes, sont capables d’engendrer des cellules d’os, de cartilage, de tissu adipeux, de foie, de muscle ou encore de cœur… d’où le nom de « plasticité » cellulaire. Cette magie de la vie engendre à l’inverse des fibroses et des cancers. Canal Académie vous retransmet en deux parties la séance commune Académie des sciences / Académie nationale de médecine, intitulée La plasticité cellulaire : de l’embryon à la fibrose et au cancer. Première partie.


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Référence : es555
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Date de mise en ligne : 31 janvier 2010


La séance commune Académie des sciences/Académie nationale de médecine consacrée à la plasticité cellulaire, se tenait le 1er décembre 2009.
Première partie consacrée aux mécanismes cellulaires induisant cancer ou réparation des blessures cutanées.

Les transitions épithélium-mésenchyme et leur implication dans la morphogenèse, l’organogenèse et la cancérogenèse

Par Jean-Paul Thiery, correspondant de l’Académie des sciences, Chercheur à l’Institut de biologie moléculaire et cellulaire de l’agence A*STAR à Singapour

La transition épithélium-mésenchyme (EMT) joue un rôle crucial dans la construction du corps et dans la différenciation des multiples tissus et organes.
L’EMT contribue à donner des repaires aux tissus, mais elle peut être à contrario à l’origine de fibroses et peut développer des carcinomes à travers toute une variété de mécanismes. L’EMT dote les cellules de propriétés migratoires et invasives, calquées sur les propriétés des cellules souches. Elle prévient l’apoptose et contribue à l’immunosuppression.

Ainsi, l’état mésenchymateux est associé à la capacité des cellules à migrer vers des organes éloignés. Il permet également leur différenciation ultérieure en multiples types de cellules et dans certains cas, le développement de métastases.

Article de Jean-Paul Thiery paru dans la Revue <i>Cell</i> en novembre 2009
Article de Jean-Paul Thiery paru dans la Revue Cell en novembre 2009

Rôle de la transition épithélio-mésenchymateuse au cours de la progression tumorale

Alain Puisieux (Centre Léon Bérard – Inserm U590 – Université de Lyon 1, ISPB

La transition épithélio-mésenchymateuse (TEM) est un processus morphogénique fondamental au cours duquel les cellules perdent un nombre important de leurs caractéristiques épithéliales pour gagner des propriétés de cellules mésenchymateuses. Les mécanismes mis en jeu sont fréquemment réactivés au cours de la progression tumorale, générant des cellules douées de capacités de motilité et d’invasion cellulaire. Ainsi, de nombreuses observations in vitro et in vivo tendent aujourd’hui à démontrer le rôle de la TEM dans le processus de dissémination métastatique des tumeurs d’origine épithéliale. Récemment, différents facteurs de transcription impliqués dans l’induction de la TEM, en particulier les protéines Twist, ont été montrés comme étant capables d’inhiber les réponses onco-suppressives normalement mises en œuvre pour contrecarrer l’émergence d’une population cellulaire présentant une activité mitogénique aberrante. L’échappement à ces processus de sauvegarde, qui conduisent normalement à une apoptose ou à une sénescence prématurée des cellules hyperpolifératives, constitue une étape essentielle de l’évolution de la pathologie cancéreuse d’un stade de bénin à un stade malin. Ces observations suggèrent que la TEM pourrait jouer un rôle crucial tant au niveau du développement de la tumeur primaire que de la dissémination métastatique. Dans cette revue, nous présenterons les principales données sur lesquelles reposent cette hypothèse et nous discuterons de leurs possibles implications cliniques.

Support visuel de la communication d’Alain Puisieux
Support visuel de la communication d’Alain Puisieux

Transition épithélio-mésenchymateuse et réparation des blessures cutanées

Pierre Savagner, IRCM, Institut de recherche en cancérologie de Montpellier, Inserm U896, CRLC Val d’Aurelle Paul Lamarque – Montpellier

La réparation des plaies cutanées résulte d’un ensemble de processus étroitement coordonnés : l’inflammation et la formation du caillot, l’activation et la migration des kératinocytes (ré-épithélialisation), le remodèlement de la membrane basale et de la matrice extra-cellulaire, et la maturation du derme et de l’épiderme. Nous examinons ici le processus de ré-épithélialisation cutané en insistant principalement sur les similitudes aux plans morphologiques et moléculaires avec les phases de transition épithélio-mésenchymateuse (EMT) décrites durant le développement embryonnaire. De plus, les modifications altérant les structures d’adhérence cellule-cellule et cellule-substrat survenant au cours de la ré-épithélialisation présentent des caractéristiques rappelant certains processus pathologiques décrits lors de la progression cancéreuse, une autre situation impliquant des EMT partielles à totales. En conclusion, nous suggérons que la ré-épithélialisation cutanée représente une EMT partielle et réversible.

Support visuel de la communication de Pierre Savagner
Support visuel de la communication de Pierre Savagner

En savoir plus :

- Ecoutez la seconde partie Plasticité des cellules et fibrose rénale (2/2)

- Académie des sciences
- Académie nationale de médecine






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